La llu, la yudu, msakinat n id yemmatnex !
Ul ḥkiment llu ykk xelqent d tislatin,
Ul ḥkiment yudu ykk llant d timɣaṛin.
Mar may d as teyyu tmɣaṛt ?
Ni autrefois, ni aujourd’hui, nos pauvres mères !
Elles n’ont pas commandé autrefois lorsqu’elles étaient brus.
Elles ne commandent pas aujourd’hui qu’elles sont belles-mères.
Mais qu'a fait la belle-mère à la bru ?
Ixleq memnuε ad tatef l tẓeqqa n ṛṛẓeq.
Ixleq memnuε taḍṣa wala n ujewweq.
May tenna tatta d mamma yxeṣṣ ad ixleq.
Waxxa tewhem temɣaṛt, dima yella ɣres lḥeqq.
Entrer dans la chambre de stock lui était interdit.
Rire, fut-ce par plaisanterie, lui était défendu.
Ce qu’a ordonné tata et mémé devait être exécuté.
La belle-mère a toujours raison même si elle s'est trompée.
Ixleq qaε ul tssin manayen leflus.
Ul tergib s ssenduq illa dis bezzaf inix ḍṛuṣ.
Ul teffir i lbeẓṭam, la wkk cemmuc, la wekk ɣellus.
Mta qaε teẓṛu leflus, day ḍeεεnent s ukk fus l ufus.
La bru ne savait jamais ce qu’est l’argent.
Elle ne voyait pas la caisse et ce qu’elle contenait.
Elle n'a caché d'argent ni dans le porte-monnaie ni dans la bourse ni dans la cruche.
Elle ne voyait l’argent que lorsqu’il circulait d’une main à l’autre.
Mi dd yus urgaz si lexṭeṛt, yawey dd lmelbes.
Mar sad tqedd tesleyt ad tiṛeḍ qbel talwess ?
Memnuε ad teyy tancucc waxxa tella tezεef ad tḍẹsṣ.
Mar tizerzert zzat aɣilas tessalay nnefs ?
De retour de voyage, le mari a apporté avec lui des vêtements.
La bru peut-elle être habillée avant la belle-sœur ?
Se fâcher, lui était interdit. Même contrariée, elle devait garder son sourire.
A-t-on jamais vu une gazelle défier un lion ?
Mi tṛaḥ ammu wala-y-afuḥ l yemmas,
Wa sad d tas, ad taf tella tjemε as cḥal aykk imas :
Aseṛḍ n temɣaṛt d umɣaṛ d urgaz d ayetmas.
Mani tella tamara, tella dis ukk ammas.
Quand elle rendait parfois visite à sa mère,
A son retour, elle trouvait une batterie de linge qui l’attendait :
Celui de la belle-mère, celui du beau-père, celui du mari et de ses frères.
Là où il y avait une corvée, elle s'y trouvait plongée.
Mi wl tqedd tesleyt, u-lli may sa zzis teεdel :
Tamṭṭut i tiddart day mta sad telha d ccɣel.
Amεla w-lli d lecɣal, ha y mmis, mawim d as tercel ?
Aren sad ttec tesleyt ad dd yallel.
Malade, la belle-mère se passait d'elle :
Une femme n'est faite que pour les corvées du foyer.
Si ce n’était pas pour les corvées, pourquoi aurait-elle marié son fils ?
La farine que consommerait la bru serait économisée.
La llu, la yudu, msakinat n id yemmatnex !
Ul ḥkiment llu ykk xelqent d tislatin.
Ul ḥkiment yudu ykk llant d timɣaṛin.
Mar may d as tella ttekk tesleyt ?
Ni autrefois, ni aujourd’hui, nos pauvres mères !
N’ont pas commandé autrefois lorsqu’elles étaient brus,
Elles ne commandent pas aujourd’hui qu’elles sont belles-mères.
Mais que lui a fait la bru ?
Sukk mezwar ay d as tenna twala wkk sired
Nix kulha ad yadr i leksewt ittiṛeḍ.
Ul tssirid i Brahim, la y Σli, la y Muḥemmed.
Mta d mmis, tenna-y-as illa yeqbl, iεemmed.
Dès le début elle a exigé que le linge soit lavé à tour de rôle
Ou que chacun lave son linge seul.
Elle ne lave le linge ni de Brahim ni d’Ali ni de Mohammed.
Quant à son fils [le mari], il a été avisé et il a consenti.
Mi dd tus tebṛaṭt turi wkk jenna d wadday,
Madza teɣṛ it i sṣḍuḥ, madza teɣṛ it ukk ṣaṛay.
Tamɣaṛt tessten s mmis ha y nettet, u d as dd inni cay ?
Teḍṣu tenna-y-as : « La, la, issiwḍ am dd sslam. Anday. »
Lorsqu’une lettre arrive, écrite de haut en bas,
Elle ne cesse de la lire à la terrasse et au patio.
La belle-mère s’empresse de savoir si son fils demandait de ses nouvelles,
Et la bru de rire : « Non, il te passe le bonjour. Seulement. »
Mi tejṛṛ argaz ad dd ḍuṛen qaε Lmuɣrib,
Σlaṭul aḥewwes, ad yili yezzuzzur ljib.
Ad as tini y temɣaṛt : « Nella nṛaḥ an nfewwt aṭbib.
Cemm, a taḥnint n wul, ḥḍa-y-ax dd Najib d Leḥbib. »
Avec son mari, elle fait joyeusement le tour du Maroc,
Tout au long du voyage, l’argent coule à flot.
Elle annonce à la belle mère : « Nous allons voir un médecin,
Toi, ô, la gentille ! Garde nos enfants Najib et Lahbib. »
Tamɣaṛt tejbed dd afuḥ ammu n tleẓẓeyt.
Tenna-y-as : « An nmεawan, nefl ukk rgaz tajllabeyt. »
Lehḍeṛt tutu teffɣ am w issiweln i txabeyt.
Tisi lektab, tutef, teclu teqqen dd xfes lbeyt.
La belle-mère prend un peu de laine.
Elle lui dit : « Aide-moi à filer une djellaba pour ton mari. »
Sa parole reste sans échos comme celui qui parle dans une jarre.
La bru prend un livre et s’enferme dans sa chambre.
Tu beḥṛa llan midden ssiweḍn aydur.
Ul teṣbiṛ asekkwas mar ha yni wl teṣbiṛ yur.
Tenna-y-as i temɣaṛt : « U nax ittfekki day ayṛuṛ.
Tiɣṛi tella tesslemd ax dd kulha ad iεic ḥuṛṛ. »
Une autre [mariée], à peine les ustensiles rangés [de la fête du mariage],
Et sans attendre un an, voire un mois,
Elle dit à sa belle-mère : « Rien ne nous arrange mieux que la séparation.
Les études nous ont appris à vivre libres ! »