Yemma

Vers

Wi sad yini cṛa s yemmas ?
U-lli sad icfeå wawal wala sad icfeå leni.
Ul, tella dis yemma wkk ammas.
Ul inux, muḥall sa dis zaydex åad i lebni.

Yemma d adlas, yemma d ellsas.
Mar aẓetòtòa yeffal wa bla-y-asenni ?
Wa man xellṣ i-dd ayen n umeṛwaṣ ?
Lxir teyyu d ayelwal, winux d uṛan d hippi.

Cḥal d i-dd tåawd i tenfas !
D ṣṣeḥḥ inix d elxayal, alli ynux tu tezzuzn i.
Llix deååix ikk iḍ ed wass :
« Ya Karim, ya Jalal, a sett tṛeḥmed, a ṛebbi ! »

Llix åad d kilu n uysum,
Llix ya ttcatx i rrkul.
Ul tezåif yemma, u yi tlum.
Mta ḍeṛṛex tt, tella teffr i wkk ul.

Tefṛeḥ s mmis : « Illa yettuåum.
Illa ya yelmed biṣbul ».
Ul tezåif yemma, u yi tlum.
Mta ḍeṛṛex tt, tella teffr i wkk ul.

Mi dd irsu lemåac, ibda wesyuḷḷem.
Yemma tekker tterra y beṛṛa.
Nettc mta seqṛex, sad tisi lhemm.
Sad tini mmis yac u ss yui cṛa.

Ayu n wammu w-lli sa ss ifhem
Day mta tadist deg faten warra.

Texleq tadist tiwḍ as dd al yimi.
Sad tṛaḥ i lefjer, ad taym aman.
Walu ṛṛaḥet, walu-y-aimi :
Day nettc i tdiss, aqlil ikk ceṛman.

Mta w-lli d aẓetòtòa, sad tili telmi.
Tella tsirt tettṛaåa yewzan.
Taw dd taqfift, yer dis aseymi,
Ini yi-dd man sḥerrec lmizan ?

Tessen "Ax ac !", ul tessin "Aṛṛa dd !"
U tu tessin manayen lell.
Tuṛaṛt nwem texleq d tamåaṛatt.
Tili temåaṛatt nettata d eccel.

Lxir nnem tu ifaḍ, icatò.
Day wi dd yusen sa zzis inel.
Dima tu tutid taḥennatòtò.
Wa day w ixesn ad itòtòeṛel.

Ul ẓṛix yemma manec ttekk ikk itòeṣ.
Llix tòtòṣex qebles.
Tella tekker dd qebli.
Mta s jaj tezåef, s beṛṛa tella tḍeṣṣ.
Ul tessin manayen "la", tu till qa wl illi.

Mi nreyyeḥ el lmåac, llix waddew yemma.
Mani tella tuṣbiḥt, tella teyr it dd i tma.
ri, åemmeṛ ha dd telluẓ, tella tedjiwen dima.
Qaå may kidi teṛwa tella teṛwa ss d ayetma.

Ul tenni : « Mar dex ! »
Ul tenni teågez.
Qaå llix åad åicex day i may tecrez.
Tjebṛ i-dd ul inux, tedju winns iṛṛeẓ.

Tekkur s tfednin ammn ul ttderrez.
Mta yeḍa xfi ḥedd, aåla tuf a ss teẓẓ.
Mta d nettc aykk iḍan : « Yac ammu qaå lbeẓẓ. »

Si temẓey llan rekkwan al d ac åṛaḍent terdin.
Eyy elxir. Ussan ẓekkwan. Ul ttadja leḥsab l el din.
Mta tennid : « Al imal. », u-lli wi d ac iḍmnen l el din.
Wi disn un nettheḷḷi yella yessexḍa y eddin.
Llbab iṛẓem ṛebbi silli y lḥsanat. Eyy int din-din.
Ya ṛebbi ad ax dd tsemḥed mta nessexḍa d lwaldin.
Ya ṛebbi ad ax tessfeṛḥed. Llan ṛḍan xefnex lwaldin.

Explication / Traduction

Qui dirait quoi que ce soit de sa mère ?
Ni la parole, ni le chant ne le rachèteront.
Mon cœur, ma mère est à son centre.
Dans mon cœur, je n'irai pas ajouter d'édifice.

Ma mère est plafond, ma mère est fondation.
Peut-on tisser sans avoir ourdi ?
Comment m'acquitter de mes dettes ?
Son bien est giron, le mien est paume de la main : minuscule.

Tant de contes elle me racontait !
Réels ou imaginaires, mon cerveau, elle le berçait.
Je prie nuit et jour :
« Ô Généreux, ô Majestueux, ta clémence pour elle, ô Dieu ! »

Quand un kilo je pesais,
De coups de pieds ma mère je rouais.
Ma mère ne s'emportait ni me blâmait.
Si je lui faisais du mal, dans son cœur elle le cachait.

Elle était heureuse de son fils : « Il sait nager.
Il sait déjà jouer au baseball ! »
Ma mère ne s'emportait ni me blâmait.
Si je lui faisais du mal, dans son cœur elle le cachait.

Quand la nourriture était servie, elle commençait les boulettes.
Ma mère est sortie pour vomir en dehors.
Quand je restais tranquille, elle faisait des soucis.
Elle se demandait si quelque chose à son fils n'était pas arrivée.

Ceci ne sera compris
Que d'un ventre maternel.

Elle avait le ventre qui arrivait jusqu'à sa bouche.
Elle sortit dès l'aube pour chercher de l'eau.
Ni repos, ni tranquillité :
Moi dans le ventre, une jarre dans le dos.

Quand elle ne tissait pas, elle filait.
La meule attendait les brisures de blé.
Voilà le plateau, mets y l'éducation,
Dis-moi ce qui ferait bouger la balance.

Elle sait dire : « Tiens ! », elle ne sait pas dire : « Donne-moi ! »
Elle ne savait pas ce que rancœur signifiait.
Vos jeux [mères] étaient rendez-vous d’amies.
Alors que ces rendez-vous d’amies étaient de travail.

Ton bien débordait et dépassait tout.
En verserait qui voudrait.
Tu ceignais toujours tes reins.
[Ne refusera de témoigner] que celui qui ose nier.

Je n'ai jamais vu comment ma mère dormait.
Je dormais avant elle. Avant moi, elle se réveillait.
Emportée elle est à l’intérieur ; de l’extérieur, elle souriait.
Elle ne savait pas ce que "non" signifiait, elle croyait qu’il n’existait.

Quand nous nous asseyions pour manger, j'étais aux côtés de ma mère.
Toute bonne chose, elle la mettait devant moi.
Pour moi, elle n'a jamais eu faim, elle était toujours rassasiée.
Tout ce qu'elle a enduré avec moi, elle l'a enduré avec mes frères.

Elle n'a pas dit : « Ah non ! »
Elle n'a pas dit qu'elle n'en pouvait plus.
Je vis encore de ce qu'elle a semé.
Elle a abouté mon cœur et laissé le sien brisé.

Elle marchait sur la pointe des pieds pour ne pas faire de bruit.
Si quelqu'un me faisait du mal, elle souhaiterait le ronger.
Si c'était de ma faute : « Les enfants sont tous ainsi. »

Depuis l'enfance, [les parents] souffrent jusqu'à ce que nos épaules deviennent larges.
Fais du bien. Les jours passent.
Ne laisse pas les acomptes vers l'au-delà.

Si tu dis : « Jusqu'à l'année prochaine.», personne ne te garantira [la vie] jusque là.
Qui ne s'occupe pas de leur bien-être, manque à sa religion.
La porte ouverte par Dieu, exploite-la dans le bien.
Fais-le sur le champ.
Dieu pardonnez-nous si nous manquons à notre devoir envers nos parents.
Dieu égayez-nous.
Nos parents de nous sont satisfaits.

Année de publication
2016
Auteur référencé