Vers

Qebl ala nenni s cṛa,
Awey dd an nini cṛa s leni.

Qa timaziin εelment ccuεaṛa
Day tmazit nnex necni.

Nix miḥmiḥ nnex ittifuḥ l beṛṛa
Al dd nedwel necni d derni ?

Mta nekkes amesmir n tejṛa,
U-lli san ntec lemεac hani.

Nqect alli. S ṭṭul, ad tafem cṛa.

Ayen n ubrid tella teṭṭef tmazit u-lli yecni.

Ya tmazit, neẓẓa cemm aw cḥal ; u dd teffied !
Wac u cemm nessiw nix u cemm nenqic ?

Day tutfed ukk call, ul tekkired.
Aley dd l ujenna, tezzizwed tamurt s leḥcic.

Iḍaq xfem lḥall, kkes asemmiṛeḍ.
U-lli sad am nini ḥṛam wala d lfic.

Mta txellḍed d unexxal, a cemm nessired,
Nesḥidew xefm awal ulyic.

U cemm εawnen at lmall, ul teddired.
U d am ssin lḥelfa wala rric.

Tmazit teẓwa l umeṭṭal qebl ala temṛeḍ.
Necn ay tt illa yneqq. U sett nεawn ad tεic.

Tmazit zzeg nessawal al zzis nṛekkeḍ !
Lehḍeṛt nnex tserreḥ, yac ul tecmic.

Xsen cemm lεuqqal, ssnen may teqqaṛed.
Fehmen cemm at lejmaεet d txerbicc.

Bab nnem d lḥuṛṛ, issen day nican.
Ul issin lecc wala ttxercic.

Cbeh bab nnem tεelmed ccan
S uensu yeṣfan bla-y-aqebbic.

Explication / Traduction

Avant de chanter quoi que ce soit,
Allons dire des choses sur la chanson.

Tous les parlers amazighes ont des poètes
Sauf notre parler à nous.

Où notre "mihmih" sent vers l'extérieur
Au point de faire de nous les derniers ?

Si nous ôtons le clou du plat,
Nous ne mangerons pas en paix.

Grattez la tête.
A la longue, vous trouverez des choses.

La voie que prend tamazight n'est pas la bonne.

Ô tamazight, nous t'avons plantée depuis longtemps mais tu n'as pas poussé !
Ne t'avions-nous pas arrosée, ne t'avions-nous pas binée ?

Tu es restée sous la terre, tu n'as pas poussé.
Monte vers le haut et verdoie la terre d'herbe.

Si tu étouffes, enlève le voile.
Nous ne te dirons pas que c'est illicite ni c'est de l'apparat.

Si tu es mélangée de son de blé, nous te laverons
Et de toi les mauvais propos nous écarterons.

Tu n'as pas été soutenue des riches, tu n'as pas mendié.
Ils ne t'avaient étalé ni alpha ni plumes.

Tamazight est partie vers l'enterrement avant qu'elle soit décédée.
Nous la tuons. Nous ne l'avons pas aidée à vivre.

Tamazight avec laquelle nous nous exprimons et dansons !
Notre verbe est droit, il n'est pas froissé.

Les sages t'aiment, ils savent ce que tu exprimes.
Tu es comprise par ceux de la commune et ceux des confréries.

Les tiens sont honnêtes et ne connaissent que la droiture.
Ils ne savent pas ce qu'est tricherie ni tournures.

Sois comme les tiens, aie du prestige
Avec un visage pur, sans égratignure.

Année de publication
1980
Auteur référencé
Vers

Seεdat wi yuznen yemmas l lḥjj ad tẓuṛ.
Lqeblet zzates, day ad qebbel, tkebbeṛ.

Seεdat wi deg iṛaḥ ppas l lḥjj ad iḍuṛ
Bin Ṣṣafa d Lmeṛwa ad istefeṛ.

Jemεen dd lḥejjaj, mlaqqan i Sidi Menṣuṛ.
Isin din dduεa. Qaε lεalam iḥḍeṛ.
Lḥakem n njiṛan ata yella yjuṛ.

W illa yettazzl i lxir, ṛebbi a ss inṣeṛ !

S lḥajjat d id lḥaj lkaṛ itcuṛ.

Ttrid ukk ass deg ẓwan day ittmenqeṛ.

Nyen i ṭṭeyyaṛt, qeḍεen lebḥuṛ.
Tehwa xefsn i Jedda y l lεaṣeṛ.

Bdan i ddiker n ṛebbi d ṣṣlat εla ṛṛṣul
Si mi din ihwa lḥaj al d inḥeṛ.

I Jbel Σaṛafa ṛejmen s uḥjuṛ.
Aman, Bir Zemzem day ittceṛceṛ.

Iwyen dd si tcucay aed ttsabeḥ d lebxuṛ
Mala nessfṛeḥ ṣṣebyan d temeṛ.

Ma bin iṛaḥ d yisa, ul imdi wyur.
Day afuḥ n nkuṛaj d lmall d ṣṣbeṛ !

Tiweḍ dd tebṛatt : « Llan usen dd, feṛḥet tennim !
Yyt uṛaṛ, tesseḥmam, teslulim. »

I cṛa d tiddart n nḥaj, ccṭuḥ d rrduḥ.
Mta wl idzi wṣaṛay, ssat i ṣṣḍuḥ.

Ikk iḍ n yisa, kulci mujud :
Cṛa yqabl asiley, cṛa yettmud.

Miεad Tacṛaft mi dd iṣbeḥ lḥall.
Wi dd illa yekker bekri yiwḍ Alal.

Σeṛḍen dd i lḥejjaj. ẓṛen Mekka, seεdathum !
Mḥan ddnub n ddunit, tthennan i lehmum.

Mṛeḥba, mṛeḥba bikum
A yinn iẓuṛen nnabi.

Mṛeḥba, mṛeḥba bikum
A yinn dg ifeṛ Sidi ṛebbi.

Explication / Traduction

Heureux qui envoie sa mère au pèlerinage pour qu'elle visite.
La qibla devant elle, il suffit qu'elle s'oriente et prie.

Heureux pour qui le père est parti en pèlerinage faire un tour
Entre Safa et Maroua et se repentir.

Les pèlerins se sont réunis et rencontrés à Sidi Mansour.
Ils y ont prié. Tout le monde y était présent.
Le gouverneur de nos voisins est vraiment arrogant.

Qui fait du bien, Dieu lui assure une victoire.

De pèlerins, hommes et femmes, le bus est plein.

"Ttrid" le jour de leur départ abonde.

Ils montent sur un avion et traversent les mers.
A Djedda, il atterrit l'après-midi.

Ils priaient Dieu et évoquaient son prophète
Depuis qu'ils ont atterri, jusqu'au sacrifice.

Au Djebel Arafat, ils ont lapidé [le diable] avec des pierres.
A Bir Zamzam, l'eau coule à flot.

Ils ont amené en bonnets, chapelets et encens
De quoi égayer les âgés et les enfants.

Entre leur départ et leur arrivée, ils n'ont pas fait un mois.
Un peu de courage, d'argent et de patience !

Une lettre est arrivée : « Ils arrivent, égayez-vous et chantez !
Organisez des fêtes, activez-vous et youyoutez ! »

Chants et danses dans toutes les maisons de pèlerins.
Préparez les terrasses, si le patio ne suffit pas.

La veille de leur arrivée tout était prêt :
Certaines [femmes] fumaient le couscous, d'autres le roulaient.

Rendez-vous à Tachraft au crépuscule.
Les matinaux vont jusqu'à Aghlal.

Ils accueillent les pèlerins. Bienheureux, ils ont vu la Mecque !
Ils ont ôté leurs pêchés et se sont débarrassés de leurs soucis.

Bienvenus, bienvenus
Ô vous qui avez visité le Prophète.

Bienvenus, bienvenus,
Ô vous à qui le Dieu a pardonné.

Année de publication
1980
Auteur référencé
Vers

Bnadem maxef mma
Yella yεic, ixeṣṣu ad ixdem.

Wa d argaz ad iḥezzem.
D tameṭṭut ad tellem.

D awessar ad iεder lhemm,
Yuc it i kebbeṛ, sellem.

Ddunit tella tfat.
"Σemda εla faεel lεaṛ"!

Mta d argaz,
Ul ixelleq d ameεgaz.

A dd ikker i lefjer
Ammen a dd iṣewweṛ
May zzeg ala yefḍeṛ.

Wa xaṭih aqesser,
Ixeṣṣ ad iweffeṛ.

May zzeg ala yessifat tewser.

Yac mta d tameṭṭut,
Ad telmed taynnut

D tduri d ubeṛcem.
Yac ṭṭuft illa dis lhemm.

Yac wass aḍiṛaṛ
Tili tqabel tazgawt,
U dd tterri wla d ssekkwar
Teswu tmeẓḍawt.

Yac mta d awessar,
Ad iqqim i luqeṛ.

Wa xaṭih amenqeṛ.

Mikk reyyḥen i Lejmaεet
Qqimen bla ṣṣenεet.

ṛṛaḥt may sa dd tawey ?
Day asekter n ddeyy.

Lehḍeṛt n iwessaren,
Manayen qqaṛen ?

– Ukkin ayen n mmis ifaten s ujebbuj ?

Ad as dd yini yedjen sikk idis : – Ha d mmis n Xedduj.

– Ha y flan, mar dd yus ?
Nix idjiwen leflus ?

– Assu yṛewweḥ dd bekri,
Mar yuḥl i Pari ?

Ul izi day idjen.

Ifat s uclif n ulum.
I dd yiweḍ, iyr i xefsen.

Explication / Traduction

Tant que l'homme
Existe, il doit travailler.

Le mari ses reins ceindra.
La femme sa laine filera.

Le vieux serein restera
A ses prières, il se consacrera.

La vie est éphémère.
Malheurs à ceux qui font du mal !

Parlant de l'époux,
Il ne doit pas se comporter en paresseux.

Il se lèvera dès l'aube
Pour gagner
De quoi déjeuner.

Il évitera les veillées nocturnes,
Il doit épargner
De quoi passer sa vieillesse.

Parlant de l'épouse,
Elle doit apprendre la couture,

Le tricotage et la broderie.
Le tissage reste une souffrance.

La journée durant
Elle reste auprès de son couffin,
Elle ne gagne même pas le sucre
Qu'elle a fait boire à son assistante.

Parlant du vieux,
Il doit prendre ses distances.

Il ne doit pas vagabonder.

Quand à Lajmaat, [les vieux] s'y réunissent
Sans activité ils demeurent.

L'oisiveté que rapporte-t-elle ?
Rien que le bavardage.

Dans leurs propos de vieux,
Que disent-ils ?

– De qui est ce garçon qui passe avec une tignasse ?

A l'autre de lui répondre du côté : – C'est le fils de Khattouj !

– Et Untel, pourquoi est-il venu [de l'étranger] ?
Où a-t-il de l'argent assez ?

– Aujourd'hui, il est venu très tôt,
En a-t-il assez de Paris ?

Bien a fait celui

Qui passait avec un gros sac de foin.
En arrivant, sur eux il l'a déversé.

Année de publication
1980
Auteur référencé
Vers

Day nettc d ḥbibim, cemm d lalla.
U-lli d lerib, la d lbeṛṛani.

Yac tfated xfi la d awal a.
Ha wac tettid nix belεani ?

Si cemm ẓṛix, tellid tεezzed ri.
Ul inux ixes cemm qbala.

Wa qaε zzin a ṛebbi ḥefḍ i !

Al umṛaḍa, ul illi bessif.

Mta terzid tett, tenna-y-ac : « La, la ! »
A dd yawey ṛebbi tenn tt ala nif.

Ul tis lεeṣkeṛ wala lbulis.
Tenna-y-ac : « U cay menwala !
»

Wa tella tecṛeḍ day lmuhendis.

Wa xeṭṛa rem, xeṭṛa rwaḥ ri.
Yac assu tella dim twala.

Madabik a dd tased bekri.

Si yeẓwa wergaz l Fṛanṣa
Qa w xefs illi yeṭṭṛeb wawal a.

ḥsenεawen tella yeman nnes !

Tatbirt ṛabbix teṛwel l itelli.

Zaydex res ; tzayed tεalla.

Ac an d ẓẓheṛ ay ri wen nelli.

Si jaj n iyṛan sell as tettenni.
Tu tsesirid nix tu tettẓalla.

Targa beεda yehwa dd dis lḥenni.

Zzin ul ill am Tufeyyeyt.

I ddin nnes tella tettheḷḷa.
Tella tṛebḥ i beεda y ddunit.

Explication / Traduction

Je suis ton amant, tu es ma chérie.
Je ne suis ni étrange, ni étranger.

Tu es passée devant moi, pas un mot.
As-tu oublié ou c’est bien médité ?

Depuis que je t’ai vue, tu m’es chère.
Mon cœur t’aime beaucoup.

Que Dieu garde les beautés !

Les accordailles sont sans contraintes.

Si on la demande et elle dit : « Non, non ! »
Que Dieu envoie celle qui la surpasse.

Elle n’aime ni armée, ni police.
Elle dit : « Je ne me donne pas au premier venu ! »
»

Elle exige un ingénieur.

Des fois, tu viens chez moi, des fois, je viens chez toi.
Aujourd’hui c’est ton tour.

Le mieux est que tu viennes tôt.

Depuis que le mari est parti vers la France
Elle n’a plus de goût pour la parole.

Malheureuse, elle est seule !

La colombe que j’ai élevée est partie vers la balustrade.

Je me suis approché d’elle et elle s’est envolée au lointain.

C’est que de chance je n'ai pas.

Depuis le jardin, je l'ai entendu chanter
Elle lavait ou elle se baignait.

Dans le canal le henné descendait.

De beauté on ne trouve guère comme la Figuiguienne.

Dans sa foi, elle est fidèle.
Ceci elle l’a gagné dans la vie d'ici-bas.

Année de publication
1979
Auteur référencé
Vers

Yaḷḷeh, ya meskin day ṣbeṛ i lehmum !
Lhemm cḥal mma yeṭwal, u-lli sad idum.

Wa qa wl illi meḍlum day lmeṛum.

id i-dd i tenfas al dd yaley wass.
Mta yisi yi yiṭes, "mafiha bass".

Tbeε lḥiḍ, lḥiḍ. ṛebbi d lḥafiḍ.

Ô belle, tu es comme un roi.
A zzina tellid am ujellid.

Wa kulci nnem ycnu, la d bununu !

Immuter cemm, ijnu. Wa ḥen εawnu !

Zzin nnem ikmel bla-y-asingel.

Iḥsed iyi lεadel i tu san nercel.

"Naṛi ya naṛi !" Teffe si teṛi.

Elle s'est inscrite dans un club pour apprendre à tricoter.
Tutef nnadi, ad telmed taduri.

Teṛu telt chuṛ, tecṛeḍ lajenyuṛ.

Teqqim d wu, u-lli d wu, al din tbur.

Explication / Traduction

Oh malheureux, patiente-toi dans tes souffrances !
La souffrance aussi longue soit-elle ne sera pas éternelle.

Il n'y a d'injustice que pour l'amoureux.

Raconte-moi des histoires jusqu'au lever du jour.
Ce n'est pas grave si je m'endors.

Suis mur après mur. Dieu est gardien.

Ô belle, tu es comme un roi.

Tout en toi est parfait même le collier !

Pitié pour lui !
[Le prétendant] t'a vue et il s'est effondré.

Ta beauté est parfaite sans parler du fard.

Le notaire m'a envié quand nous allions nous marier.

Quel malheur ! Ses études elle a quitté.

Elle s'est inscrite dans un club pour apprendre à tricoter.

Après trois mois d'étude, elle a exigé un ingénieur comme époux.

Elle est restée à refuser les prétendants au point de rester vieille fille.

Année de publication
1979
Auteur référencé
Vers

Ruḥ, ay anexdam a dd tawyed lidam.
Ata lmall n nejdud u-lli sad idam.

Wa ta yeffe si teṛi, iẓwa l lxarij.
Illa yṛaḥ l Ppari, yuḥel i tthimij.

Inna-y-as i yemmas : « Jujd i-dd lbaliz !
Tella tus dd lkunṭṛa ; ad ṛaḥex l Bariz.
»

Tenna-y-as : « A wldi, tellid d ameẓẓyan !
Ul εad xefc iwjib leblad n Iṛumyen.

Mta-y-anak texsed, wa qal cc si tzufrit.
Llix ḥarex zzic si cṛa n tṛumit. »

Inna-y-as : « A yemma, mawim ayu n ddunit ;

Ukan necni nεic day i tdwirit ?

Mar h an nṛaḥ an neqql mani zzg ala na.

An nṛaḥ an njeṛṛeb may d ax ala nessufe !
»

Tenna-y-as : « A weldi, ha mar ad icen ?
Wa day qabl iyi al mi d ac nercel.

Iwa la ya teẓwid, ssyin l el din,
Tellid teẓwid mhenni si ljihet n nwaldin.
»

Argaz ihwa, yuley, inna : « Ya Laṭif !
Tellid treddzid a yi teyyed i lmendif.

Ammen ala reclex, lmall inzu bessif.
Ul tufid wala d ayniw i lexrif.
»

Tenna-y-as : « A weldi, iwa ḷḷa yehdik !
Mta texsed, rrbeḥ, wa qal cc si ttbeεkik !
»

Ikker iḥezzem, ittkel s ṛebbi.
Ul temdi sebεeyyam, iqqes dd i ccanṭi.

Abrid nnes iserreḥ, qaε u dis iεḍil
Al d yiweḍ lbit nnes i luṭil.

Ikker inehhej din cṛa n yumayen.

Iẓṛu dis lεedjeb i tmurt n Iṛumyen.

Ixdem din asekkwas, idwel dd am leqcert
S lefhamat n ccifan d zzεaf n neεcert.

Mani yella wṣebbeḥ wala yella wejris,
Tafed t din i beṛṛa yettṛaεa ṭṭubiṣ.

Mikk ikemmel, i lejwayeh n tmeddit,
Sad iṛaḥ nican ad iwεed l lbit.

Ul iẓẓiṛ lqehwa wala ssulima.
Day abrid nnes itta zzis dima.

Mi yiweḍ lbit, yaf imeddukal :
Cṛa yuf i tṭaṛ as, cṛa yella yuḥel.

Idjen ad issired, idjen iseyyeq.
Wu mta yxeṣṣ cṛa, a t id isewweq.

Tadwireyt nsen "ma cett lik ma nεid" :
Cṛa yeṭṭeṣ s cṛa day am leṛwaf.

Xelqen din s εecṛa, εad u-lli bezzaf.

Mi n was n nḥedd, walu-y-areyyeḥ.
Amcan illa ywessex d cṛa yjeyyeḥ.

Mani deg sad afen cṛa n nnacaṭ ?
L ssaεet n yiṭeṣ mta εad tcaṭ dd (tcaṭ ṭ).

Qaε anccu y leεdab day s tinn ammu.
Argaz kulci yeẓṛ i, qaε majjabu.

ṛebbi yella-y-asn ukk uyen n izufray.
D ax dd illa yessiεic tamurt n Ifeyyey.

Llan din "cibeεḍin, naṛi ya naṛi" !
Jmiε may dd iṣewweṛ, iyr i y lkabaṛi.

Llan faten din cṛa n εecṛ snin,
Aqbun i lbeẓẓ nsen u d asen ss bnin.

Mikk illa wejris iwεed lqehwa.
Yut it εla ṣeṭṭac, yuf as lehwa.

Mikk ibda y lppukiṛ nix i lbazga,
Yini : « Lbeẓẓ ad εicen s baẓuga !
»

Mi yejmeε juj fṛenk, iṣṣuḍ as ukk alli.
Iṛaḥ iyr it i ttirsi amzun ul telli.

Mi d ac iameṛ d cṛa n tẓeεṛay,
Itta wi res din illan ikk Feyyey.

Explication / Traduction

Va, ô ouvrier, chercher la nourriture.
Le legs des ancêtres ne durera pas longtemps.

Il quitte les études et s’en va à l’étranger.
Destination Paris, il a assez de l’oisiveté.

Il dit à sa mère : « Prépare-moi ma valise !
Un contrat de travail m’est venu de Paris.
»

Elle lui dit : « Mon fils, tu es encore petit !
Tu n’as pas encore l’âge des pays des Roumis.

S'il te plaît, renonce à cette vie d'émigré.
Je crains pour toi qu'une Européenne [te prenne]. »

Il lui dit : « Pourquoi une telle vie, ô mère ;

Sommes-nous obligés de vivre toujours dans une masure ?

Il faut que j’aille trouver d'autres horizons

Pour tenter ce qui me sera bon !
»

Elle lui dit : « Ô mon fils, est-ce convenable ?
Reste avec moi jusqu’à ce qu’on te marie.

Même si après tu t’en vas là-bas,
Sans souci du côté de tes parents tu partiras.
»

Le fils médite et dit : « Ô Clément !
Toi, tu cherches à me pendre au piège.

Pour que je me marie notre terre a été vendue.
On ne trouve même pas une datte, l'automne.
»

Elle lui dit : « Mon fils, que Dieu t'oriente [vers le bon].
Si tu veux réussir, évite la dérision. »

Le fils se lève et se lance, sur Dieu il comptait.

Au bout d’une semaine, il se trouve dans des chantiers.

Son trajet est droit.
De temps il ne lui prend pas
Jusqu’à ce qu’il rejoigne sa chambre à l’hôtel.

Deux jours de repos il a pris.

Il a vu des merveilles au pays des Roumis.

Il y a travaillé une année et est devenu [pâle] comme une peau [de grenade]
A cause des ordres des chefs et des problèmes de la vie de société.

Dès le petit matin même s’il fait froid,
On le trouve attendant le bus hors [de son toit].

Quand il termine [sa journée] vers le soir,
Vers sa chambre il va tout droit.

Il ne voit ni café ni cinéma.
Il prend toujours le même chemin.

Quand il arrive dans sa chambre, il retrouve ses amis :
Certains ennuyés, d’autres épuisés.

L’un lave le linge, l’autre essuie la terre
Et l'autre achète ce qui manque.

Leur taudis ne vaut pas qu’on en parle :
Ils dorment les uns sur les autres comme dans des tiroirs.

Ils habitent à dix et ce n’est pas assez dit.

Le dimanche sans repos.
Le lit est sale et pourri.

Où trouveraient-ils un moment de jouissance ?
Au temps du sommeil s’il en reste.

Tout ce malaise c'est pour l’argent.
L’homme endure tout, il n'en fait pas de souci.

Que Dieu soit avec ces émigrés-là
Qui font vivre Figuig.

Il y a certains émigrés, quel regret !
Ils mettent tout l’argent gagné au cabaret.

Ils y sont depuis plus de dix ans.
Pour leurs enfants ils n’ont pas construit de maison.

Quand il fait froid, il se dirige vers le café.
Il plonge dans l’oisiveté et cela l'arrange.

Quand il entame les jeux de poker ou de carte
Il se dit que ses enfants vivront de la laine.

Quand il amasse deux sous, une idée lui vient.
Il va les jeter au tiercé comme s'ils n'ont pas existé.

Quand avec des blondes il s’aventure,
Il oublie ceux qu’il a laissés derrière lui à Figuig.

Année de publication
1978
Auteur référencé
Vers

Ṣṣaḍaqet iyy it ṛebbi ad tester.
U-lli cay s lebwaq wala s lhaṛaj.

Cṛa may teyyid ; ṛebbi sa ss immater
La texleq i ṣṣḍuḥ, wala y txabit i jaj.

Tella tmeṭṭut un nettṛiḍi ad tetter
Aεla tettawey dd yur deffer afedjaj.

Yyix ṣṣaḍaqet, xesrex lemlayen.
Ssetcex lebεid, syiwnex leḥbab.
Lakin rjitex ! H agzet manayen !

Idjen n bnadem yus dd iṛẓem lektab.

Inna yi-dd : « Usix dd rec d lmeṛṣul.

May teyyid innaṭṭ u d ax dd iεjib cay
Waxxa s ddisir n uḍil d umlul.

Qa wl idji ṛebbi wi wen nerdif atay.

Tesεin i lmya n inn tesstced innaṭṭ
Llan ifen cc i lmall, ifen cc i ṛṛẓeq.

Tellam tufem lmall illa yḍaε, icaṭ.
Lmeskin lḥuṛṛ nnit ad εad ifaq.

Day leflus zzeg tesid ajeεmey
Ad issefṛeḥ cḥal ay thejjalt,
Ad ixelleṣ qa tfawt n Ifeyyey
N inn iεlmen day yicc n tbewwalt.

Explication / Traduction

La charité Dieu l'a voulue discrète.
De bruit ou de cris non faite.

Dieu voit tout ce qu'on fait
Que se ce soit sur une terrasse ou dans une jarre, à l'intérieur.

Il y a des femmes qui n'osent pas mendier
Quitte à passer un mois derrière l'ensouple [du métier à tisser].

J'ai organisé un banquet, j'ai dépensé des millions.
J'ai nourri des étrangers et rassasié les proches.
Mais j'ai fait un songe. Devinez de quoi !

Un homme arrive et ouvre un livre.

Il me dit : « Chez toi, je suis envoyé.

Ce que tu as fait hier ne nous a pas plu
Même avec le dessert de raisin et de melon.

Personne n'est resté sans boire deux fois le thé.

La majorité de ceux que tu as nourris hier
Te devancent en fortune et en biens.

Vous trouvez l'argent perdu et en excès.
L'humble pauvre prendra conscience après.

L'argent avec lequel tu as acheté le veau [du banquet]
Suffira à nourrir tant de femmes déshéritées
Et à payer, à Figuig, toutes les factures de l'électricité
De ceux qui n'ont qu'une seule ampoule.

Année de publication
1977
Auteur référencé
Vers

Lmall, lmall !
Ya syadi, kulci s lmall.

Iyyu-y-abrid i lebḥṛ, iṭeṛṛeḥ iḍuṛaṛ.
Yac day s lmall aykk imesfṛaq lbacaṛ.

Cṛa yzeddε i texyamt, cṛa y leqṣeṛ.

Idjen dima yella yilez dd yaẓiḍ i leṭaṛ,
Idjen day insu s teḥrirt bla-y-ameṭṭaṛ.

Mi dis teqqled d argaz illa s umar.
Iṛḍa s ddell illa yisi ss s uqenḍaṛ.

Yuc ac ṛebbi lhanet.

Yif ac ṭṭeṛṛ.
Wala tenzid s ḍuṛu, tessudned ḍaṛ.

Yellis n naṣel mar tezznuz iman nnes s ḍuṛu ?

Tenn n temnṭṭac, yac s ṭṭmeε, tiwy awessar.

Ha cekk tenid al-d tenid ; mawim lmall ?
Mar sa kidec tisid cṛa l umeṭṭal ?

Ayen n umaṛ ac qaε tessnem ss d aḍeṛal,
Illef innaṭṭ. Nella nsell assu sad ircel.

del lxir, mta texsed, tbeεεded lεaṛ.
Tkesbed melyun nix melyaṛ ; kulci l ucall.

Ixleq d lmeskin.

Cḥal d ṭṭṛif ! Tu issawal.
Assu, aεla yuf la d tamurt a zzis iṛḥel.

Explication / Traduction

Argent, argent !
Messieurs, tout ne se fait que d’argent.

Il fraie un chemin dans la mer et aplatit les montagnes.
C’est par l’argent que les hommes sont différents.

Certains sont éparpillés dans des tentes, d’autres dans des palais.

L’un laisse toujours un poulet dans son assiette,
L’autre dîne avec une soupe dépourvue même de graisse.

Quand on le voit, c’est un homme avec une barbe.

Mais il vit dans la honte qu’il porte comme un fardeau.
Que Dieu l'humilie.

Cela vaudrait mieux qu’un mal pour lui.
Même vendu avec de l’argent, il baise les pieds.

Fille de bonne famille se vend-elle avec l'argent ?

Fille de dix-huit ans, de convoitise, épouse un vieillard.

Te voilà richissime ;
pourquoi la fortune ?

Que vas-tu prendre avec toi vers le tombeau ?

Ce riche que vous connaissez tous comme aveugle
A divorcé hier. Aujourd’hui nous avons entendu qu’il va se remarier.

Fais du bien et évite le mal.
Que tu possèdes des millions ou des milliards ;
tout sera destiné au sable.

Pauvre, il était adorable, il communiquait bien.
Aujourd’hui, il voudrait même quitter sa terre.

Année de publication
1977
Auteur référencé
Vers

Ssbab d ccṛab, a leḥbab, ssbab d ccṛab !
Ifṛeq ljaṛ aed ljaṛ, ifṛeq leḥbab.

Yac ccṛab iḥeṛm i Mulana.
Necni nεemmeṛ zzis tiḥuna.

Cḥal aykk syiwenx i Yamina
Waxxa w d i-dd teyyi cṛa meskina.

Wala d ḍuṛu y ljib.
Mar u-lli cay d lεib ?

Tamensiwt i lqehwa.
Walu qaε mta an neẓwa
Al ikk ncumer.

laṭul illa yiḍ,
Llix day si lḥiḍ l lḥiḍ
Al dd yaweḍ lefjer.

Yicc n temddit neffe dd si tiddart,
Mlaqix din d yicc n twessart :
Tuley tawrirt, icaṭ dd lenyat.

Ccṛab issiban i t dd d taqeyyart.

Nni as : « Manec tellid ? »
Nettata day am uyeddid.

Tekker meskina teṛwel.
Askarjey tu iεewwel
A sett infeḍ, yisi tt.

Ccṛab ul iεlim leḥya.
Yawdi : « Yeḥya lmufid yeḥya,
Inna ss Lxawet. »

Llan ci beεḍin i lεaṛab ac xlaṣ :
Azgen i ccṛab si may dd ixelleṣ.

Tlata yeṭṛu, illa res am lfeṛḍ.
Izzenz lmall. Qaε ul iεlim lεeṛḍ.

Idju tameṭṭut i laẓ.
Ha mar an nini d argaz ?

Aεṛaben sswen abelbul s lbirra, yyen tt i lefḍuṛ.
U cay d ṭṭayet ?

Isin ai l temdint. emmṛen dd ayendubu s rruj.
Ul cay d lhanet ?

Ljennet s baṭel. Ma yella wi sad iṛaḥ ?
Tamezgida qrib ay tt nṣeṛṛeḥ.

Jahennama tella s ttexliṣet.
Mta wel tbekkred, teẓwa leblaṣet.

Sijjilmassa d Pikin
Jemεent leflus n nmeskin.

Ya meṛḍi lwalidin !
Ittheḷḷan i lquṛan d ddin.

Ata yella yṛebḥ i.
Wikk ala yerr blis ;

Lqeṛεet dima ykk dis,
Wata tella tjeṛḥ i.

Explication / Traduction

La cause c'est l'alcool, ô proches, la cause c'est l'alcool !
Il sépare des voisins, il sépare des proches.

L'alcool est prohibé par Dieu.
Nous en remplissons nos boutiques.

Tant de fois j'ai battu Yamina
Même si la pauvre ne m'avait rien fait.

Pas un sou dans la poche.
N'est-ce pas une honte ?

Veillée dans les bars.
Impossible d'en partir
Jusqu'à perdre nos sous.

Tout au long de la nuit,
Je chancelais de mur en mur
Jusqu'au petit matin.

Un soir, à la sortie de la maison,
J'ai rencontré une vieille :
La centaine passée de très loin.

L'alcool me l'a montrée comme une pucelle.

Je lui ai dit : « Comment vas-tu ? »
Elle était comme une outre.

La pauvre a pris la fuite.
L'ivrogne [que j'étais] voulait
La faire tomber et la prendre.

L'alcool n'a pas de probité.
Ô gens : « Que vive le sérieux
Lkhaout l'avait dit. »

Il y a des cas encore plus graves parmi les musulmans :
La moitié de leurs salaires pour l'alcool est réservée.

Trois litres, pour lui c'est un devoir.
Il a vendu même l'héritage. Il n'a pas honte.

Il a affamé sa femme.
Peut-on dire qu'il est homme ?

Des nomades ont arrosé leur couscous de bière et en ont fait un déjeuner.
N'est ce pas une arrogance ?

Ils ont pris du petit-lait vers la ville. Ils ont rempli leur baratte de vin rouge.
N'est ce pas un déshonneur ?

Le paradis est gratuit. Qui voudrait y aller ?
Nous avons failli fermer la mosquée.

L'enfer coûte un salaire
Si l'on n'y va pas tôt, il n'y aura pas de place.

[Les boîtes] Sijilmassa et Pékin
Ont amassé l'argent des indigents.

Ô toi de qui les parents sont satisfaits !
Toi qui t'occupes du Coran et de la religion.

Tu as bien agi.
Celui que le diable a entraîné ;

La bouteille toujours à ses côtés,
Elle va le blesser.

Année de publication
1977
Auteur référencé
Vers

Ahya lwacun, ha sedet ri
L yicc n tenfuss i wi tt un neẓṛi.

Mεayarent sent n twacunin,
Yicc si leblad d yicc si beṛṛa.
Si ṣṣbaḥ llant din al tizzarnin.
Lmuqabalet tan tenzu tela.

Lbeṛṛaneyya tebda y lehḍeṛt.
Yellis n neblad teṣqeṛ i temert.

Tenna-y-as : – « Leεqab n ddunit,
Cḥal jaṛ am d tṛumit !

Iwa qqel dd ri, tessded mliḥ,
A tawessart iṭṭfen ttesbiḥ !

Iwa may zzeg sad am dd bdix ?
Wac si lḥayat nix si lmaεicet ?
Teẓṛid lbanan, teẓṛid lbettix ?
Ya mta d leksewt, tiṛḍed ccayet.

Ya mta tennid tεelmed tiyni,
Necni d rruj ad Lmaṛtini.

Ya day ukk ass tεelmed abelbul
Ad ccuṛba y cṛa d tameddit.
Mi twezzεem, tesem aqelqul.
Qaε mta bezzaff

Tu manges des brisures de blé le matin
Et les vermicelles tous les soirs.
Au boucher, c’est une tête que vous vous payez.
Au mieux, un demi-kilo de viande vous achetez.
aṛḍel n tqedditt.

Teẓṛid lḥubb inix lḥabib ?
Yac twalfed day leḥcic d leqlib.

Teẓṛid lbaṛ nix ssulima
Nix tḍuṛd ad wi texsed ?
»
– « Iwa wl tehbiled, a yellis n yuma :
Wa day mmunsew, tekkerd ad teṭṭṣed.
»

– « Rrcel ncemt, "ma cett lik ma nεid" :
Ha yni yi-dd yudu cemm, wi er tellid.

Al llilt n usray d leḥnni
Ad am inint : « Kker, a yelli.
Illa yerza cemm urgaz lhani.
Ha qa wl ixliq wala sad yili.»

Necni, mtanak u kides nεic,
Neẓṛ i wac d uṣbiḥ nix d ulyic.

Mta nemtafaq, nekker nexṭeb.
S rrcel ḍakuṛ ad ixleq menbeεd.
An nembeddal tiwinas n ddheb,
Iwa nsellem "xedd εla xedd".
»

Yellis n neblad iaḍ it lḥall.
Yac qrib qaε ay d as tkeḥḥel.

Wa tenna-y-as : – « Bent lmeḥḥṛuqa !
Tusid dd ri, a xfi da tfehmed !
Ac an wah, a yellis n Beṛqa.
Tessend ṛebbi nix Muḥemmed ?

Necni d lεib ernex d aεuṛiḍ
Tameṭṭut iffen bla wl tettesmiṛiḍ.

Nettc ad yicc tu ammu nekkur.
Inna-y-ax dd idjen akides nḍuṛ.

Ma bina day nuc as aḥjuṛ
Danis nekkwd su da wen nettubur.

Ccṛab, ac rem d ccenεet.
Wi ss un neswi yettusamma d nneyyet.

Lefḍuṛ zzis, ikk iḍ ac xlaṣ !

Wi xf ala tḥared u d am dd iqqim.
Qa mta yella cṛa, yella d lbeccim.

Ruḥ a lεifet, tṛaḥed a lhamaj !
Ammen tetcuṛed day s lmakeyyaj ! »

Yellis n tmurt "bent ḥnina".
Ammen cemm iyyu ṛebbi d zzina !

La zzwaq "u yeddik, la yxellik".
"Ya bent bladi, ttheḷḷa w xaṭik".

Illa yṛaḍa xfem nnbi d ṛṛṣul.
Beεda ddin nnem issa s lmeεqul.

Explication / Traduction

Ecoutez bonne gens
Un récit pour ceux qui ne l’ont pas connu.

Deux filles se querellaient :
L'une est de Figuig et l’autre de l'étranger.
Elles sont restées ainsi du matin à midi.
La querelle a coûté cher.

L’étrangère a entamé la parole.
La fille du pays s'est tenue dans un coin.

Elle lui a dit : – « Toi dernière du monde,
Tant de différence il y a entre toi et l'Européenne !

Regarde-moi et écoute bien,
Toi, oh vieille femme au chapelet !

Par où commencerai-je ?
Par ta vie ou par ta nourriture ?
As-tu vu la banane, as-tu vu le melon ?
Tu ne mets qu’une robe pour tout vêtement.

Si tu vantes les mérites de tes dattes,
Nous, nous avons du rouge et du Martinet.

Tu manges des brisures de blé le matin
Et les vermicelles tous les soirs.
Au boucher, c’est une tête que vous vous payez.
Au mieux, un demi-kilo de viande vous achetez.

Connais-tu l’amour ou l’amant ?
Tu n'es habituée qu'à l’herbe et au labourage des champs.

As-tu vu un bar ou un cinéma
Ou t’es-tu baladée avec ton amant ?
»
– « Hélas, chère dame :
[On ne fait que] dîner et aller se coucher.

– « Votre mariage, il n’y a pas de quoi être fier.
Dis-moi, toi maintenant, chez qui tu es.

Le jour précédant la nuit de [tes] noces,
On te dit : " Lève-toi, ô ma fille.
Un homme paisible t’a demandée.
On n’a pas connu comme lui et on n'en connaîtra jamais."

Nous, avec [notre prétendant] nous passons du temps
Pour nous assurer s’il est bon ou non.

Si nous nous accordons, fiancés nous serons.
Le mariage se fera après.
Des alliances en or nous échangeons,
Joue sur joue nous nous embrassons. »

La fille du bled s’est prise de colère.
Au visage, elle a failli lui lancer de la terre.

Elle lui a dit : – « Maudite fille !
Tu es venue chez moi pour blaguer !
Ah oui fille de Barqa.
Tu ne connais ni Dieu ni son messager.

Chez nous, c’est une honte
Une femme qui sort sans voile.

Une fille et moi nous marchions un jour.
Un homme nous a proposé de nous balader avec lui.

Nous lui avons lancé des pierres
Car nous avons peur de rester vieilles filles.

L’alcool est un prestige pour toi.
Niaise est la personne qui ne le boit.

Il accompagne votre déjeuner ;
au dîner c'est pire !

Tu n'as personne à craindre.
Si tu en as une, elle n’est que mauvaise laine.

Va-t'en racaille, va-t'en sauvage !
Comme tu es saturée de maquillage ! »

Fille du pays, affectueuse tu es.
Comme le Dieu t’a fait beauté !

Ni fard ni maquillage.
Fille du pays, continue ainsi.

Le messager de Dieu, son prophète, de toi est satisfait.
Ta foi est bien fondée.

Année de publication
1976
Auteur référencé