Vers

Ssbab d ccṛab, a leḥbab, ssbab d ccṛab !
Ifṛeq ljaṛ aed ljaṛ, ifṛeq leḥbab.

Yac ccṛab iḥeṛm i Mulana.
Necni nεemmeṛ zzis tiḥuna.

Cḥal aykk syiwenx i Yamina
Waxxa w d i-dd teyyi cṛa meskina.

Wala d ḍuṛu y ljib.
Mar u-lli cay d lεib ?

Tamensiwt i lqehwa.
Walu qaε mta an neẓwa
Al ikk ncumer.

laṭul illa yiḍ,
Llix day si lḥiḍ l lḥiḍ
Al dd yaweḍ lefjer.

Yicc n temddit neffe dd si tiddart,
Mlaqix din d yicc n twessart :
Tuley tawrirt, icaṭ dd lenyat.

Ccṛab issiban i t dd d taqeyyart.

Nni as : « Manec tellid ? »
Nettata day am uyeddid.

Tekker meskina teṛwel.
Askarjey tu iεewwel
A sett infeḍ, yisi tt.

Ccṛab ul iεlim leḥya.
Yawdi : « Yeḥya lmufid yeḥya,
Inna ss Lxawet. »

Llan ci beεḍin i lεaṛab ac xlaṣ :
Azgen i ccṛab si may dd ixelleṣ.

Tlata yeṭṛu, illa res am lfeṛḍ.
Izzenz lmall. Qaε ul iεlim lεeṛḍ.

Idju tameṭṭut i laẓ.
Ha mar an nini d argaz ?

Aεṛaben sswen abelbul s lbirra, yyen tt i lefḍuṛ.
U cay d ṭṭayet ?

Isin ai l temdint. emmṛen dd ayendubu s rruj.
Ul cay d lhanet ?

Ljennet s baṭel. Ma yella wi sad iṛaḥ ?
Tamezgida qrib ay tt nṣeṛṛeḥ.

Jahennama tella s ttexliṣet.
Mta wel tbekkred, teẓwa leblaṣet.

Sijjilmassa d Pikin
Jemεent leflus n nmeskin.

Ya meṛḍi lwalidin !
Ittheḷḷan i lquṛan d ddin.

Ata yella yṛebḥ i.
Wikk ala yerr blis ;

Lqeṛεet dima ykk dis,
Wata tella tjeṛḥ i.

Explication / Traduction

La cause c'est l'alcool, ô proches, la cause c'est l'alcool !
Il sépare des voisins, il sépare des proches.

L'alcool est prohibé par Dieu.
Nous en remplissons nos boutiques.

Tant de fois j'ai battu Yamina
Même si la pauvre ne m'avait rien fait.

Pas un sou dans la poche.
N'est-ce pas une honte ?

Veillée dans les bars.
Impossible d'en partir
Jusqu'à perdre nos sous.

Tout au long de la nuit,
Je chancelais de mur en mur
Jusqu'au petit matin.

Un soir, à la sortie de la maison,
J'ai rencontré une vieille :
La centaine passée de très loin.

L'alcool me l'a montrée comme une pucelle.

Je lui ai dit : « Comment vas-tu ? »
Elle était comme une outre.

La pauvre a pris la fuite.
L'ivrogne [que j'étais] voulait
La faire tomber et la prendre.

L'alcool n'a pas de probité.
Ô gens : « Que vive le sérieux
Lkhaout l'avait dit. »

Il y a des cas encore plus graves parmi les musulmans :
La moitié de leurs salaires pour l'alcool est réservée.

Trois litres, pour lui c'est un devoir.
Il a vendu même l'héritage. Il n'a pas honte.

Il a affamé sa femme.
Peut-on dire qu'il est homme ?

Des nomades ont arrosé leur couscous de bière et en ont fait un déjeuner.
N'est ce pas une arrogance ?

Ils ont pris du petit-lait vers la ville. Ils ont rempli leur baratte de vin rouge.
N'est ce pas un déshonneur ?

Le paradis est gratuit. Qui voudrait y aller ?
Nous avons failli fermer la mosquée.

L'enfer coûte un salaire
Si l'on n'y va pas tôt, il n'y aura pas de place.

[Les boîtes] Sijilmassa et Pékin
Ont amassé l'argent des indigents.

Ô toi de qui les parents sont satisfaits !
Toi qui t'occupes du Coran et de la religion.

Tu as bien agi.
Celui que le diable a entraîné ;

La bouteille toujours à ses côtés,
Elle va le blesser.

Année de publication
1977
Auteur référencé
Vers

Ahya lwacun, ha sedet ri
L yicc n tenfuss i wi tt un neẓṛi.

Mεayarent sent n twacunin,
Yicc si leblad d yicc si beṛṛa.
Si ṣṣbaḥ llant din al tizzarnin.
Lmuqabalet tan tenzu tela.

Lbeṛṛaneyya tebda y lehḍeṛt.
Yellis n neblad teṣqeṛ i temert.

Tenna-y-as : – « Leεqab n ddunit,
Cḥal jaṛ am d tṛumit !

Iwa qqel dd ri, tessded mliḥ,
A tawessart iṭṭfen ttesbiḥ !

Iwa may zzeg sad am dd bdix ?
Wac si lḥayat nix si lmaεicet ?
Teẓṛid lbanan, teẓṛid lbettix ?
Ya mta d leksewt, tiṛḍed ccayet.

Ya mta tennid tεelmed tiyni,
Necni d rruj ad Lmaṛtini.

Ya day ukk ass tεelmed abelbul
Ad ccuṛba y cṛa d tameddit.
Mi twezzεem, tesem aqelqul.
Qaε mta bezzaff

Tu manges des brisures de blé le matin
Et les vermicelles tous les soirs.
Au boucher, c’est une tête que vous vous payez.
Au mieux, un demi-kilo de viande vous achetez.
aṛḍel n tqedditt.

Teẓṛid lḥubb inix lḥabib ?
Yac twalfed day leḥcic d leqlib.

Teẓṛid lbaṛ nix ssulima
Nix tḍuṛd ad wi texsed ?
»
– « Iwa wl tehbiled, a yellis n yuma :
Wa day mmunsew, tekkerd ad teṭṭṣed.
»

– « Rrcel ncemt, "ma cett lik ma nεid" :
Ha yni yi-dd yudu cemm, wi er tellid.

Al llilt n usray d leḥnni
Ad am inint : « Kker, a yelli.
Illa yerza cemm urgaz lhani.
Ha qa wl ixliq wala sad yili.»

Necni, mtanak u kides nεic,
Neẓṛ i wac d uṣbiḥ nix d ulyic.

Mta nemtafaq, nekker nexṭeb.
S rrcel ḍakuṛ ad ixleq menbeεd.
An nembeddal tiwinas n ddheb,
Iwa nsellem "xedd εla xedd".
»

Yellis n neblad iaḍ it lḥall.
Yac qrib qaε ay d as tkeḥḥel.

Wa tenna-y-as : – « Bent lmeḥḥṛuqa !
Tusid dd ri, a xfi da tfehmed !
Ac an wah, a yellis n Beṛqa.
Tessend ṛebbi nix Muḥemmed ?

Necni d lεib ernex d aεuṛiḍ
Tameṭṭut iffen bla wl tettesmiṛiḍ.

Nettc ad yicc tu ammu nekkur.
Inna-y-ax dd idjen akides nḍuṛ.

Ma bina day nuc as aḥjuṛ
Danis nekkwd su da wen nettubur.

Ccṛab, ac rem d ccenεet.
Wi ss un neswi yettusamma d nneyyet.

Lefḍuṛ zzis, ikk iḍ ac xlaṣ !

Wi xf ala tḥared u d am dd iqqim.
Qa mta yella cṛa, yella d lbeccim.

Ruḥ a lεifet, tṛaḥed a lhamaj !
Ammen tetcuṛed day s lmakeyyaj ! »

Yellis n tmurt "bent ḥnina".
Ammen cemm iyyu ṛebbi d zzina !

La zzwaq "u yeddik, la yxellik".
"Ya bent bladi, ttheḷḷa w xaṭik".

Illa yṛaḍa xfem nnbi d ṛṛṣul.
Beεda ddin nnem issa s lmeεqul.

Explication / Traduction

Ecoutez bonne gens
Un récit pour ceux qui ne l’ont pas connu.

Deux filles se querellaient :
L'une est de Figuig et l’autre de l'étranger.
Elles sont restées ainsi du matin à midi.
La querelle a coûté cher.

L’étrangère a entamé la parole.
La fille du pays s'est tenue dans un coin.

Elle lui a dit : – « Toi dernière du monde,
Tant de différence il y a entre toi et l'Européenne !

Regarde-moi et écoute bien,
Toi, oh vieille femme au chapelet !

Par où commencerai-je ?
Par ta vie ou par ta nourriture ?
As-tu vu la banane, as-tu vu le melon ?
Tu ne mets qu’une robe pour tout vêtement.

Si tu vantes les mérites de tes dattes,
Nous, nous avons du rouge et du Martinet.

Tu manges des brisures de blé le matin
Et les vermicelles tous les soirs.
Au boucher, c’est une tête que vous vous payez.
Au mieux, un demi-kilo de viande vous achetez.

Connais-tu l’amour ou l’amant ?
Tu n'es habituée qu'à l’herbe et au labourage des champs.

As-tu vu un bar ou un cinéma
Ou t’es-tu baladée avec ton amant ?
»
– « Hélas, chère dame :
[On ne fait que] dîner et aller se coucher.

– « Votre mariage, il n’y a pas de quoi être fier.
Dis-moi, toi maintenant, chez qui tu es.

Le jour précédant la nuit de [tes] noces,
On te dit : " Lève-toi, ô ma fille.
Un homme paisible t’a demandée.
On n’a pas connu comme lui et on n'en connaîtra jamais."

Nous, avec [notre prétendant] nous passons du temps
Pour nous assurer s’il est bon ou non.

Si nous nous accordons, fiancés nous serons.
Le mariage se fera après.
Des alliances en or nous échangeons,
Joue sur joue nous nous embrassons. »

La fille du bled s’est prise de colère.
Au visage, elle a failli lui lancer de la terre.

Elle lui a dit : – « Maudite fille !
Tu es venue chez moi pour blaguer !
Ah oui fille de Barqa.
Tu ne connais ni Dieu ni son messager.

Chez nous, c’est une honte
Une femme qui sort sans voile.

Une fille et moi nous marchions un jour.
Un homme nous a proposé de nous balader avec lui.

Nous lui avons lancé des pierres
Car nous avons peur de rester vieilles filles.

L’alcool est un prestige pour toi.
Niaise est la personne qui ne le boit.

Il accompagne votre déjeuner ;
au dîner c'est pire !

Tu n'as personne à craindre.
Si tu en as une, elle n’est que mauvaise laine.

Va-t'en racaille, va-t'en sauvage !
Comme tu es saturée de maquillage ! »

Fille du pays, affectueuse tu es.
Comme le Dieu t’a fait beauté !

Ni fard ni maquillage.
Fille du pays, continue ainsi.

Le messager de Dieu, son prophète, de toi est satisfait.
Ta foi est bien fondée.

Année de publication
1976
Auteur référencé
Vers

Qaε iwessaren, wala d inn deg llan teddin aman,
Nnan sikk llan, ul εad ẓṛin ayu n tebṛuṛey.

Cṛa qaε ul ixliq. Ad lḥall manec tu ihna.
Zzman iṭṭiq. Iwa yekkr iẓẓey dd ujenna.

At tmeḍlin ad ilin kkren dd s uyn n ṛṛeεḍ.
Tbica, ya Krim, tu thekkwa dd d lekwared.

Ya si tebṛuṛey !
May sad teεdel aεla tella teεḍel ?
Yac i stt weznen, ufn tt tfat azgen n uṛḍel.

Ya si tebṛuṛey ! Mi dd tuḍa, teqqaz axuc.
Day yicc zzis i tuḍa, tesdewwex mucc.

Yac tuly al zuj miṭṛu y lbeεḍ n newabi.
Yac s lexlεet, teyru bla εdad ay ṣṣabi.

Ah ya ṛebbi, Leεfu, ya Mulana !
Ssed a weldi maykk teyyu yekk At eddi.
Tisi-y-asen imendi d illel tqeṛḍ i.

Ha ykk At ameṛ ?
Iḍεen xefsen yiẓeṛ.

Tiyti iyyu y Tlat
Yac εemmṛ ha dd tfat.

Imendi yeẓwa s ulum.
La yerden, la-y-abelbul.
ḥaṣul "Jaεalahum ka εaṣfin makul"!

Idjen, iẓeṛ yisi ss.
Leḥḥegn as day ameẓẓu
Jebden t id zzis,
Amma tu iẓwa dis.

Ha ykk ẓnayen ?
Illa wi disn imenεen.

Amma ci beεḍin,
Iwa day dj it din.

Idjen qaε u tu icriz ; iṣbeḥ dd unṛaṛ ikk iyṛan.
Tiwy as t id lḥemlet n Iẓeṛ Ameqqṛan.

Lqenḍeṛt n Berkukes
Iyy it am cqerni.
Yutef lewabi ytekkes
Al iheddem i tsuki.

Explication / Traduction

Tous les âgés, même ceux pour qui on pile de l'eau,
Disent que depuis qu'ils sont en vie, ils n'ont jamais vu une telle grêle.

Il n'y avait rien. Tout était calme.
Le temps a boudé. Le ciel a trait [son lait].

Les morts seraient réveillés avec ce tonnerre-là.
La pluie, ô Clément, tombait en cordes.

Oh quelle grêle !
Qu'aurait-elle fait, si elle avait duré ?
Quand on la pesait, le quart de kilo elle dépassait.

Oh quelle grêle ! En tombant, elle creusait des trous.
Une d'elle en chutant faisait évanouir un chat.

Elle a atteint deux mètres de haut dans certains jardins.
De stupéfaction, elle a causé tant d'avortements.

Ô mon Dieu, pitié, ô Seigneur !
Ecoute mon fils ce qu'elle a fait au ksar d'At Addi.
Elle a pris leur blé et ses tiges elle a cassé.

Quant à At Amer,
C'est un torrent qui les a traversés.

Le coup qu'elle a fait à Tlat
Jamais, il n'y en a eu de tel.

Le grain est parti avec le foin.
Ni blé ni orge.
Pour tout dire "Elle les a rendus semblables à une paille mâchée"!

D'un homme pris par le torrent
On n'a retrouvé qu'une oreille
Avec laquelle on l'a tiré.
Autrement il serait emporté.

Et pour les gens du ksar d'Iznayen ?
Il y a ceux d'entre eux qui ont été sauvés.

Pour d'autres,
N'en parlons plus.

Un homme n'avait rien semé ; dans son jardin du blé était arrivé.
Ce furent les crues d'Ighzer Ameqqran qui le lui avait ramené.

Du pont du quartier Berkoukes
Il fit un saute-mouton.
Il a pénétré les jardins enlevant
Et détruisant les constructions.

Année de publication
1975
Auteur référencé
Vers

ḷḷah ya ḷḷah
Xefnex ay at Ufeyyey !
Mani llan at zman
Tu iqewwem Ifeyyey ?

Aḥeṣṛah ay Iẓeṛ
I ttarix deg neḥḍeṛ !
I texlqed i luqeṛ,
Abeṛṛaney memnuε a cc iẓeṛ !

Aḍil day ittmenqeṛ :
Ul illi wi dis ala nenqeṛ.

ṭṭiṛ ammen ala yefferfer,
Ixelleq sad ikfeṛ.

Kulci yuden s ccjeṛ
D tezdayt am ljuheṛ.

Mani yban Ubabder
Inix qa Lemεader !

Idjen d acibaney
Zman cḥal yufey.

Ikk ixleq εad d asley
Day may dd ul issiley :

Lekṛuṛeb ikk clifen,
Bakiwa y ccwareyyat.

Masan iḥeṭṭṣel ikk sqifen
Day mta yu d Addareyyet.

Ccajaεet n at zman
D inn isṛeyyḍen aman,
Sṛeḥlen timetlin.

ẓẓan din tineqlin.

Bla lkamyu, la ṭṭumubil,
Kulci s uyul d zzembil.

Ad icl ixeddem rec ;
Uc as day maykk ala ytec.

Ccajaεet nsen :
A dd ṭṭfen bnadem
Mukud ad as ersen,
ẓẓan xefs aemm.

Inin ac : « Ammu lebaṛ »
D asen yifen langri.

Aemm bessif itekker
Al ittlaha d tnecri.

Msakin n at zman
U tu εlimen aman !

Tekkern dd i tṣebbiḥin
Al ttaymen si Tcaṛijin.

Aḍawwa day s lefnaṛ
D tsirt tseṛεṛuε si lefjer.

Asefteḥ d lefḍuṛ zzis
D uṛum iqebbc am utellis.

Lqiṣṣet nsen teqḍa.
Tenniḍen sa dis nebda.

Ljil n wassu
Ul iyyi day walisu !

Aqesser al ṭṭenεac,
Lexdemt iqqaṛ ac blac.

Iṭeṣ al tizzarnin,
Mecul day d twacunin.

Wi dd iyyen ammu yeffe
Wala qbel ala yeble.

Lqaḍeyyet n Fṛanṣa
Ul tedji wikk ala neṛṣa.

Day d abẓiẓ n yinnaṭṭ
Illa yutu taḥnnaṭṭ,

Ittdafaε s lppaṣpuṛ
Ad iṛaḥ a zzis iḍuṛ.

Mikk neffe l lxarij
Leεqel nnex ittihij.

Un nettfekkeṛ i lεuqubat
N nfasad d lmecṛubat.

Mikk nutef l cṛa n nbaṛ
Nbedd i lkunṭwaṛ.

Nettitc it : « Serbi, serbi ! »

Al d netta ṛebbi d nnbi.

Wikk irecln bekri
Ad iẓeṛ maykk ul iẓṛi :

Leεdab n ennafaqet
D lqelt n ureyyeḥ i zzenqet.

Daymen ad yili yezεef
Al iqqaṛ : « Ijuṛ ṣṣeṛf ! »

U dd ittiwḍ usekkwas
Al d iṛẓem i lbeẓẓ nnes.

Explication / Traduction

Quels remords, quels regrets
Pour nous, ô gens de Figuig !

Où sont nos gens d'autrefois
Qui prenaient soin de Figuig ?

Hélas ô Ighzer
Au temps où nous étions témoins !

Quand tu étais bien considéré,
L’étranger ne pouvait te fouler !

Le raisin jonchait les terrains :
Personne n’y touchait.

Pour qu’un oiseau s’envolât des jardins
Il trouvait tant de peine.

Tout y était d’Arbres couvert
Et de palmiers pareils aux perles.

Babder n’était rien devant toi
Ni même pas Lamâader !

Un homme [aujourd'hui] âgé
Avait, autrefois, tant travaillé.

A l’âge où il était encore jeune marié
Des biens [vers sa maison] il ramenait :

Les choux dans des sacs de foin,
Dans des bissacs, les potirons.

Son âne ne pouvait traverser nos ruelles
Que s’il passait par Addareyyet.

Le courage de nos ancêtres,
De ceux qui retinrent l’eau,
Déplacèrent les dunes

Et plantèrent des palmiers.

Ni camion, ni automobile,
Tout se faisait sur ânes et "zembil".

[L'ouvrier d'antan] passait la journée à travailler chez toi
[Sans salaire], donne-lui seulement de quoi se nourrir.

Leur courage :
Ils prenaient un homme
L’égorgeaient,
Plantaient sur lui un palmier

Et disaient : « C’est ça le fumier »
Qui valait pour eux mieux que les engrais.

Le palmier malgré lui poussait
Et dans sa croissance, il ne s'arrêtait.

Nos pauvres ancêtres
N’avaient pas d’eau !

Ils se réveillaient dès l’aube
Et la puisaient depuis Ticharijin.

Leur éclairage se faisait au fanal
Et leurs moulins ronronnaient dès l’aube.

Le petit déjeuner et le déjeuner se faisaient avec [ce qui est moulu].
[Leur] pain était rugueux comme les sacs de blé.

Leur histoire est achevée.
L’autre est à aborder.

Les jeunes d’aujourd’hui
Ne sont que des maudits !

Ils veillent trop la nuit.
Du travail, ils ne sont pas séduits.

Ils dorment jusqu’à midi,
Des filles, ils sont épris.

Pour un rien, ils quittent [le pays]
Même avant leurs maturités.

L’affaire de la France
N’a laissé personne en paix.

Même encore jeune [enfant d'hier]
Il se trouve lancé

En quête d'un passeport
Afin d'en faire des tours.

Quand nous allons à l’étranger
Notre raison se trouve déchaînée.

Nous ne pensons pas aux conséquences
Des débauches et des boissons.

Quand nous entrons dans un bar
Nous nous mettons devant le comptoir.

Nous nous occupons du « Servez, servez ! »

Au point où nous oublions Dieu et son messager.

Qui très jeune s’est marié
Verra ce qu’il n’a jamais vu :

La souffrance d’une charge
Et l'impossibilité de rester hors de chez lui.

Toujours emporté,
Il ne cesse de répéter : « C'est trop de frais ! »

Au bout d'un au [de mariage]
Il divorce d’avec sa femme.

Année de publication
1975
Auteur référencé
Vers

Lḥenni d ambaṛec.
Lḥenni nnex d amimun.
arec, arec,
ḥemmeṛ udem zzat lwacun.

Lḥenni d aḥnin.
Tu itekk i la d eṛṛṣul
Wala y tifednin
D ifassen agd uqelqul.

Geεεed afuḥ,
Awey dd ri fus nnec.
Lḥenni d amerbuḥ
Day εdel dis nneyyet nnec.

Iyy as ukk sley, iyy as
Idjen n wul aysas.
Mta yeεlem cṛa n wetnas,
Ad tesluli "mafiha bass".

Cehdemt a tizednan.
Taelluss tebḍa d izegnan.

Ammu akk neqqas
Argaz ad yili yeqṣeḥ.
Utcu d amessas
Mta yeqqim al mi dd iṣbeḥ.

Explication / Traduction

Béni soit le henné.
Notre henné est bienheureux.

Attention, attention,
Fais nous honneur devant les garçons.

Le henné est doux.
Le prophète en appliquait
Même sur les orteils,
Les mains et la tête.

Lève un peu,
Approche ta main.
Le henné est porte-bonheur,
Crois-y bien.

Que pour le fiancé en soit dessiné
Un cœur doux.
S’il a une sœur,
Qu’elle lance des you-you, c'est souhaité.

Témoignez, ô femmes.
Le bol est cassé en deux.

C'est notre cher vœu
Que l'homme soit dur.
Le couscous est sans goût
S'il reste au lendemain.

Année de publication
1974
Auteur référencé
Vers

Atan, atan a yemma,
Wi yutefn i ttejnid
Atan, atan, a yemma,
Ixeṣṣ i wul n neḥdid.

Nεewwel s bermesyun,
A ss nisi y llεid n wyesum,
An nehwa l Ifeyyey,
An nẓeṛ lhell d leḥbab.

Wa d assu, d ayetca,
Al d taweḍ Σaṛafa.

I dd yus lqebṭan,
Bermesyun ul iban.

I ṣṣbaḥ n nexmis,
Nekker nenεel blis.
Neffe nenyu ṭṭubiṣ
D un nettmliqi d lbulis.

Wa nehwa y lgaṛaj.
Nekker nebr i jaj.
Al sad inqel lkaṛ,
Σad nelṣeg i deffer.

Lkaṛ ikk iqelleε,
Necni nenna nemneε.

Saεa yedjen n wul abercan
Qa w xefnex idji-y-amcan.

I dd yus lqebṭan,
Inna-y-as : « Mekki Σetman. »

Netta d Lεeṛbi wl Menṣeṛ,
Ata ṛewlen i lefjer.

Necni, nenna teḍmen.

Tamddit an nekkes leben
I lemεac un netci
Wa si nutf i lkeṛṭi :

Aṛum n nebṣel
D wutcu yfetlen ifeṣṣel.

ḥeṛṭiṭa mi teẓẓeṛ
Tif qa lmakelt n nεeṣkeṛ.

I kk nergeb s Ifeyyey,
Iεeṛḍ ax dd ujaḍaṛmey.

Iceyyr as i ccifuṛ
Ad isṛeyyeḍ lmutur.

Iwεed yawkan l deffer.

Nexleq din day lεeṣkeṛ :
Nettc d mmis n At Lmenṣeṛ,
ṃṃani tad Σumeṛ.

Inna-y-ax dd lkumanḍaṛ
Iyy as dd ttilifun.

Inna-y-as : « Σeṛḍ i lkaṛ.
Llan ṛewlen dd dis lwacun. »

Tu nεewwel an nenkeṛ :
« Necni w cay si lεeṣkeṛ. »

Ha lḥall i dd iẓeyyeṛ,
Ma bina day nqerr.

Ma bina day nehwa.
Lkaṛ, ikk nersu, yeẓwa.

Wa day qqaf qerqellaf
Neqqes dd i lbiru n ccaf.

Ibda ykk id ssu’al.
Yac nqerr qbel leεdab.
Mi nenna cṛa n wawal
Illa yqeyyed i y lektab.

Inṭeq dd : « Ha y lqeṛṭaṣ ? »

Yac u ernex illi y ljib.
Nnan as : « Ac xlaṣ !
Ṣelli εel ṛṛṣul leḥbib » !

Ikk fekkeṛn i lefṛac,
Yac afen walu lekwacc.
Wa nehwa l tiddart.
Lajip nedj it i Tecṛaft.

Sellmex s w iḥeḍṛen.
Qaε ayetma feṛḥen.

Wa illen yumatsen
Yus dd a kidsen iεeyyed.

Tenna yi-dd yemma :
« Yeṛεa, ul ttima.
Ax ac tahidurt.
Ata tella teṣmeḍ tmurt. »

Nni as : « Makan εlac.
Debbeṛ i-dd ukan i lekwacc.
Illa yettṛaεa wjaḍaṛmey.
Wa sad nsex ikk Feyyey. »

Tenna yi-dd : « A lewlid,
Mar manayen teyyid ?
Nix tṛewled dd si ttejnid
Ammen a ri teyyed llεid ? »

Tenna yi-dd : « A meskin,
Ul ittqiniε ḥedd lεeṣkeṛ,
Illa rec itnin,
Lεafit ad yiẓeṛ. »

Explication / Traduction

Ma mère, ô ma mère,
Celui qui va au service militaire,
Ma mère, ô ma mère,
Aura besoin d’un cœur en fer.

Nous comptions bénéficier d’une permission,
A obtenir pour la grande fête
Afin d'aller à Figuig
Voir nos familles et proches.

Du jour au lendemain,
Le jour d'Arafat est arrivé.

Quand le capitaine est venu,
De permission, il n’y avait plus.

Un jour de jeudi,
Nous nous sommes décidés.
Nous sommes sortis et nous avons trouvé un bus
Pour éviter de rencontrer la police.

Nous sommes descendus à la gare.
Nous nous sommes cachés à l’intérieur.
Au départ du car,
Nous nous sommes accrochés à lui.

Quand il a démarré,
Nous nous sommes crus sauvés.

Mais un homme au cœur noir
Dans notre recherche n’a écarté aucun lieu.

Quand le capitaine est arrivé,
Il lui a dit : « Mekki Atmane. »

Lui et Larbi O’Lmansar,
Ils ont déserté dès l’aube.

Nous nous considérions sauvés.

Le soir, nous allions nous régaler
Dans la nourriture que nous n’avons mangée
Depuis que nous nous sommes entrés à l'armée :

Le pain aux oignons
Et le couscous beurré et bien préparé.

Les crêpes bien beurrées
Valent mieux que toute nourriture de l’armée.

Quand de Figuig nous nous sommes approchés,
Un gendarme nous a arrêtés.

Il a fait signe au chauffeur
Pour qu’il arrête le moteur.

Il s'est dirigé aussitôt vers l’arrière.

Nous y étions tous militaires :
Moi et le fils d’At Elmansar,
Mmani et Omar.

Il nous a dit que le commandant
Lui a téléphoné.

Il lui a dit : « Arrête le bus
Car des déserteurs s’y trouvent. »

Nous comptions nier
Et dire : « Nous ne sommes pas de l’armée. »

Quand nous nous sentions coincés,
Nous n'avions qu'à avouer.

Nous sommes descendus.
A notre descente, le bus s'en est allé.

Après un petit rien du tout,
Nous nous sommes trouvés au bureau du chef.

Il a entamé son interrogatoire.
Nous avons avoué avant la torture.
Tout mot dit par nous
S'est trouvé consigné sur un livret.

Il a demandé : « Et les balles ? »

Si nous les avions dans nos poches.
Ils lui ont répondu : « Oh assez !
Priez pour le saint prophète. »

Quand [les gendarmes] ont pensé au couchage,
Ils se sont aperçus que de couvertures ils n'avaient pas.
A nos maisons nous sommes allés.
La jeep, à Tachraft, nous l'avons laissée.

J'ai embrassé les présents.
Tous mes frères étaient heureux.

Ils croyaient que leur frère
Est venu passer l'Aïd avec eux.

Ma mère m'a dit :
« Attends, ne t'assoie pas.
Tiens cette basane.
La terre est froide. »

Je lui ai dit : « Cela ne vaut pas la peine.
Trouve-moi seulement des couvertures.
Un gendarme m'attend.
Je vais dormir à Figuig d'en Haut. »

Elle m'a dit : « Ô mon fils,
Mais qu'aurais-tu fait ?
Ou tu t'es enfui du service
Pour passer l'Aïd avec moi ? »

Elle m'a ajouté : « Ô pauvre,
On ne contrarie pas les militaires,
Eux,
Le feu et les oueds. »

Année de publication
1974
Auteur référencé
Vers

Ddunit tella tekkur, tella teẓwa l zzat.
Necni mta wen nelli nxerr, nella neffe l yidis.

Nnit zzman ad iḍuṛ, nnit leqheṛ ad ifat.
Ad immet w imman, ixes wi wen nis.

Lbaṭel illa yjuṛ. Necni nella nmell i lḥayat.

Milmi sa dd yas ṛṛbiε ? Nelluẓ, an neyy rrfis.

Idjn ixdem telt chuṛ ibna lbaṭimat.
Wac tlata n tnesrin ad yyent uḍfiṣ ?

Leflam n nṛuṛ εemmṛen ssinimat.
Sfelsen lwacun. Yut in butellis.

Cchadet n ẓẓuṛ tiweḍ lmeḥkamat.
ṭṭalem smeḥn as, lmeḍlum zayedn as aemmis.

Nnḥiret bla-y-axḍuṛ tekkar dd lenyat.
Necni ikk iyṛan, yiwḍ dd anax unessis.

Targa, s ccaquṛ, rrent dd am mat.
ṭṭeyan i cṛa d amcan llan yyen llis.

Nnan ax dd : « Assu d ṣṣif, llan qellen waman ! »

Wac ayu n ṣṣif yuyyey qaε ad iqḍa ?
Mta d asrayfey ay dg ul illi laman,
Debbeṛt s ccaṛij, teqqlem wi ss ala neḥḍa.

Yudu, ayu n nḥeqq ihwan,
Lhemm nnes iẓẓay. Ixeṣṣ a ss nebḍa.

Nnit ayen n nbaṭel iεlan,
A dd yas yudu wass deg ala yuḍa.

Aḍuṛ illan i ṛṛaḥt idjiwen lum, idjiwn imendi.
D ucewweṭ yuzzlen, iεergen, isexfen, iṛwa llekkwuṭ, thelk i tehrawt.

Wenn yucren melyun ṭṭfen ss yumayen nix ul temdi.
D wenn tehmen s lexṛum, s bucfeṛ ufn ukk lum, xems snin u dis iẓṛi tfawt.

Alli yuḥel.
Man qedd as i ṣṣbeṛ ?

Lbaḷu yettsuf, ittsuf mukud ifqeṛ.
S lektert n yicam, aysum iḍbeṛ.

Kf anax ay lhant n ddel d teεqeṛ.

Explication / Traduction

La vie marche, va de l'avant.
Si nous ne sommes pas en arrière, nous dévions vers le côté.

Le temps passera et l'injustice passera.
Qu'il y ait des morts ou qu'il y ait des non consentis.

L'injustice dépasse les limites. Nous nous ennuyons dans la vie.

Quand viendra le printemps ? Nous avons faim, nous organiserons "rfis" ?

Untel ayant travaillé trois mois a construit des bâtiments.
Trois bourres peuvent-elles faire un fuseau ?

Les films médiocres remplissent les cinémas.
Ils ont dévié nos jeunes. Ils sont sans repères.

Le faux témoignage atteint même les cours de justice.
Le tyran est pardonné, sa victime incarcérée.

Une vanne sans jauge laisse passer tant d'eau.
Nous, au jardin, nous ne recevons qu'un ruisseau.

Le canal, avec des haches ils l'ont détérioré.
Les tyrans inondent partout.

Ils nous ont dit : « C'est l'été, l'eau se fait rare. »

Cet été ne veut-il jamais finir ?
Si le gérant d'eau n'est pas digne de confiance,
Cherchez un bassin et trouvez qui le gère.

Cette justice qui descend vers le bas,
Son souci est lourd. Nous devons le partager.

Viendra le temps où cette injustice qui monte,
Viendra le jour où elle tombera.

L'âne du centre qui est au repos se rassasie de foin, se rassasie de blé.
L'âne de l'extrémité qui court, qui sue, qui a le vertige, reçoit le fouet et de coups il est roué.

Celui qui vole un million est arrêté deux jours ou même pas.
Celui accusé de futilité de vieux revolver trouvé dans le foin écope cinq ans sans lumière.

La tête en a assez, comment peut-elle patienter ?

Un ballon se gonfle, se gonfle puis il s'éclate.
A force d'être piquée, la chair est ulcérée.

Assez d'humiliations, de frustrations et de mépris.

Année de publication
1973
Auteur référencé
Vers

Xelqent tiwt zman makk tu ẓẓaṛent i leεdab.
Iyam n waman, ṛwant dis lemḥan.

Tackart n imendi qbel aṣebbeḥ ad tili teẓḍu.
Zzis amensi, zzis asefteḥ wenn n yudu.

Tiirt n neksewt, tebbub it l terga.
Ixeṣṣ qbel tfuyt ad tili tessekfa.

ṛebbi ya ṛebbi, lḥayat nsent, necni w sett neẓṛi.
Sidi ya Sidi, lemεtad nsent ad kkrent bekri.

Mar tu walfent ẓẓaẓ ?
Cḥal εicent i laẓ.

Tiwt wassu fatent lḥudud.
Day maykk irzant, a ss afent mujud.

Mani yella wuṛaṛ
Tcel dis wass aḍiṛaṛ.

Iṭeṣ al tfuyt, tini : « Lukaṣyun yudu dd ala yas.»
ṛṛaḍyu ykk dis,
Majjabha y mmis.

Teyyu lḥalaqat, teffer ddmalej, teyyu lemsayes.

Tiṛaht l labet, day mta y ṣṣif nix lexrif.
Ad tec aḍil d tiyni tamenzut wa εad s bessif.

Ha mar ad tisi leḥcic nix tlata n ẓẓebṛat.
Tini-y-ac : « Iḥya yεic wi nax idjn i ṛṛaḥet ! »

Explication / Traduction

Les femmes d'autrefois vivaient tant de souffrances.
Dans le puisement de l'eau, elles ont vécu des misères.

Le sac de blé devait être moulu avant l'aube.
Avec lui, nous dînions, avec lui, le petit-déjeuner se faisait.

Elle transportait une bassine de vêtements à laver sur le dos vers un canal.
Il fallait qu’elle achevât le tout avant le lever du soleil.

Ô Dieu, ô Dieu, nous n'avons pas vu leur vie.
Ô seigneur, leur habitude était de se lever tôt.

Étaient-elles habituées au luxe ?
Tant elles vivaient affamées.

Les femmes d'aujourd'hui dépassent les frontières.
Tout ce qu'elles désirent se trouve prêt.

Là où il y a fête,
La femme y passe toute la journée.

Elle dort jusqu'au lever du soleil : « La location familiale viendra bientôt.»
La radio à ses côtés,
Elle ne prend pas soin de son fils.

Elle met des boucles, cache des bracelets et fait des gourmettes.

Elle ne va au jardin que l'été ou le printemps.
Elle mange le raisin et les dattes et elle n'est pas satisfaite.

Elle n'en prend ni herbe ni palmes.
Et elle dit : « Que vive celui qui nous a procuré du repos. »

Année de publication
1972
Auteur référencé
Vers

Wikk un neẓwi l Fṛanṣa
Uḥeln as lhell nnes.

Metta wl tellid d lmuεellim,
Ul ttqeddid ala neqqim.

Nettc ikk sellx ukk ammu,
Nni asen : « Matta lhemm u ! »

Ikk ṛaḥex fewwetx aṭbib,
Nnan i-dd : « Fettec ljib ! »

Ha mar wala d afewwet
Isḥeqqa εad ṛṛecwet ?

Din aykk ssnex d aeccac
Ikk issifat ayn n uεmamac.

Yac tella tus dd lkunṭṛa.
Nnix ad feṛḥex lebda.

Ikk nutef lεamalet ;
Tiwacunin din s ljemlet.

Nnacaṭ n Ppaṛi
Mi tweεded l lkabaṛi.

I "ṣamḍi ṣwaṛ" ac xlaṣ
Ccaf mi d ac ixelleṣ !

Explication / Traduction

De celui qui, pour la France n'est pas parti,
Les parents en sont excédés.

Si tu n'est pas instituteur,
[A Figuig] tu ne peux pas rester.

Quand on m'a fait entendre cela,
Je leur ai dit : « Quel malheur ! »

Quand j'ai consulté un médecin,
On m'a dit : « Fouille dans ta poche ! »

Même une consultation
Nécessite une corruption ?

C'est là que j'ai su qu'il triche
Surtout qu'il a admis ce malvoyant-là.

Le contrat est arrivé.
Heureux, toujours je le serai.

Quand nous sommes rentrés dans la préfecture ;
Des filles y étaient nombreuses.

La joie de Paris
Quand on rentre au cabaret.

Surtout les samedis soir
Quand le chef, nous paie !

Année de publication
1970
Auteur référencé
Vers

Mullu tṭaṛ i-dd ; kulci yeḍlam.
Tenn er tessiwled teyy tancucc tini-y-ac : « Balak xfi ! »

May sad yyex ?
Mabeyya day ṛaḥex ffex l iḍuṛaṛ.

Aḍṛaṛ taw t id zzat i,
Man aly i t id a ṛebbi ?

Ifadden u dd qqimen,
Aḥ a ljehd wi ss iεelmen !

Lweḥlan d laẓ ! Ṣmaṛa
Akk iwḍex l ujenna.

Weḥdi, lexla d beṛṛa.
Sa yi yjaza Mulana.

Ṣeṛεex, bdix i leni
Ha yicc may zzeg dd tban.

Zzin d as yucu ṛebbi
Ul illi qa y lεalam !

Wa beddx abeddi
Ammen ad rzix aman.

Setḥix d as ala nini :
Ad till maykk ixes flan.

Ukk fus nnes texwa yi-dd swix.
Day d aman ; sbennex ten d leḥlib.

ṛwix amani wl swix.
Aεla wikk yufen day ad iεemmeṛ ljib.

Explication / Traduction

Une fois, je m'ennuyais ; tout fut sombre.
Toute fille que j'abordais rechignait et me disait : « Va-t'en ! »

Que faire ?
Je pris la direction des montagnes.

La montagne est à mes côtés,
Comment l'escaladerai-je ô Seigneur ?

De genoux je n'avais plus,
Ah si j'avais de la force !

Fatigue et famine ! C'est avec beaucoup de peine
Que j'atteignis le haut.

Moi seul, en rase campagne et loin.
Dieu me récompensera.

Je m'allongeai, j'entamai le chant
Voilà une [fille] qui fit son apparition.

La beauté que Dieu lui avait offerte
N'est pas dans ce monde !

Je me mis debout
Pour demander de l'eau.

J'hésitai de lui dire :
Elle soupçonnerait que je voulais quelque chose.

Elle m'offrit à boire dans sa main. C'était de l'eau ; je la savourai comme du lait.
Je me désaltérai mais ce fut comme si je n'eus rien bu. Ah si je pouvais [en] remplir mes poches.

Année de publication
1970
Auteur référencé