Explication / Paroles / Traduction

La llu, la yudu, msakinat n id yemmatnex !
Ul ḥkiment llu ykk xelqent d tislatin,
Ul ḥkiment yudu ykk llant d timɣaṛin.
Mar may d as teyyu tmɣaṛt ?
 

Ni autrefois, ni aujourd’hui, nos pauvres mères !
Elles n’ont pas commandé autrefois lorsqu’elles étaient brus.
Elles ne commandent pas aujourd’hui qu’elles sont belles-mères.
Mais qu'a fait la belle-mère à la bru ?

Ixleq memnuε ad tatef l tẓeqqa n ṛṛẓeq.
Ixleq memnuε taḍṣa wala n ujewweq.
May tenna tatta d mamma yxeṣṣ ad ixleq.
Waxxa tewhem temɣaṛt, dima yella ɣres lḥeqq.
 

Entrer dans la chambre de stock lui était interdit.
Rire, fut-ce par plaisanterie, lui était défendu.
Ce qu’a ordonné tata et mémé devait être exécuté.
La belle-mère a toujours raison même si elle s'est trompée.

Ixleq qaε ul tssin manayen leflus.
Ul tergib s ssenduq illa dis bezzaf inix ḍṛuṣ.
Ul teffir i lbeẓṭam, la wkk cemmuc, la wekk ɣellus.
Mta qaε teẓṛu leflus, day ḍeεεnent s ukk fus l ufus.
 

La bru ne savait jamais ce qu’est l’argent.
Elle ne voyait pas la caisse et ce qu’elle contenait.
Elle n'a caché d'argent ni dans le porte-monnaie ni dans la bourse ni dans la cruche.
Elle ne voyait l’argent que lorsqu’il circulait d’une main à l’autre.

Mi dd yus urgaz si lexṭeṛt, yawey dd lmelbes.
Mar sad tqedd tesleyt ad tiṛeḍ qbel talwess ?
Memnuε ad teyy tancucc waxxa tella tezεef ad tḍẹsṣ.
Mar tizerzert zzat aɣilas tessalay nnefs ?
 

De retour de voyage, le mari a apporté avec lui des vêtements.
La bru peut-elle être habillée avant la belle-sœur ?
Se fâcher, lui était interdit. Même contrariée, elle devait garder son sourire.
A-t-on jamais vu une gazelle défier un lion ?

Mi tṛaḥ ammu wala-y-afuḥ l yemmas,
Wa sad d tas, ad taf tella tjemε as cḥal aykk imas :
Aseṛḍ n temɣaṛt d umɣaṛ d urgaz d ayetmas.
Mani tella tamara, tella dis ukk ammas.
 

Quand elle rendait parfois visite à sa mère,
A son retour, elle trouvait une batterie de linge qui l’attendait :
Celui de la belle-mère, celui du beau-père, celui du mari et de ses frères.
Là où il y avait une corvée, elle s'y trouvait plongée.

Mi wl tqedd tesleyt, u-lli may sa zzis teεdel :
Tamṭṭut i tiddart day mta sad telha d ccɣel.
Amεla w-lli d lecɣal, ha y mmis, mawim d as tercel ?
Aren sad ttec tesleyt ad dd yallel.
 

Malade, la belle-mère se passait d'elle :
Une femme n'est faite que pour les corvées du foyer.
Si ce n’était pas pour les corvées, pourquoi aurait-elle marié son fils ?
La farine que consommerait la bru serait économisée.

La llu, la yudu, msakinat n id yemmatnex !
Ul ḥkiment llu ykk xelqent d tislatin. 
Ul ḥkiment yudu ykk llant d timɣaṛin.
Mar may d as tella ttekk tesleyt ?
 

Ni autrefois, ni aujourd’hui, nos pauvres mères !
N’ont pas commandé autrefois lorsqu’elles étaient brus,
Elles ne commandent pas aujourd’hui qu’elles sont belles-mères.
Mais que lui a fait la bru ?

Sukk mezwar ay d as tenna twala wkk sired
Nix kulha ad yadr i leksewt ittiṛeḍ.
Ul tssirid i Brahim, la y Σli, la y Muḥemmed.
Mta d mmis, tenna-y-as illa yeqbl, iεemmed.
 

Dès le début elle a exigé que le linge soit lavé à tour de rôle
Ou que chacun lave son linge seul.
Elle ne lave le linge ni de Brahim ni d’Ali ni de Mohammed.
Quant à son fils [le mari], il a été avisé et il a consenti.

Mi dd tus tebṛaṭt turi wkk jenna d wadday,
Madza teɣṛ it i sṣḍuḥ, madza teɣṛ it ukk ṣaṛay.
Tamɣaṛt tessten s mmis ha y nettet, u d as dd inni cay ?
Teḍṣu tenna-y-as : « La, la, issiwḍ am dd sslam. Anday. »
 

Lorsqu’une lettre arrive, écrite de haut en bas,
Elle ne cesse de la lire à la terrasse et au patio.
La belle-mère s’empresse de savoir si son fils demandait de ses nouvelles,
Et la bru de rire : « Non, il te passe le bonjour. Seulement. »

Mi tejṛṛ argaz ad dd ḍuṛen qaε Lmuɣrib,
Σlaṭul aḥewwes, ad yili yezzuzzur ljib.
Ad as tini y temɣaṛt : « Nella nṛaḥ an nfewwt aṭbib.
Cemm, a taḥnint n wul, ḥḍa-y-ax dd Najib d Leḥbib. »
 

Avec son mari, elle fait joyeusement le tour du Maroc,
Tout au long du voyage, l’argent coule à flot.
Elle annonce à la belle mère : « Nous allons voir un médecin,
Toi, ô, la gentille ! Garde nos enfants Najib et Lahbib. »

Tamɣaṛt tejbed dd afuḥ ammu n tleẓẓeyt.
Tenna-y-as : « An nmεawan, nefl ukk rgaz tajllabeyt. »
Lehḍeṛt tutu teffɣ am w issiweln i txabeyt.
Tisi lektab, tutef, teclu teqqen dd xfes lbeyt.
 

La belle-mère prend un peu de laine.
Elle lui dit : « Aide-moi à filer une djellaba pour ton mari. »
Sa parole reste sans échos comme celui qui parle dans une jarre.
La bru prend un livre et s’enferme dans sa chambre.

Tu beḥṛa llan midden ssiweḍn aydur.
Ul teṣbiṛ asekkwas mar ha yni wl teṣbiṛ yur.
Tenna-y-as i temɣaṛt : « U nax ittfekki day ayṛuṛ.
Tiɣṛi tella tesslemd ax dd kulha ad iεic ḥuṛṛ. » 
 

Une autre [mariée], à peine les ustensiles rangés [de la fête du mariage],
Et sans attendre un an, voire un mois, 
Elle dit à sa belle-mère : « Rien ne nous arrange mieux que la séparation.
Les études nous ont appris à vivre libres ! »

Année
1990
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Explication / Paroles / Traduction

Manessinen necni ?
W ixesn ad ax issen ; assu ad as nini :
« W iεlemn imi wen necni
Iqqaṛn iwaln ixṣṣen ; ha wssu, ad as ss nini ! »
 

Qui sommes-nous ?
A qui voudrait nous connaître, aujourd’hui, nous dirons :
« Pour ceux qui ont une bouche insolente
Qui profère des immoralités ; voilà du fil, nous la lui coudrons.

Ṛẓem lektab n ttarix, tfhemd awal n neṣṣeḥḥ.
Ayu n nefεel sad ac inix, ata qlil wi deg dd tṣeḥḥ.
Waxxa tamurt tella teεlem taṣffiḥt teqṣeḥ,
Bab nnes illa yṭewwε it, iɣzu tiseflin, ifelleḥ.
 

Ouvre les livres d’Histoire et apprécie les mots justes.
Ce que je te dirai, rares sont ceux qui l’ont connu.
Même si la terre a une dalle dure à casser,
Son propriétaire l’a défoncée, il a conduit des foggaras et cultivé le sol.

Lejdud utfen lislam s "besmellah a dis nebda.
Sidi Ṛebbi, ssalam ncaḷḷah, ad issemda."
Wi dd anax yusen d ṭṭif : ha-y-aziza y tnuda.
Wi dd anax yusen s essif ad iṛaḥ ad issten iferda.
 

Nos ancêtres se sont convertis à l’islam avec "Au nom de Dieu nous commençons.
Dieu, nous attendons qu’il achève en paix." 
Pour nos invités : "aziza" dans de grands plats.
Qui vient nous conquérir de force qu’il aille interroger les tours

Iwa d manessinen necni.
 

C’est ce que nous sommes.

Nessercal yessitnex, un nceṛṛeḍ cṛa y eṣṣḍaq.
La ya nemmneɣ d iḍewlan, lehḍeṛt ul tteffeɣ l eṣṣqaq.
Mta yqeṭṭeṛ Ṛebbi yah anday un nemtafaq,
Kulha yeẓwa l uqbun nnes. Ṛebbi aykk ittfeṛṛqen leṛẓaq.
 

Nous marions nos filles sans rien exiger comme dot.
Dans nos querelles, nous sommes unis. Le secret ne se divulgue pas.
Si par hasard nous ne nous comprenons pas,
Chacun de nous rentre chez soi. C’est Dieu qui distribue les biens.

Utcu yjemmeε anax. Mar illa wi ss un netci ?
Aεla wikk yufen yicc n tejṛa ala ntesswa s Ciblaci.
Tellid sikk mɣaṛen nix ljib illa yerci,
Day mmud yicc n tejṛa, ad ac teṣṣifeḍ qaε lɣaci. 
 

Un plat de couscous nous réunit. Y a-t-il qui ne l’a pas mangé ?
Ah si seulement il y avait de plat de couscous que l’on arroserait en sauce depuis le bassin de Chiblachi .
Que tu sois des riches où ta poche soit affaiblie,
Prépare un plat de couscous, tout le monde viendra t’épauler.

Ṭṭaleb nnex, aεla yeqqaṛ ac may d ac iɣṛu,
Ul ittṛiεi ad as tuced mya wala mitayen ḍuṛu.
U cay am wenn icebhen i ttirifun n kerru
Mtak ud as teẓẓeɣṛeḍ fus u d ac ittifat nnumṛu.
 

Notre théologien même s’il vous lit tant [de Coran].
Il n’accepte pas que vous lui offriez ni cent ni deux cent doros. 
Il n'est pas comme celui qui ressemble au taxiphone.
Si l'on ne lui graisse pas la main, les numéros ne s’affichent pas.

Un neεlim w ittaẓẓḍen fus : lmeskin nnex illa yester.
Waxxa wl iεlim leflus, ul ittṛiḍi ad itter.
Lemεac illa d ḍṛuṣ nix lxir illa yekter,
Lmeskin nnex nesqbqub as ad immunsew nix ad ifḍeṛ.
 

Nous n’avons pas de ces gens qui font la manche : nos démunis sont cachés.
Même s’ils n’ont pas d’argent, ils n’osent pas mendier.
Nourriture en manque ou en abondance,
Nos démunis, nous les appelons pour qu’ils déjeunent ou dînent.

Mi yella ḥedd zzinex, anna yelqa wenn ss ixelqen,
Sa ss ntebε al tmeḍlin aεla yxelleq d wikk ixellqen.
Waxxa-y-abrid d asusaε, s lɣaci qaε iteqqen.
Timeḍlin smitiyent anax s may dd anax illa yeqqen.
 

Quand quelqu’un, parmi nous, décède,
Nous l’accompagnons quel qu’il soit.
Même si la route est large, elle se ferme de tant d'accompagnateurs.
Les tombes nous rappellent du sort qui nous sera réservé.

Timeḍlin nnex tasuki nsent qaε d yicc.
La y ddunit, la y laxeṛt : am umɣaṛ, am dderwic.
Teyyid lḥasanat akk imeḥḥan lfiεl ulyic.
Ata walu wl ineffeε ṛṛxam wala zzwaqat d elfic.
 

Nos tombes sont toutes construites de la même façon.
En vie ou dans la mort : il n'y a pas de différence entre riche et pauvre.
Ce sont les bons actes qui effacent tout mal fait.
Les tombes en marbre ne sont utiles en rien ni non plus les décors et les futilités.

Mi tekker lεafit, kulha yettcat taḥennatt.
S lebyada, ṛemcat-elεin, ad teḥma temẓaẓẓatt.
Day wu yeqqaṛ as : « Ax ac ! » d wu yeqqaṛ as : « Aṛṛa dd ! »
Mar sa nirεa lbumbeyya al mi d ax dd tusu si Ṛṛbaṭ ?
 

Quand un incendie se déclare, tout le monde accourt.
Avec des seaux, en un coup d’œil, le travail à la chaîne commence.
Certains disent : « Tiens ! », d’autres : « Donne ! »
Nous n’attendons pas jusqu’à ce que les pompiers nous arrivent de Rabat.

Nnbi ywaṣṣa s elεilm a ss nerza wala y Ṣṣin.
An d maxef necni nehdem maykk iεezzn am tmeḍlin.
Nebna cḥal ay lqisem bla hiḷaḷa n ttedcin.
I dd usen "anax εawnen", ucen taɣrit i lmunaḍilin. 
 

Le Prophète conseilla d’aller chercher la science même en Chine.
C’est pour cette raison que nous rasons ce qui nous est cher comme nos cimetières.
Et nous y construisons tant de classes sans ces futiles protocoles d’inaugurations.
Quand l’Etat est venu "nous secourir", c'était pour bastonner nos militants.

Iwa d manssinn necni.
C’est ce que nous sommes.
Necni aɣd lmexzen un nxelleq cay d imedyan.
Day itnin ikk man nsen, necni nella nekkur nican.
Mta necni nemkeddad, ttfekkan anax ljiṛan.
Amma lqaḍi yettsenya lkiḍan day n errcl nix n wulfan.
 

Entre nous et l'Etat, il n’y a pas d’amitié.
Lui est dans son camp. Droits, nous nous comportons.
Si nous avons des litiges, nos voisins nous arrangent.
Le juge n'est là que pour les papiers de mariage ou de divorce.

Iwa d manessinen necni.
 

C’est ce que nous sommes.

Waxxa nella y lḥudud, un nettetjjṛ i "Aṛṛa-dd, ax-ac."
Si may dd nelmed s lejdud, un ntett aɣṛum aɣeccac.
Necni nxes lmeεqul deg dd ala nsewweṛ lemεac
Aεla nteffeɣ, nqeṭṭeε lebḥuṛ s lexdemt n ufṛaḍ aɣd unqac.
 

Même près des frontières, nous ne faisons pas de la contrebande.
De ce que nous avons appris de nos ancêtres, nous n’osons pas manger de nourriture de la tricherie.
Pour gagner notre vie, nous préférons la dignité
Quitte à partir et à traverser les mers pour le travail forcé.

Neεlem id lajenyuṛ, nella neεlem cḥ̣al ukk ṭbib.
Necni ɣernex ḍḍuktuṛ : hay adekkwer, ha leqlib.
Argaz iyyen aɣendur, qa lexdemt u cay d lεib.
Ul iyyi lεib day w iccalen iyyu yfassen i ljib.
 

Nous avons des ingénieurs, nous avons tant de médecins.
Chez nous, un docteur insémine les palmiers et laboure la terre.
Pour un homme intègre, tout travail est digne.
Le pire travail est celui de passer la journée les mains dans les poches.

Waxxa nteffeɣ tamurt, lhijṛet teyy ax dd ukk ul tacurt.
U d ax dd cay tnekkeḍ tecyert. Mtak neṣbeṛ, day d lkendert.
Wi ked necres taydurt ittaf anax d wexyert.
Amma wi nax iɣedren, day a sett iεqel i tenyert.
 

Même si nous émigrons, l’émigration nous inquiète.
Nous ne coupons pas de lien avec le pays. Si nous résistons, c’est par renoncement.
Ceux avec lesquels nous avons partagé de la nourriture nous trouvent honnêtes.
Mais ceux qui nous trahissent, qu’ils le gardent dans le front.

Iwa d manssinen necni.
 

C’est ce que nous sommes.

Aselham n w iεelmen
Am uselham n wenn un neεlim.
Maykk ttiṛḍent tinn itellmen
Llant ttiṛḍent t siwt etteεlim.
 

Le burnous d’un nanti
Est comme celui d'un démuni.
Les vêtements des femmes au ménage
Ne diffèrent guère de ceux des enseignantes.

Aseṛḍ nnex iṣfa.
U dd nettketter cay i lelwan.
Un nxeddem cay i lexfa.
Un ntebbε abrid ilwan.
 

Nos vêtements sont uniformes.
Nous n’aimons pas trop les couleurs.
Nous ne travaillons pas dans la clandestinité.
Nous ne suivons pas de chemin distordu.

Aɣṛem illa dis laman, am yiḍan am wussan.
La d tmasxt ntekk ikk iyṛan day si zzwayel d ṣṣebyan.
Tedjid taflewt teṛẓem, llan ḥḍan cc ljiṛan.
Mta tṣeṛṛeḥd tnast ukk mesmir. Un neεlim axewwan.
 

Dans notre ville, il y a la sécurité, de jour comme de nuit.
Les clôtures de nos jardins ne sont dressées que contre les animaux et les enfants.
Quand on laisse sa porte ouverte, ses voisins surveillent à sa place.
Quand on ferme à clé, on la suspend à un clou visible. De voleur nous ne comptons pas.

U cay qa nella d at lidam, llan ɣernex lmasakin.
Un nbenni cay tixuyam, un nsekkn i tbeṛṛakin.
Llan setta n neqsam dg un nessiɣ tiftarin.
Ssenduq necni neεlm itcuṛ s lmuḥsinin.
 

Nous ne sommes pas tous nantis, nous avons des démunis.
Nous ne construisons pas de tentes, nous n’habitons pas des taudis.
Il y a sept classes où nos élèves sont pris en charge.
La Caisse Scolaire que nous avons est financée par des bienfaiteurs.

Wi hlecn iceṛman, iṭwa s ujris ss iseknen lebda,
Ad dd yas. Illa ɣernex ddwa day i tmetlin n uberda.
Sad iεreg s lehwa. Kulci nnes sad inadda.
Ṭṭeyyeb mi d as iwcu ṛṛwa, may tuɣ ifṛeɣ sad iqadda.
 

Qui a mal au dos à cause du rhumatisme qui l’a longtemps habité,
Qu’il vienne. Nous en avons le remède dans les dunes de sable.
Il transpirera doucement et tout son corps se mouillera.
Quand Tayeb lui aura donné sa sauce, toute déformation se dressera.

Nebna cḥal i leḥzab, sukk mud al usiley.
Un nerzi an nεemmeṛ leqṛab wala lmenṣib a ɣres naley.
Nella y ljihet taẓelmatt nix nella d ljihet n ufusey.
Waxxa s wammu, nella nemtafaq qaε an nexdem Ifeyyey.
 

Nous avons battis tant de partis politiques, des débuts jusqu'à la fin.
Non pour en remplir nos porte-monnaie ni obtenir des postes.
Nous sommes dans la gauche et dans la droite.
Malgré cela, nous sommes d’accord. Ensemble, Figuig nous construirons.
 

Année
1999
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Explication / Paroles / Traduction

Xelqent tiwt zman makk tuɣ ẓẓaṛent i leεdab.
Iyam n waman, ṛwant dis lemḥan.
 

Les femmes d'autrefois vivaient tant de souffrances.
Dans le puisement de l'eau, elles ont vécu des misères.

Tackart n imendi qbel aṣebbeḥ ad tili teẓḍu.
Zzis amensi, zzis asefteḥ wenn n yudu.
 

Le sac de blé devait être moulu avant l'aube.
Avec lui, nous dînions, avec lui, le petit-déjeuner se faisait.

Tiɣirt n neksewt, tebbub it l terga.
Ixeṣṣ qbel tfuyt ad tili tessekfa.
 

Elle transportait une bassine de vêtements à laver sur le dos vers un canal.
Il fallait qu'elle achevât le tout avant le lever du soleil.

Ṛebbi ya Ṛebbi, lḥayat nsent, necni w sett neẓṛi.
Sidi ya Sidi, lemεtad nsent ad kkrent bekri.
 

Ô Dieu, ô Dieu, nous n'avons pas vu leur vie.
Ô seigneur, leur habitude était de se lever tôt.

Mar tuɣ walfent ẓẓaẓ ? 
Cḥal εicent i laẓ.
 

Étaient-elles habituées au luxe ?
Tant elles vivaient affamées.

Tiwt wassu fatent lḥudud.
Day maykk irzant, a ss afent mujud.
 

Les femmes d'aujourd'hui dépassent les frontières.
Tout ce qu'elles désirent se trouve prêt.

Mani yella wuṛaṛ 
Tcel dis wass aḍiṛaṛ.
 

Là où il y a fête,
La femme y passe toute la journée.

Iṭeṣ al tfuyt, tini : « Lukaṣyun yudu dd ala yas.»
Ṛṛaḍyu ykk dis,
Majjabha y mmis.
Teyyu lḥalaqat, teffer ddmalej, teyyu lemsayes.
 

Elle dort jusqu'au lever du soleil : « La location familiale viendra bientôt.»
La radio à ses côtés,
Elle ne prend pas soin de son fils.
Elle met des boucles, cache des bracelets et fait des gourmettes.

Tiṛaht l lɣabet, day mta y ṣṣif nix lexrif.
Ad tec aḍil d tiyni tamenzut wa εad s bessif.
 

Elle ne va au jardin que l'été ou le printemps.
Elle mange le raisin et les dattes et elle n'est pas satisfaite.

Ha mar ad tisi leḥcic nix tlata n ẓẓebṛat.
Tini-y-ac : « Iḥya yεic wi nax idjn i ṛṛaḥet ! »
 

Elle n'en prend ni herbe ni palmes.
Et elle dit : « Que vive celui qui nous a procuré du repos. »

Année
1972
Artiste référencé
Explication / Paroles / Traduction

Qaε iwessaren, wala d inn deg llan teddin aman,
Nnan sikk llan, ul εad ẓṛin ayu n tebṛuṛey.
 

Tous les âgés, même ceux pour qui on pile de l'eau, 
Disent que depuis qu'ils sont en vie, ils n'ont jamais vu une telle grêle.

Cṛa qaε ul ixliq. Aɣd lḥall manec tuɣ ihna.
Zzman iṭṭiq. Iwa yekkr iẓẓey dd ujenna.
 

Il n'y avait rien. Tout était calme.
Le temps a boudé. Le ciel a trait [son lait].

At tmeḍlin ad ilin kkren dd s uyn n ṛṛeεḍ.
Tbica, ya Krim, tuɣ thekkwa dd d lekwared.
 

Les morts seraient réveillés avec ce tonnerre-là.
La pluie, ô Clément, tombait en cordes.

Ya si tebṛuṛey ! May sad teεdel aεla tella teεḍel ?
Yac i stt weznen, ufn tt tfat azgen n uṛḍel.
 

Oh quelle grêle ! Qu'aurait-elle fait, si elle avait duré ?
Quand on la pesait, le quart de kilo elle dépassait.

Ya si tebṛuṛey ! Mi dd tuḍa, teqqaz axuc.
Day yicc zzis i tuḍa, tesdewwex muc̣c̣.
 

Oh quelle grêle ! En tombant, elle creusait des trous.
Une d'elle en chutant faisait évanouir un chat.

Yac tuly al zuj miṭṛu y lbeεḍ n neɣwabi.
Yac s lexlεet, teyru bla εdad ay ṣṣabi.
 

Elle a atteint deux mètres de haut dans certains jardins.
De stupéfaction, elle a causé tant d'avortements.

Ah ya Ṛebbi, Leεfu, ya Mulana !
Sseɣd a weldi maykk teyyu yekk At Ʃeddi.
Tisi-y-asen imendi d iɣllel tqeṛḍ i.
 

Ô mon Dieu, pitié, ô Seigneur !
Ecoute mon fils ce qu'elle a fait au ksar d'At Addi.
Elle a pris leur blé et ses tiges elle a cassé.

Ha ykk At Ʃameṛ ?
Iḍεen xefsen yiɣẓeṛ.
 

Quant à At Amer,
C'est un torrent qui les a traversés.

Tiyti iyyu y Tlat
Yac εemmṛ ha dd tfat.
 

Le coup qu'elle a fait à Tlat 
Jamais, il n'y en a eu de tel.

Imendi yeẓwa s ulum.
La yerden, la-y-abelbul. 
Ḥaṣul "Jaεalahum ka εaṣfin makul"! 
 

Le grain est parti avec le foin.
Ni blé ni orge. 
Pour tout dire "Elle les a rendus semblables à une paille mâchée"!

Idjen, iɣẓeṛ yisi ss.
Leḥḥegn as day ameẓẓuɣ
Jebden t id zzis,
Amma tuɣ iẓwa dis.
 

D'un homme pris par le torrent
On n'a retrouvé qu'une oreille
Avec laquelle on l'a tiré.
Autrement il serait emporté.

Ha ykk Ẓnayen ?
Illa wi disn imenεen.
 

Et pour les gens du ksar d'Iznayen ?
Il y a ceux d'entre eux qui ont été sauvés.

Amma ci beεḍin,
Iwa day dj it din.
 

Pour d'autres,
N'en parlons plus.

Idjen qaε u tuɣ icriz ; iṣbeḥ dd unṛaṛ ikk iyṛan.
Tiwy as t id lḥemlet n Iɣẓeṛ Ameqqṛan.
 

Un homme n'avait rien semé ; dans son jardin du blé était arrivé.
Ce furent les crues d'Ighzer Ameqqran qui le lui avait ramené.

Lqenḍeṛt n Berkukes
Iyy it am cqerni.
Yutef leɣwabi ytekkes
Al iheddem i tsuki. 
 

Du pont du quartier Berkoukes
Il fit un saute-mouton.
Il a pénétré les jardins enlevant
Et détruisant les constructions.
 

Année
1975
Artiste référencé
Explication / Paroles / Traduction

Qebl ala nɣenni s cṛa,
Awey dd an nini cṛa s leɣni.
Qa timaziɣin εelment ccuεaṛa
Day tmaziɣt nnex necni.
Nix miḥmiḥ nnex ittifuḥ l beṛṛa
Al dd nedwel necni d derni ?
Mta nekkes amesmir n tejṛa,
U-lli san ntec lemεac hani.
Nqect alli. S ṭṭul, ad tafem cṛa.
Ayen n ubrid tella teṭṭef tmaziɣt u-lli yecni.
 

Avant de chanter quoi que ce soit,
Allons dire des choses sur la chanson.
Tous les parlers amazighes ont des poètes
Sauf notre parler à nous.
Où notre "mihmih" sent vers l'extérieur 
Au point de faire de nous les derniers ?
Si nous ôtons le clou du plat, 
Nous ne mangerons pas en paix.
Grattez la tête. A la longue, vous trouverez des choses.
La voie que prend tamazight n'est pas la bonne.

Ya tmaziɣt, neẓẓa cemm aw cḥal ; u dd teffiɣed !
Wac u cemm nessiw nix u cemm nenqic ?
Day tutfed ukk call, ul tekkired.
Aley dd l ujenna, tezzizwed tamurt s leḥcic.
 

Ô tamazight, nous t'avons plantée depuis longtemps mais tu n'as pas poussé !
Ne t'avions-nous pas arrosée, ne t'avions-nous pas binée ?
Tu es restée sous la terre, tu n'as pas poussé.
Monte vers le haut et verdoie la terre d'herbe.

Iḍaq xfem lḥall, kkes asemmiṛeḍ.
U-lli sad am nini ḥṛam wala d lfic.
Mta txellḍed d unexxal, a cemm nessired,
Nesḥidew xefm awal ulyic.
 

Si tu étouffes, enlève le voile.
Nous ne te dirons pas que c'est illicite ni c'est de l'apparat.
Si tu es mélangée de son de blé, nous te laverons
Et de toi les mauvais propos nous écarterons.

U cemm εawnen at lmall, ul teddired.
U d am ssin lḥelfa wala rric.
Tmaziɣt teẓwa l umeṭṭal qebl ala temṛeḍ.
Necn ay tt illa yneqq. U sett nεawn ad tεic.
 

Tu n'as pas été soutenue des riches, tu n'as pas mendié.
Ils ne t'avaient étalé ni alpha ni plumes.
Tamazight est partie vers l'enterrement avant qu'elle soit décédée.
Nous la tuons. Nous ne l'avons pas aidée à vivre.

Tmaziɣt zzeg nessawal al zzis nṛekkeḍ !
Lehḍeṛt nnex tserreḥ, yac ul tecmic.
Xsen cemm lεuqqal, ssnen may teqqaṛed.
Fehmen cemm at lejmaεet d txerbicc.
 

Tamazight avec laquelle nous nous exprimons et dansons !
Notre verbe est droit, il n'est pas froissé.
Les sages t'aiment, ils savent ce que tu exprimes.
Tu es comprise par ceux de la commune et ceux des confréries.


Bab nnem d lḥuṛṛ, issen day nican.
Ul issin lɣecc wala ttxercic.
Cbeh bab nnem tεelmed ccan
S uɣensu yeṣfan bla-y-aqebbic.

Les tiens sont honnêtes et ne connaissent que la droiture.
Ils ne savent pas ce qu'est tricherie ni tournures.
Sois comme les tiens, aie du prestige
Avec un visage pur, sans égratignure.

Année
1980
Artiste référencé
Explication / Paroles / Traduction

Yelli, ya yelli, ya tenn tuɣ sad i-dd iḍaε i Ppaṛi
Ameεlak ulli d yuma ay kidm ifaqen bekri !
Xleqn iḍaṛen nnem sa dd ffɣen si ccwari.
Tufid lḥurreyyt un nexliq l yemmam ḍaṛi.
Day wenn texsed tuɣ ttekked t. May tnekred ; nniɣ am : « Ha nekr i. »
U d am nnix s uqcuc. U d am nnix sqesf i nix ẓẓiṛṛ i.
Ud am nnix s lmuḍa. U d am nnix mar ala tyured εeṣṛi.
Tennid : « Asemmiṛeḍ iẓẓay ! » Ac ammu ay tennid.
Nniɣ am : « Aḥlu, ha zerr i ! »
Texserd i tiddart. Ul terbiḥd i teɣṛi.
Ul telmided asenwi. Ul telmided taduri.
Ppam tεelmed, i ljeṛṛet nnem, nxesr i.
Tesbercend i-dd ass inux, teccend i-dd itri.
Lḥemdu llillah day nfaq bekri. Acrus iṛexfen, nẓeyyṛ i.
Acewwṭ tuɣ sad iffeɣ sukk seṛweṭ, neyy as lljam, nerr i.

Ma fille, ô ma fille, ô toi que j'allais perdre à Paris
Si ce n'était pas mon frère qui s’en était vite aperçu !
Tu allais dépasser tes limites. 
Tu as trouvé la liberté dont ne disposait pas ta mère avant.
Tu faisais ce que tu voulais. De ce que tu détestais, je te disais : « Tu peux le détester. »
Je ne t’ai rien dit sur tes cheveux. Je ne t'ai dit ni de les écourter ni de les garder longs.
Je ne t’ai rien dit sur la mode. Je ne te demandais rien sur ton comportement en femme moderne.
Tu disais : « Le voile est lourd ! » C’est ce que tu disais.
Je t’ai dit : « Mais débarrasse-toi de lui ! »
Tu ne sais pas faire le ménage. Tu n’as pas réussi tes études.
Tu n’as pas appris la cuisine. Tu n’as pas appris le tricotage.
Nous avons perdu ton père à cause de toi.
Tu as assombri ma vie et tu m'as montré les étoiles le jour.
Dieu merci, nous étions vite alertés. Nous avons serré le nœud qui s'ouvrait.
Pour l’âne qui allait quitter l’aire de battage, nous avons remis la rêne et l'avons rendu au groupe.

Année
1988
Artiste référencé
Explication / Paroles / Traduction

Day nettc d ḥbibim, cemm d lalla.
U-lli d leɣrib, la d lbeṛṛani.
Yac tfated xfi la d awal a.
Ha wac tettid nix belεani ?
 

Je suis ton amant, tu es ma chérie.
Je ne suis ni étrange, ni étranger.
Tu es passée devant moi, pas un mot.
As-tu oublié ou c’est bien médité ?

Si cemm ẓṛix, tellid tεezzed ɣri.
Ul inux ixes cemm qbala.
Wa qaε zzin a Ṛebbi ḥefḍ i !
Al umṛaḍa, ul illi bessif.
Mta terzid tett, tenna-y-ac : « La, la ! »
A dd yawey Ṛebbi tenn tt ala nif.
 

Depuis que je t’ai vue, tu m’es chère.
Mon cœur t’aime beaucoup.
Que Dieu garde les beautés !
Les accordailles sont sans contraintes.
Si on la demande et elle dit : « Non, non ! »
Que Dieu envoie celle qui la surpasse.

Ul tɣis lεeṣkeṛ wala lbulis.
Tenna-y-ac : « U cay menwala ! »
Wa tella tecṛeḍ day lmuhendis.
Wa xeṭṛa ɣrem, xeṭṛa rwaḥ ɣri.
Yac assu tella dim twala.
Madabik a dd tased bekri.
 

Elle n’aime ni armée, ni police.
Elle dit : « Je ne me donne pas au premier venu ! »
Elle exige un ingénieur.
Des fois, tu viens chez moi, des fois, je viens chez toi.
Aujourd’hui c’est ton tour.
Le mieux est que tu viennes tôt.

Si yeẓwa wergaz l Fṛanṣa
Qa w xefs illi yeṭṭṛeb wawal a.
Ḥsenεawen tella yeman nnes !
 

Depuis que le mari est parti vers la France
Elle n’a plus de goût pour la parole.
Malheureuse, elle est seule !

Tatbirt ṛabbix teṛwel l itelli.
Zaydex ɣres ; tzayed tεalla.
Ac an d ẓẓheṛ ay ɣri wen nelli.
 

La colombe que j’ai élevée est partie vers la balustrade.
Je me suis approché d’elle et elle s’est envolée au lointain.
C’est que de chance je n'ai pas.

Si jaj n iyṛan sellɣ as tettɣenni.
Tuɣ tsesirid nix tuɣ tettẓalla.
Targa beεda yehwa dd dis lḥenni.
 

Depuis le jardin, je l'ai entendu chanter
Elle lavait ou elle se baignait.
Dans le canal le henné descendait.

Zzin ul ill am Tufeyyeyt.
I ddin nnes tella tettheḷḷa.
Tella tṛebḥ i beεda y ddunit.
 

De beauté on ne trouve guère comme la Figuiguienne.
Dans sa foi, elle est fidèle.
Ceci elle l’a gagné dans la vie d'ici-bas.

Année
1974
Artiste référencé
Vers

Wi sad yini cṛa s yemmas ?
U-lli sad icfeå wawal wala sad icfeå leni.
Ul, tella dis yemma wkk ammas.
Ul inux, muḥall sa dis zaydex åad i lebni.

Yemma d adlas, yemma d ellsas.
Mar aẓetòtòa yeffal wa bla-y-asenni ?
Wa man xellṣ i-dd ayen n umeṛwaṣ ?
Lxir teyyu d ayelwal, winux d uṛan d hippi.

Cḥal d i-dd tåawd i tenfas !
D ṣṣeḥḥ inix d elxayal, alli ynux tu tezzuzn i.
Llix deååix ikk iḍ ed wass :
« Ya Karim, ya Jalal, a sett tṛeḥmed, a ṛebbi ! »

Llix åad d kilu n uysum,
Llix ya ttcatx i rrkul.
Ul tezåif yemma, u yi tlum.
Mta ḍeṛṛex tt, tella teffr i wkk ul.

Tefṛeḥ s mmis : « Illa yettuåum.
Illa ya yelmed biṣbul ».
Ul tezåif yemma, u yi tlum.
Mta ḍeṛṛex tt, tella teffr i wkk ul.

Mi dd irsu lemåac, ibda wesyuḷḷem.
Yemma tekker tterra y beṛṛa.
Nettc mta seqṛex, sad tisi lhemm.
Sad tini mmis yac u ss yui cṛa.

Ayu n wammu w-lli sa ss ifhem
Day mta tadist deg faten warra.

Texleq tadist tiwḍ as dd al yimi.
Sad tṛaḥ i lefjer, ad taym aman.
Walu ṛṛaḥet, walu-y-aimi :
Day nettc i tdiss, aqlil ikk ceṛman.

Mta w-lli d aẓetòtòa, sad tili telmi.
Tella tsirt tettṛaåa yewzan.
Taw dd taqfift, yer dis aseymi,
Ini yi-dd man sḥerrec lmizan ?

Tessen "Ax ac !", ul tessin "Aṛṛa dd !"
U tu tessin manayen lell.
Tuṛaṛt nwem texleq d tamåaṛatt.
Tili temåaṛatt nettata d eccel.

Lxir nnem tu ifaḍ, icatò.
Day wi dd yusen sa zzis inel.
Dima tu tutid taḥennatòtò.
Wa day w ixesn ad itòtòeṛel.

Ul ẓṛix yemma manec ttekk ikk itòeṣ.
Llix tòtòṣex qebles.
Tella tekker dd qebli.
Mta s jaj tezåef, s beṛṛa tella tḍeṣṣ.
Ul tessin manayen "la", tu till qa wl illi.

Mi nreyyeḥ el lmåac, llix waddew yemma.
Mani tella tuṣbiḥt, tella teyr it dd i tma.
ri, åemmeṛ ha dd telluẓ, tella tedjiwen dima.
Qaå may kidi teṛwa tella teṛwa ss d ayetma.

Ul tenni : « Mar dex ! »
Ul tenni teågez.
Qaå llix åad åicex day i may tecrez.
Tjebṛ i-dd ul inux, tedju winns iṛṛeẓ.

Tekkur s tfednin ammn ul ttderrez.
Mta yeḍa xfi ḥedd, aåla tuf a ss teẓẓ.
Mta d nettc aykk iḍan : « Yac ammu qaå lbeẓẓ. »

Si temẓey llan rekkwan al d ac åṛaḍent terdin.
Eyy elxir. Ussan ẓekkwan. Ul ttadja leḥsab l el din.
Mta tennid : « Al imal. », u-lli wi d ac iḍmnen l el din.
Wi disn un nettheḷḷi yella yessexḍa y eddin.
Llbab iṛẓem ṛebbi silli y lḥsanat. Eyy int din-din.
Ya ṛebbi ad ax dd tsemḥed mta nessexḍa d lwaldin.
Ya ṛebbi ad ax tessfeṛḥed. Llan ṛḍan xefnex lwaldin.

Explication / Traduction

Qui dirait quoi que ce soit de sa mère ?
Ni la parole, ni le chant ne le rachèteront.
Mon cœur, ma mère est à son centre.
Dans mon cœur, je n'irai pas ajouter d'édifice.

Ma mère est plafond, ma mère est fondation.
Peut-on tisser sans avoir ourdi ?
Comment m'acquitter de mes dettes ?
Son bien est giron, le mien est paume de la main : minuscule.

Tant de contes elle me racontait !
Réels ou imaginaires, mon cerveau, elle le berçait.
Je prie nuit et jour :
« Ô Généreux, ô Majestueux, ta clémence pour elle, ô Dieu ! »

Quand un kilo je pesais,
De coups de pieds ma mère je rouais.
Ma mère ne s'emportait ni me blâmait.
Si je lui faisais du mal, dans son cœur elle le cachait.

Elle était heureuse de son fils : « Il sait nager.
Il sait déjà jouer au baseball ! »
Ma mère ne s'emportait ni me blâmait.
Si je lui faisais du mal, dans son cœur elle le cachait.

Quand la nourriture était servie, elle commençait les boulettes.
Ma mère est sortie pour vomir en dehors.
Quand je restais tranquille, elle faisait des soucis.
Elle se demandait si quelque chose à son fils n'était pas arrivée.

Ceci ne sera compris
Que d'un ventre maternel.

Elle avait le ventre qui arrivait jusqu'à sa bouche.
Elle sortit dès l'aube pour chercher de l'eau.
Ni repos, ni tranquillité :
Moi dans le ventre, une jarre dans le dos.

Quand elle ne tissait pas, elle filait.
La meule attendait les brisures de blé.
Voilà le plateau, mets y l'éducation,
Dis-moi ce qui ferait bouger la balance.

Elle sait dire : « Tiens ! », elle ne sait pas dire : « Donne-moi ! »
Elle ne savait pas ce que rancœur signifiait.
Vos jeux [mères] étaient rendez-vous d’amies.
Alors que ces rendez-vous d’amies étaient de travail.

Ton bien débordait et dépassait tout.
En verserait qui voudrait.
Tu ceignais toujours tes reins.
[Ne refusera de témoigner] que celui qui ose nier.

Je n'ai jamais vu comment ma mère dormait.
Je dormais avant elle. Avant moi, elle se réveillait.
Emportée elle est à l’intérieur ; de l’extérieur, elle souriait.
Elle ne savait pas ce que "non" signifiait, elle croyait qu’il n’existait.

Quand nous nous asseyions pour manger, j'étais aux côtés de ma mère.
Toute bonne chose, elle la mettait devant moi.
Pour moi, elle n'a jamais eu faim, elle était toujours rassasiée.
Tout ce qu'elle a enduré avec moi, elle l'a enduré avec mes frères.

Elle n'a pas dit : « Ah non ! »
Elle n'a pas dit qu'elle n'en pouvait plus.
Je vis encore de ce qu'elle a semé.
Elle a abouté mon cœur et laissé le sien brisé.

Elle marchait sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit.
Si quelqu'un me faisait du mal, elle souhaiterait le ronger.
Si c'était de ma faute : « Les enfants sont tous ainsi. »

Depuis l'enfance, [les parents] souffrent jusqu'à ce que nos épaules deviennent larges.
Fais du bien. Les jours passent.
Ne laisse pas les acomptes vers l'au-delà.

Si tu dis : « Jusqu'à l'année prochaine.», personne ne te garantira [la vie] jusque là.
Qui ne s'occupe pas de leur bien-être, manque à sa religion.
La porte ouverte par Dieu, exploite-la dans le bien.
Fais-le sur le champ.
Dieu pardonnez-nous si nous manquons à notre devoir envers nos parents.
Dieu égayez-nous.
Nos parents de nous sont satisfaits.

Année de publication
2016
Auteur référencé
Vers

Tenid iåelmen zzin ukk atòtòawen.
Tessned manec tessawaled d wulawen.

Atòtòawen nnem llan ṣfan. D lebḥeṛ
Ibha y tuåumt mikk illa yeṣqeṛ.
Mikk ihij, ul ittidji wi ss ala neåqeṛ.
Day sent n nemwaj a t id izerr.

Mi teḍṣid, banent dd temas.
U dd iqqim wikk ala nessiwel.
Elmejmeå mi dis tellid ukk ammas,
Ttadjid elaci day iteqqel.

Illa wikk iålemn iles nnes d essif
Itekk ajris. Ittatf ukk ammas n eṣṣif.
Tmuli nnem d ṛṛeḥmet, ttawey dd elhif.
Rtaḥn at uṣaṛay, irtaḥ tòtòif.

D zzina n watòtòawen bla-y-asingel.
Tella d twacunt nix tella tercel ?
W ixsen rrijim day a dim iqqel.
Waxxa wl ifḍiṛ, u-lli sad iåqel.
Sers as dd utcu bla tisent, bla ala yeftel.
U-lli sad ifaq d cṛa, sa ss ijel.

Explication / Traduction

Bienheureuse avec la beauté de tes yeux.
Tu sais comment aborder les cœurs.

Tes yeux sont limpides. C'est une mer
Agréable à la natation quand elle est calme.
Quand elle est agitée, elle ne laisse personne la mépriser.
Deux vagues et la voilà rejetée.

Quand tu souris, apparaissent tes dents.
Personne ne peut en parler.
Quand tu es dans un conseil,
Tu laisses les gens les yeux ouverts.

Il y a ceux qui ont un sabre comme langue.
Il donne le froid qui habite en plein été.
Ton regard est clémence, il ramène la brise.
Apaisés sont sa maisonnée et ses invités.

Belle avec ses yeux sans fard.
Est-elle célibataire ou mariée ?
Qui veut observer un régime alimentaire n’a qu’à t’admirer.
Même s’il ne prenait pas son déjeuner, il oublierait.
Sers-lui du couscous sans sel, sans beurre,
Il ne s’en apercevra pas, il l’absorbera.

Année de publication
2016
Auteur référencé
Vers

Si lebåid, sellx i cṛa yteccka.
Si lebåid, sellx i cṛa yẓekka.
Fehmex d eẓẓga n wi sett illa yetta.
Wu d eẓẓga n Gruz d uḍṛaṛ Aẓekkwa.

ṛaḥex ttazzlex, debåex ella
Ad ḥḍix aḍṛaṛ si wi xefs illa yeḍa.

Sellmex s uḍṛaṛ ; irr i-dd esslam.
Inna yi-dd : « A lhell, ha mani tellam ?
U di semmeḥt ammen tesmeḥm i Tela.
Leådu yella ytekk elxaḍeṛ, yuf it texla.

Sad ac jnex. Rwaḥ aley di y tòtòheṛ.
Ad ac dd iban Umeṛuṛ, iban dd Yiẓeṛ.

Abrid isehlen, tellid tessned t. Illa y Tizi.
Mi tellid ukk jenna, leådu ad ac dd iban d izi.

Tellid teqwid, ul ttadja ḥedd a cc iåqeṛ.
Ata leådu, day xazer dis ad iṣqeṛ.

Fus ukk fus, rwaḥ it an nemsutòtòuf.
A di yeṣṛeḥ uåetrus wala-y-aḥelluf.

W ixsen aḥelluf ; a ss iḥḍa.
Tella ers elvillet. A ss iådel i jjeṛḍa.
Σewwel dd zzis, tawey dd tagutòa.
Tella da tyeṛẓiẓt, tella teqwa teḥḍa.
Rwaḥit ri ad tuṛaṛm, a lbeẓẓ.
Lhell nwem d imazien n nåezz ! »

Explication / Traduction

De loin, j'ai entendu une complainte.
De loin, j'ai entendu un cri.
J’ai compris que c’était le cri d’une détresse.
C’est le cri des montagnes Grouz et Azekkwagh.

J’ai suivi le cri en courant
Pour protéger la montagne de ses agresseurs.

J’ai embrassé la montagne ; elle m’a rendu la politesse.
Elle m’a dit : « Ô les miens ! Où êtes-vous ?
Ne m'abandonnez pas comme vous avez abandonné Taghla.
L'ennemi fait ce qu'il veut, il n'a pas trouvé d'opposant.

Je vais me plier, viens monter sur mon dos.
Tu verras Ameghrour, tu verras Ighzer.

Le chemin le plus court, tu le connais, il est à Tizi.
Quand tu es en haut, l'ennemi te paraîtra telle une mouche.

Tu es fort, ne laisse personne te dédaigner.
L'ennemi, lorgne-le, il se calme.

La main dans la main, venez qu'on se tienne.
Broutera en moi le bouc, pas le sanglier.

Qui désire le sanglier, qu'il le garde.
Il a une villa.
Qu'il le laisse dans son jardin.
Prépare-toi et ramène le bâton.
Un lièvre est ici, il est gros et gras.
Venez chez moi jouer, ô enfants.
Vos parents sont des amazighes de gloire. »

Année de publication
2016
Auteur référencé