Vers

Lerib, a yemma, lerib
I tmuṛa yella d ayujil.
La lwali la leḥbib,
ṛebbi yella d lewkil.

Leεmeṛ mta wl illi yezrib,
Ddunit mta wel telli teεjil,
Tamurt ul εad un neqlib,
Nnit ad tecrez s uill.

Lgeṭṛan jaṛ imedyanen
Wala tamemt jaṛ lεedyan.

Wi d ac iḍeṣṣen s beṛṛa
Illa yettiban dd d yumac.
Wa netta s jaj illa
Iz ac, iḥefṛ ac.

Zzman ifṛeq jaṛ lhell d leḥbab.
Ma bina nεic wala nẓuṛ lwali.

Kulha d teṛḍunt nnes mani d as tektab :
Cṛa y tteεtib, cṛa y lexla lxali.

Wac nettexleq dd day l leεdab ?
May san nεedl i ss ixes Lεali ?

Dεix ṛebbi, mta nettc d lmeṛḍi.
Lhemm n nefṛaq illa yenu yi.

Man d lḥayat ! Man hjeṛ dd, tsemḥd i leḥbab !
Ul terrd awal. U d ac isqubqeb ḥedd i llbab.

Qeblx ad ilix d lmeskin i leblad
Wala d lani d lbeṛṛani.

Explication / Traduction

L'étranger, ô mère, l'étranger
A l'étranger, il est orphelin.
Ni parents, ni ami,
Dieu est son seul garant.

Si l'âge ne s'est pas empressé,
Si la vie ne s'est pas hâtée,
La terre non encore labourée
Sera semée grâce au travail après.

Le mauvais breuvage entre amis
Vaut mieux que le miel entre ennemis.

Qui te sourit de l'extérieur
Te semble comme un frère.
Lui, de l'intérieur,
Il te creuse une fosse.

Le temps a séparé des familles de leurs proches.
Nous n'avons ni bien vécu, ni vu nos proches.

A chacun est destiné un pain quelque part.
Certains au seuil de la maison, d'autres dans les déserts arides.

Ne sommes-nous crées que pour la souffrance ?
Que ferions-nous si le Très-Haut le voulait ?

J'ai prié Dieu, si je suis de ceux admis.
Le souci de la séparation me tue.

Quelle vie ! Emigrer et abandonner ses proches !
On ne répond à personne et personne ne frappe à notre porte.

Je préfère rester pauvre au pays
A être riche mais étranger.

Année de publication
1981
Auteur référencé
Vers

Flana d flana may d asent ijṛan
Al d awḍent l lqaḍi ?

Cnimti ya siwt zman !
Wac tillemt ulfan
Ixs in Sidi ṛebbi ?

Tamezwart tellef
S mya ḍuṛu n ṣṣeṛf.

Irεa wel ttqelleq !
Ad ac inix manec texleq.

Ikkr ammu yedjen n wass,
Tamaṛt ixleq dis umeṛwaṣ,
Tenna-y-as i tesleyt : « Ha mya
Xellṣ it, dwel dd deya !
»

Teṭṭef dd ayen n nkaḍ, teṭwa ss,
Teyy as yicc n tissass
D maydum ir ḷḷeh ayekk cerwas,
Tessen mta tuḍa d aras.

Tecnu kulci s lehwa,
Tekkr meskina teẓwa.

Ikk tiweḍ bab nnes,
Tejbed dd ammn ad txelleṣ.

Taf mya wel tlli !
Teẓga l ṛebbi Lεali !

Aṛṛana tedwel dd l tiddart,
Tεawd as i twessart.

Wa din-din a meskin !
Tjemε as lqecc nnes,
Tetta εad timecḍin.
Walu ḥṛam ul tness !

Inu yyen amensi y ṭṭyaf.
Sseṛen may εelmen n uzimba, kemmlen zeltaf.

Ha tamaṛt yuly as dd zzεaf
S umensi dd imaqamen bezzaf.

Ikk teyyu leḥsab a sidi,
Taf texser ttaman n tqeccabt, beṛṛa n wudi.

Kkern abεda sfetḥen
S uyn n wutcu dd iṣebḥen.

I lefḍuṛ tenna-y-as : « Yy ax dd atay ! »

Ha tasleyt, u d as iεjib cay.

Iwa ṛakεaṛef s leḥya d tiwdi,
Ma biha day tekkr abeddi.

Tṛaḥ a sidi am urgaz.
Teḍṛu luqid, tceεεel biṭagaẓ.

Ha lmendif iḥkem !
Tamaṛt tekker tḥezzem.

Tenna-y-as : « Cemm iḍeṛn ayn n uqeccuḍ !
Wac tεelmed da-y-alli nix day d luḍ ?
»

Ha mar qa maykk nexser ukk mensi,
U dd nettceṭṭeṛ la d tiṛṛin dd iṣbeḥn ikk lemsi ?

Iwa ruḥ a lhamaj,
Al mi teyyid ṣṣṭaj
S lhemm n ddunit,
Tas dd ad txelqed d taslit !
»

Tu yella εad dis lḥenni ukk fus !
Dublvi yedjn n wass amenḥus,
Tamaṛt teffe l ljaṛ
Ad asen tesbarec, tawey dd xefsen leṭaṛ.

Taslit, sahla, mahla,
Tu sad tellem, tenna nnehḷa,
Teṭṭef dd asemmiṛeḍ,
Tub i, a ss tessired.

Tamaṛt, ameεla till sad iẓwa lqerc,
Ad tili tṭeṛk asbarec.

Aed teslit "ma εendha xbeṛ"
Binna tamaṛt tettceṭṭeṛ.

Nettet, day mεa ytaf,
Temmuter icuffa bezzaf.

Sa zzis iffe ṛṛuḥ !
Taslit tella tnettcṛ i ṣṣḍuḥ.

Tenna-y-as : « Hwa dd a zzin !
»

Till tella tiwy as dd cṛa n llettcin,
Tehwa dd ssellum ṛebεa, ṛebεa,
Tus dd zzates, tebda tettṛaεa.

Tenna-y-as : « A ṭṭṛifa,
Izeddeεn ayen n icuffa,
Ac tawn in εad nqan,
A disn irid ucḍif d senn n iεuban !
»

Iwa ruḥ ad teẓwid !
Wala d amesmir u ss ittsi si lḥiḍ !
»

Tinu d lweqt n tejress,
Tamaṛt ukk ṣaṛay ttherres.

Tasleyt tuley l ṣṣḍuḥ
A din tezzi-y-afuḥ.

Ul tis lweqt nns ad iḍaε,
Tekker tejbed dd ammu yedjen n neqnaε.

Danis ifat as texdem i nnadi,
Telmed aṭeṛṛeẓ n ibeṛḍalen d lewṛaḍi.

Tamaṛt, εla ḥsab makk tefhem,
Till taslit tella ttellem.

Teyy as leḥsab al ṭṭenεac,
Ad iqḍa may ers illan n uqerdac.

Iwa lḥaṣul tuly ad teqqel
Man ayn tella tejjujed n ccel.

Yudn a sidi xfes tergeb,
Taf it ttṭeṛṛeẓ lqelb.

Tenna-y-as : « Teqqeld a ḥenna, may dd nelmed ? »

Tenna-y-as : « Ha ma yella beεda may tellmed ?
»

– « Iwa w dis qaε nqiṛx ayu n wass ! »

– « Ha maer ? A yuc am ṛebbi ddehsas !
»

Nḥar i lexdemt n nbeẓẓ ;
Cemm telhid ax dd da d uṭeṛṛeẓ !

Kker, ay kker cemm nnfeḍ !
Al mi tellid i tiddart n ppam,
Tṭeṛṛeẓd ul nix ineṛfeḍ !

Tu d tiddart n ccel d telmi !
Ha cemm, asekkwas ad i-dd trazzid mmi ! »

Tu teṭṭeṣ al-d tencer tfuyt
ad day ierr it cciṭan.

I dd tṛewweḥ temaṛt sikk iyṛan,
Taf it jaṛ iεuban.

Tenna-y-as : « A Menna,
Mta d tfuyt tella tencer ukk jenna.

Ha tiqrinin nnem
Llant yalleh llem, llem !

Ha cemm iyyen lεifet,
Temmud i-dd d am ljifet !

Ham, ham, mtak ixes cemm Musa,
Ruḥ al mi dd yus si Fṛanṣa,
Teyyem manayen texsem !
»

Amma yudu, d nettc aykk illa yeḥkem.

Iwa ruḥ ad am iεeṛḍ !
Isi day tiirt d umceḍ !

Llix qqaṛ am lair !
Dd da wl ttḍuṛd ukk ir ! »

Tinu d lweqt n nefḍuṛ.

Argaz beḥṛa yella yṛewweḥ dd sukk ḍuṛ,
Yuley l tẓeqqa ad issenfel.

Tamaṛt tella tube dd ḍaḍ ukk qellal ad teftel.

Tasleyt tεeyyeḍ dd : « ebdeṛṛḥman ! »

Ul εad tkemmel, tu azeddiḥ ikk ceṛman :

– « Axxam, axxam, ikkas n nuqṛ !
»

Wac bik d lmuḍa nix d teεqeṛ ?

Nettc sseymex dd d urgaz tlata ;
mmeṛ d as εeyyḍex bir "netta".

Ha cemm iyyen lemḥeccma !
Tεeyyḍed as s wammen ss nsamma,

Iwa tan assu tfat am,
Walaynni ssya l zzat,
Imi nnem yy as lljam !
»

Explication / Traduction

Qu’avaient ces deux femmes
Qui, devant des juges, comparaissaient ?

Ô, vous femmes âgées !
Croyez-vous que divorcer
De Dieu est apprécié ?

La première [épouse] divorça
A cause de cinq dirhams.

Ne vous inquiétez pas !
Je vous conterai tout cela.

Une fois, il était,
Une belle-mère qui s’endettait.
Elle dit à sa bru : « Les cinq dirhams que voilà,
Tu les paies et vite, tu reviens là !
»

Elle prit le billet et le plia ;
Avec son voile le noua.

Et tant de nœuds, elle lui appliqua
Car sa perte, sa vie lui vaudra.

Ayant pris tous les soins,
La pauvre quitta le coin.

Arrivée devant le créancier,
Elle sortit son nœud pour payer.

L’argent n’y était pas !
Au bon Dieu, elle cria !

Elle rebroussa chemin
Et devant la vieille, elle raconta.

Oh quel ennui !
Aussitôt, ses bagages, elle plia.
Les peignes oublia,
Et n’y passa plus une nuit !

Ceux-là avaient des invités pour le dîner.
Bois et brindilles furent brûlés.

La belle-mère s’emporta
Du dîner qui tant lui coûta.

Quand tout, elle calcula,
En plus du beurre, cela lui valut une djellaba.

Le lendemain, au petit déjeuner,
Ils prirent le couscous qui de la veille restait.

Au déjeuner elle exigea de sa bru un thé,
Elle qui, jamais, ne le consommait.

Par respect et peur,
La bru se mit au labeur.

Elle se leva sans détour,
Et alluma une allumette au four.

Le piège aussitôt l’attrapa !
Et la belle mère s’emporta.

Elle lui dit : « Toi qui gaspillais l’allumette !
As-tu un cerveau ou de la boue ?
»

Avec tout ce que nous avons dépensé au dîner,
Nous n’utiliserons même pas les braises du foyer ?

Va-t’en canaille,
Jusqu’à ton passage du stage qui vaille,
Sur les aléas du vécu,
Pour te prétendre bru !
»

Celle-là a encore du henné en main !
Par un jour malsain,
Sa belle-mère sortit chez ses voisins
Pour les féliciter et en rapporter son plat.

La bru, sans souci,
Elle qui la laine devait filer, ne s’en donna pas la peine.

Son voile elle prit,
Le rinça et lava.

Si la belle-mère savait qu’un morceau de savon allait être dépensé,
Elle n’aurait pas dû aller féliciter.

La bru ne savait pas comme
Sa belle mère était économe.

A peine, chez elle, elle eut mis pieds,
Qu’elle aperçut trop de mousse déversée.

De rage, elle perdit sagesse !
La bru étalait son voile sur la terrasse.

Elle l’appela : « Descends ma belle !
»

Croyant qu’elle lui offrirait des navels,
Les marches, quatre à quatre, elle descendit
Et, toute blottie devant elle, attendit.

Elle lui dit : « Toi, ô ma douce,
Qui jetas ces mousses,
Ne sont-ils pas purs
A laver un tapis et deux couvertures !
»

D’ici tu dégages !
Et pas un clou du mur dans tes bagages !
»

Pour celles-là, ce fut un jour d’hiver,
Au patio cardait la belle-mère.

La bru, sur la terrasse montait.
Au soleil, elle s’exposait.

Pour que son temps ne soit perdu.
Elle prit un fichu.

Car elle fut un jour au centre
Où broder oiseaux et fleurs on montre.

La belle-mère croyait
Que la belle fille filait.

Elle attendit midi sans peine
Pour la voir finir sa laine.

Vers la terrasse, elle monta
Voir la laine qu’elle prépara.

Quand d’elle s’approchant,
Elle la trouva un cœur brodant.

Elle lui dit : – « Vois-tu mémère, ce qu’ils nous enseignèrent ? »

Elle rétorqua : – « Où est en premier ce que tu as filé ?
»

– « Ce jour, je ne me suis pas donné la peine ! »

– « Et pourquoi ?
»

Que la mort te prenne !
Nous évitions le travail des enfants,
Et te voilà nous brodant !

Dépêche-toi, que les bombes ne te ratent !
Dans la maison de ton père,
Tu brodes cœur ou rate !

Ici, c’est la maison de travail et de laine !
Avec toi, au bout d’un an, mon fils vivra en peine. »

Celle-ci fit une grasse matinée.
Elle n’y pouvait rien.

Quand sa belle-mère, du jardin, revint,
Elle la trouva sous des couvertures cachée.

Elle lui dit : « Ô Menna !
Le soleil, au ciel domina.

Celles de ton âge
Sont au cardage !

Toi, qui es fainéante,
Telle une charogne es morte !

Ecoute !
Si Moussa t’aime,
Va jusqu’à ce que de France, il revienne
Et vous faites ce qui vous accommode !
»

Maintenant, c’est moi qui commande.

Aux diables va-t’en !
Une bassine et un peigne tu prends !

Mais pas plus que ça !
Et ne reviens jamais par là ! »

Pour celles-là, c’est l’heure du déjeuner.

Le mari venait à peine de ses balades
Et alla se changer dans sa chambre.

Pour son couscous, la belle-mère avait un bout de beurre dans un doigt.

La bru cria : « Abderrahman ! »

Aussitôt, elle reçut sur le dos un coup l’assommant.

– « Ah ça alors c’est de l’insolence !
»

Est-ce mode ou arrogance ?

Moi, j’ai eu trois enfants avec mon mari ;
Je n’ai jamais osé lui dire en dehors de "lui".

Toi, l’insolente !
Tu l’appelles en le nommant !

Aujourd’hui, on te pardonne,
Mais dorénavant,
A ta bouche, tu appliques une rêne !
»

Année de publication
1980
Auteur référencé
Vers

Qebl ala nenni s cṛa,
Awey dd an nini cṛa s leni.

Qa timaziin εelment ccuεaṛa
Day tmazit nnex necni.

Nix miḥmiḥ nnex ittifuḥ l beṛṛa
Al dd nedwel necni d derni ?

Mta nekkes amesmir n tejṛa,
U-lli san ntec lemεac hani.

Nqect alli. S ṭṭul, ad tafem cṛa.

Ayen n ubrid tella teṭṭef tmazit u-lli yecni.

Ya tmazit, neẓẓa cemm aw cḥal ; u dd teffied !
Wac u cemm nessiw nix u cemm nenqic ?

Day tutfed ukk call, ul tekkired.
Aley dd l ujenna, tezzizwed tamurt s leḥcic.

Iḍaq xfem lḥall, kkes asemmiṛeḍ.
U-lli sad am nini ḥṛam wala d lfic.

Mta txellḍed d unexxal, a cemm nessired,
Nesḥidew xefm awal ulyic.

U cemm εawnen at lmall, ul teddired.
U d am ssin lḥelfa wala rric.

Tmazit teẓwa l umeṭṭal qebl ala temṛeḍ.
Necn ay tt illa yneqq. U sett nεawn ad tεic.

Tmazit zzeg nessawal al zzis nṛekkeḍ !
Lehḍeṛt nnex tserreḥ, yac ul tecmic.

Xsen cemm lεuqqal, ssnen may teqqaṛed.
Fehmen cemm at lejmaεet d txerbicc.

Bab nnem d lḥuṛṛ, issen day nican.
Ul issin lecc wala ttxercic.

Cbeh bab nnem tεelmed ccan
S uensu yeṣfan bla-y-aqebbic.

Explication / Traduction

Avant de chanter quoi que ce soit,
Allons dire des choses sur la chanson.

Tous les parlers amazighes ont des poètes
Sauf notre parler à nous.

Où notre "mihmih" sent vers l'extérieur
Au point de faire de nous les derniers ?

Si nous ôtons le clou du plat,
Nous ne mangerons pas en paix.

Grattez la tête.
A la longue, vous trouverez des choses.

La voie que prend tamazight n'est pas la bonne.

Ô tamazight, nous t'avons plantée depuis longtemps mais tu n'as pas poussé !
Ne t'avions-nous pas arrosée, ne t'avions-nous pas binée ?

Tu es restée sous la terre, tu n'as pas poussé.
Monte vers le haut et verdoie la terre d'herbe.

Si tu étouffes, enlève le voile.
Nous ne te dirons pas que c'est illicite ni c'est de l'apparat.

Si tu es mélangée de son de blé, nous te laverons
Et de toi les mauvais propos nous écarterons.

Tu n'as pas été soutenue des riches, tu n'as pas mendié.
Ils ne t'avaient étalé ni alpha ni plumes.

Tamazight est partie vers l'enterrement avant qu'elle soit décédée.
Nous la tuons. Nous ne l'avons pas aidée à vivre.

Tamazight avec laquelle nous nous exprimons et dansons !
Notre verbe est droit, il n'est pas froissé.

Les sages t'aiment, ils savent ce que tu exprimes.
Tu es comprise par ceux de la commune et ceux des confréries.

Les tiens sont honnêtes et ne connaissent que la droiture.
Ils ne savent pas ce qu'est tricherie ni tournures.

Sois comme les tiens, aie du prestige
Avec un visage pur, sans égratignure.

Année de publication
1980
Auteur référencé
Vers

Seεdat wi yuznen yemmas l lḥjj ad tẓuṛ.
Lqeblet zzates, day ad qebbel, tkebbeṛ.

Seεdat wi deg iṛaḥ ppas l lḥjj ad iḍuṛ
Bin Ṣṣafa d Lmeṛwa ad istefeṛ.

Jemεen dd lḥejjaj, mlaqqan i Sidi Menṣuṛ.
Isin din dduεa. Qaε lεalam iḥḍeṛ.
Lḥakem n njiṛan ata yella yjuṛ.

W illa yettazzl i lxir, ṛebbi a ss inṣeṛ !

S lḥajjat d id lḥaj lkaṛ itcuṛ.

Ttrid ukk ass deg ẓwan day ittmenqeṛ.

Nyen i ṭṭeyyaṛt, qeḍεen lebḥuṛ.
Tehwa xefsn i Jedda y l lεaṣeṛ.

Bdan i ddiker n ṛebbi d ṣṣlat εla ṛṛṣul
Si mi din ihwa lḥaj al d inḥeṛ.

I Jbel Σaṛafa ṛejmen s uḥjuṛ.
Aman, Bir Zemzem day ittceṛceṛ.

Iwyen dd si tcucay aed ttsabeḥ d lebxuṛ
Mala nessfṛeḥ ṣṣebyan d temeṛ.

Ma bin iṛaḥ d yisa, ul imdi wyur.
Day afuḥ n nkuṛaj d lmall d ṣṣbeṛ !

Tiweḍ dd tebṛatt : « Llan usen dd, feṛḥet tennim !
Yyt uṛaṛ, tesseḥmam, teslulim. »

I cṛa d tiddart n nḥaj, ccṭuḥ d rrduḥ.
Mta wl idzi wṣaṛay, ssat i ṣṣḍuḥ.

Ikk iḍ n yisa, kulci mujud :
Cṛa yqabl asiley, cṛa yettmud.

Miεad Tacṛaft mi dd iṣbeḥ lḥall.
Wi dd illa yekker bekri yiwḍ Alal.

Σeṛḍen dd i lḥejjaj. ẓṛen Mekka, seεdathum !
Mḥan ddnub n ddunit, tthennan i lehmum.

Mṛeḥba, mṛeḥba bikum
A yinn iẓuṛen nnabi.

Mṛeḥba, mṛeḥba bikum
A yinn dg ifeṛ Sidi ṛebbi.

Explication / Traduction

Heureux qui envoie sa mère au pèlerinage pour qu'elle visite.
La qibla devant elle, il suffit qu'elle s'oriente et prie.

Heureux pour qui le père est parti en pèlerinage faire un tour
Entre Safa et Maroua et se repentir.

Les pèlerins se sont réunis et rencontrés à Sidi Mansour.
Ils y ont prié. Tout le monde y était présent.
Le gouverneur de nos voisins est vraiment arrogant.

Qui fait du bien, Dieu lui assure une victoire.

De pèlerins, hommes et femmes, le bus est plein.

"Ttrid" le jour de leur départ abonde.

Ils montent sur un avion et traversent les mers.
A Djedda, il atterrit l'après-midi.

Ils priaient Dieu et évoquaient son prophète
Depuis qu'ils ont atterri, jusqu'au sacrifice.

Au Djebel Arafat, ils ont lapidé [le diable] avec des pierres.
A Bir Zamzam, l'eau coule à flot.

Ils ont amené en bonnets, chapelets et encens
De quoi égayer les âgés et les enfants.

Entre leur départ et leur arrivée, ils n'ont pas fait un mois.
Un peu de courage, d'argent et de patience !

Une lettre est arrivée : « Ils arrivent, égayez-vous et chantez !
Organisez des fêtes, activez-vous et youyoutez ! »

Chants et danses dans toutes les maisons de pèlerins.
Préparez les terrasses, si le patio ne suffit pas.

La veille de leur arrivée tout était prêt :
Certaines [femmes] fumaient le couscous, d'autres le roulaient.

Rendez-vous à Tachraft au crépuscule.
Les matinaux vont jusqu'à Aghlal.

Ils accueillent les pèlerins. Bienheureux, ils ont vu la Mecque !
Ils ont ôté leurs pêchés et se sont débarrassés de leurs soucis.

Bienvenus, bienvenus
Ô vous qui avez visité le Prophète.

Bienvenus, bienvenus,
Ô vous à qui le Dieu a pardonné.

Année de publication
1980
Auteur référencé
Vers

Bnadem maxef mma
Yella yεic, ixeṣṣu ad ixdem.

Wa d argaz ad iḥezzem.
D tameṭṭut ad tellem.

D awessar ad iεder lhemm,
Yuc it i kebbeṛ, sellem.

Ddunit tella tfat.
"Σemda εla faεel lεaṛ"!

Mta d argaz,
Ul ixelleq d ameεgaz.

A dd ikker i lefjer
Ammen a dd iṣewweṛ
May zzeg ala yefḍeṛ.

Wa xaṭih aqesser,
Ixeṣṣ ad iweffeṛ.

May zzeg ala yessifat tewser.

Yac mta d tameṭṭut,
Ad telmed taynnut

D tduri d ubeṛcem.
Yac ṭṭuft illa dis lhemm.

Yac wass aḍiṛaṛ
Tili tqabel tazgawt,
U dd tterri wla d ssekkwar
Teswu tmeẓḍawt.

Yac mta d awessar,
Ad iqqim i luqeṛ.

Wa xaṭih amenqeṛ.

Mikk reyyḥen i Lejmaεet
Qqimen bla ṣṣenεet.

ṛṛaḥt may sa dd tawey ?
Day asekter n ddeyy.

Lehḍeṛt n iwessaren,
Manayen qqaṛen ?

– Ukkin ayen n mmis ifaten s ujebbuj ?

Ad as dd yini yedjen sikk idis : – Ha d mmis n Xedduj.

– Ha y flan, mar dd yus ?
Nix idjiwen leflus ?

– Assu yṛewweḥ dd bekri,
Mar yuḥl i Pari ?

Ul izi day idjen.

Ifat s uclif n ulum.
I dd yiweḍ, iyr i xefsen.

Explication / Traduction

Tant que l'homme
Existe, il doit travailler.

Le mari ses reins ceindra.
La femme sa laine filera.

Le vieux serein restera
A ses prières, il se consacrera.

La vie est éphémère.
Malheurs à ceux qui font du mal !

Parlant de l'époux,
Il ne doit pas se comporter en paresseux.

Il se lèvera dès l'aube
Pour gagner
De quoi déjeuner.

Il évitera les veillées nocturnes,
Il doit épargner
De quoi passer sa vieillesse.

Parlant de l'épouse,
Elle doit apprendre la couture,

Le tricotage et la broderie.
Le tissage reste une souffrance.

La journée durant
Elle reste auprès de son couffin,
Elle ne gagne même pas le sucre
Qu'elle a fait boire à son assistante.

Parlant du vieux,
Il doit prendre ses distances.

Il ne doit pas vagabonder.

Quand à Lajmaat, [les vieux] s'y réunissent
Sans activité ils demeurent.

L'oisiveté que rapporte-t-elle ?
Rien que le bavardage.

Dans leurs propos de vieux,
Que disent-ils ?

– De qui est ce garçon qui passe avec une tignasse ?

A l'autre de lui répondre du côté : – C'est le fils de Khattouj !

– Et Untel, pourquoi est-il venu [de l'étranger] ?
Où a-t-il de l'argent assez ?

– Aujourd'hui, il est venu très tôt,
En a-t-il assez de Paris ?

Bien a fait celui

Qui passait avec un gros sac de foin.
En arrivant, sur eux il l'a déversé.

Année de publication
1980
Auteur référencé
Vers

Day nettc d ḥbibim, cemm d lalla.
U-lli d lerib, la d lbeṛṛani.

Yac tfated xfi la d awal a.
Ha wac tettid nix belεani ?

Si cemm ẓṛix, tellid tεezzed ri.
Ul inux ixes cemm qbala.

Wa qaε zzin a ṛebbi ḥefḍ i !

Al umṛaḍa, ul illi bessif.

Mta terzid tett, tenna-y-ac : « La, la ! »
A dd yawey ṛebbi tenn tt ala nif.

Ul tis lεeṣkeṛ wala lbulis.
Tenna-y-ac : « U cay menwala !
»

Wa tella tecṛeḍ day lmuhendis.

Wa xeṭṛa rem, xeṭṛa rwaḥ ri.
Yac assu tella dim twala.

Madabik a dd tased bekri.

Si yeẓwa wergaz l Fṛanṣa
Qa w xefs illi yeṭṭṛeb wawal a.

ḥsenεawen tella yeman nnes !

Tatbirt ṛabbix teṛwel l itelli.

Zaydex res ; tzayed tεalla.

Ac an d ẓẓheṛ ay ri wen nelli.

Si jaj n iyṛan sell as tettenni.
Tu tsesirid nix tu tettẓalla.

Targa beεda yehwa dd dis lḥenni.

Zzin ul ill am Tufeyyeyt.

I ddin nnes tella tettheḷḷa.
Tella tṛebḥ i beεda y ddunit.

Explication / Traduction

Je suis ton amant, tu es ma chérie.
Je ne suis ni étrange, ni étranger.

Tu es passée devant moi, pas un mot.
As-tu oublié ou c’est bien médité ?

Depuis que je t’ai vue, tu m’es chère.
Mon cœur t’aime beaucoup.

Que Dieu garde les beautés !

Les accordailles sont sans contraintes.

Si on la demande et elle dit : « Non, non ! »
Que Dieu envoie celle qui la surpasse.

Elle n’aime ni armée, ni police.
Elle dit : « Je ne me donne pas au premier venu ! »
»

Elle exige un ingénieur.

Des fois, tu viens chez moi, des fois, je viens chez toi.
Aujourd’hui c’est ton tour.

Le mieux est que tu viennes tôt.

Depuis que le mari est parti vers la France
Elle n’a plus de goût pour la parole.

Malheureuse, elle est seule !

La colombe que j’ai élevée est partie vers la balustrade.

Je me suis approché d’elle et elle s’est envolée au lointain.

C’est que de chance je n'ai pas.

Depuis le jardin, je l'ai entendu chanter
Elle lavait ou elle se baignait.

Dans le canal le henné descendait.

De beauté on ne trouve guère comme la Figuiguienne.

Dans sa foi, elle est fidèle.
Ceci elle l’a gagné dans la vie d'ici-bas.

Année de publication
1979
Auteur référencé
Vers

Yaḷḷeh, ya meskin day ṣbeṛ i lehmum !
Lhemm cḥal mma yeṭwal, u-lli sad idum.

Wa qa wl illi meḍlum day lmeṛum.

id i-dd i tenfas al dd yaley wass.
Mta yisi yi yiṭes, "mafiha bass".

Tbeε lḥiḍ, lḥiḍ. ṛebbi d lḥafiḍ.

Ô belle, tu es comme un roi.
A zzina tellid am ujellid.

Wa kulci nnem ycnu, la d bununu !

Immuter cemm, ijnu. Wa ḥen εawnu !

Zzin nnem ikmel bla-y-asingel.

Iḥsed iyi lεadel i tu san nercel.

"Naṛi ya naṛi !" Teffe si teṛi.

Elle s'est inscrite dans un club pour apprendre à tricoter.
Tutef nnadi, ad telmed taduri.

Teṛu telt chuṛ, tecṛeḍ lajenyuṛ.

Teqqim d wu, u-lli d wu, al din tbur.

Explication / Traduction

Oh malheureux, patiente-toi dans tes souffrances !
La souffrance aussi longue soit-elle ne sera pas éternelle.

Il n'y a d'injustice que pour l'amoureux.

Raconte-moi des histoires jusqu'au lever du jour.
Ce n'est pas grave si je m'endors.

Suis mur après mur. Dieu est gardien.

Ô belle, tu es comme un roi.

Tout en toi est parfait même le collier !

Pitié pour lui !
[Le prétendant] t'a vue et il s'est effondré.

Ta beauté est parfaite sans parler du fard.

Le notaire m'a envié quand nous allions nous marier.

Quel malheur ! Ses études elle a quitté.

Elle s'est inscrite dans un club pour apprendre à tricoter.

Après trois mois d'étude, elle a exigé un ingénieur comme époux.

Elle est restée à refuser les prétendants au point de rester vieille fille.

Année de publication
1979
Auteur référencé
Vers

Ruḥ, ay anexdam a dd tawyed lidam.
Ata lmall n nejdud u-lli sad idam.

Wa ta yeffe si teṛi, iẓwa l lxarij.
Illa yṛaḥ l Ppari, yuḥel i tthimij.

Inna-y-as i yemmas : « Jujd i-dd lbaliz !
Tella tus dd lkunṭṛa ; ad ṛaḥex l Bariz.
»

Tenna-y-as : « A wldi, tellid d ameẓẓyan !
Ul εad xefc iwjib leblad n Iṛumyen.

Mta-y-anak texsed, wa qal cc si tzufrit.
Llix ḥarex zzic si cṛa n tṛumit. »

Inna-y-as : « A yemma, mawim ayu n ddunit ;

Ukan necni nεic day i tdwirit ?

Mar h an nṛaḥ an neqql mani zzg ala na.

An nṛaḥ an njeṛṛeb may d ax ala nessufe !
»

Tenna-y-as : « A weldi, ha mar ad icen ?
Wa day qabl iyi al mi d ac nercel.

Iwa la ya teẓwid, ssyin l el din,
Tellid teẓwid mhenni si ljihet n nwaldin.
»

Argaz ihwa, yuley, inna : « Ya Laṭif !
Tellid treddzid a yi teyyed i lmendif.

Ammen ala reclex, lmall inzu bessif.
Ul tufid wala d ayniw i lexrif.
»

Tenna-y-as : « A weldi, iwa ḷḷa yehdik !
Mta texsed, rrbeḥ, wa qal cc si ttbeεkik !
»

Ikker iḥezzem, ittkel s ṛebbi.
Ul temdi sebεeyyam, iqqes dd i ccanṭi.

Abrid nnes iserreḥ, qaε u dis iεḍil
Al d yiweḍ lbit nnes i luṭil.

Ikker inehhej din cṛa n yumayen.

Iẓṛu dis lεedjeb i tmurt n Iṛumyen.

Ixdem din asekkwas, idwel dd am leqcert
S lefhamat n ccifan d zzεaf n neεcert.

Mani yella wṣebbeḥ wala yella wejris,
Tafed t din i beṛṛa yettṛaεa ṭṭubiṣ.

Mikk ikemmel, i lejwayeh n tmeddit,
Sad iṛaḥ nican ad iwεed l lbit.

Ul iẓẓiṛ lqehwa wala ssulima.
Day abrid nnes itta zzis dima.

Mi yiweḍ lbit, yaf imeddukal :
Cṛa yuf i tṭaṛ as, cṛa yella yuḥel.

Idjen ad issired, idjen iseyyeq.
Wu mta yxeṣṣ cṛa, a t id isewweq.

Tadwireyt nsen "ma cett lik ma nεid" :
Cṛa yeṭṭeṣ s cṛa day am leṛwaf.

Xelqen din s εecṛa, εad u-lli bezzaf.

Mi n was n nḥedd, walu-y-areyyeḥ.
Amcan illa ywessex d cṛa yjeyyeḥ.

Mani deg sad afen cṛa n nnacaṭ ?
L ssaεet n yiṭeṣ mta εad tcaṭ dd (tcaṭ ṭ).

Qaε anccu y leεdab day s tinn ammu.
Argaz kulci yeẓṛ i, qaε majjabu.

ṛebbi yella-y-asn ukk uyen n izufray.
D ax dd illa yessiεic tamurt n Ifeyyey.

Llan din "cibeεḍin, naṛi ya naṛi" !
Jmiε may dd iṣewweṛ, iyr i y lkabaṛi.

Llan faten din cṛa n εecṛ snin,
Aqbun i lbeẓẓ nsen u d asen ss bnin.

Mikk illa wejris iwεed lqehwa.
Yut it εla ṣeṭṭac, yuf as lehwa.

Mikk ibda y lppukiṛ nix i lbazga,
Yini : « Lbeẓẓ ad εicen s baẓuga !
»

Mi yejmeε juj fṛenk, iṣṣuḍ as ukk alli.
Iṛaḥ iyr it i ttirsi amzun ul telli.

Mi d ac iameṛ d cṛa n tẓeεṛay,
Itta wi res din illan ikk Feyyey.

Explication / Traduction

Va, ô ouvrier, chercher la nourriture.
Le legs des ancêtres ne durera pas longtemps.

Il quitte les études et s’en va à l’étranger.
Destination Paris, il a assez de l’oisiveté.

Il dit à sa mère : « Prépare-moi ma valise !
Un contrat de travail m’est venu de Paris.
»

Elle lui dit : « Mon fils, tu es encore petit !
Tu n’as pas encore l’âge des pays des Roumis.

S'il te plaît, renonce à cette vie d'émigré.
Je crains pour toi qu'une Européenne [te prenne]. »

Il lui dit : « Pourquoi une telle vie, ô mère ;

Sommes-nous obligés de vivre toujours dans une masure ?

Il faut que j’aille trouver d'autres horizons

Pour tenter ce qui me sera bon !
»

Elle lui dit : « Ô mon fils, est-ce convenable ?
Reste avec moi jusqu’à ce qu’on te marie.

Même si après tu t’en vas là-bas,
Sans souci du côté de tes parents tu partiras.
»

Le fils médite et dit : « Ô Clément !
Toi, tu cherches à me pendre au piège.

Pour que je me marie notre terre a été vendue.
On ne trouve même pas une datte, l'automne.
»

Elle lui dit : « Mon fils, que Dieu t'oriente [vers le bon].
Si tu veux réussir, évite la dérision. »

Le fils se lève et se lance, sur Dieu il comptait.

Au bout d’une semaine, il se trouve dans des chantiers.

Son trajet est droit.
De temps il ne lui prend pas
Jusqu’à ce qu’il rejoigne sa chambre à l’hôtel.

Deux jours de repos il a pris.

Il a vu des merveilles au pays des Roumis.

Il y a travaillé une année et est devenu [pâle] comme une peau [de grenade]
A cause des ordres des chefs et des problèmes de la vie de société.

Dès le petit matin même s’il fait froid,
On le trouve attendant le bus hors [de son toit].

Quand il termine [sa journée] vers le soir,
Vers sa chambre il va tout droit.

Il ne voit ni café ni cinéma.
Il prend toujours le même chemin.

Quand il arrive dans sa chambre, il retrouve ses amis :
Certains ennuyés, d’autres épuisés.

L’un lave le linge, l’autre essuie la terre
Et l'autre achète ce qui manque.

Leur taudis ne vaut pas qu’on en parle :
Ils dorment les uns sur les autres comme dans des tiroirs.

Ils habitent à dix et ce n’est pas assez dit.

Le dimanche sans repos.
Le lit est sale et pourri.

Où trouveraient-ils un moment de jouissance ?
Au temps du sommeil s’il en reste.

Tout ce malaise c'est pour l’argent.
L’homme endure tout, il n'en fait pas de souci.

Que Dieu soit avec ces émigrés-là
Qui font vivre Figuig.

Il y a certains émigrés, quel regret !
Ils mettent tout l’argent gagné au cabaret.

Ils y sont depuis plus de dix ans.
Pour leurs enfants ils n’ont pas construit de maison.

Quand il fait froid, il se dirige vers le café.
Il plonge dans l’oisiveté et cela l'arrange.

Quand il entame les jeux de poker ou de carte
Il se dit que ses enfants vivront de la laine.

Quand il amasse deux sous, une idée lui vient.
Il va les jeter au tiercé comme s'ils n'ont pas existé.

Quand avec des blondes il s’aventure,
Il oublie ceux qu’il a laissés derrière lui à Figuig.

Année de publication
1978
Auteur référencé
Vers

Ṣṣaḍaqet iyy it ṛebbi ad tester.
U-lli cay s lebwaq wala s lhaṛaj.

Cṛa may teyyid ; ṛebbi sa ss immater
La texleq i ṣṣḍuḥ, wala y txabit i jaj.

Tella tmeṭṭut un nettṛiḍi ad tetter
Aεla tettawey dd yur deffer afedjaj.

Yyix ṣṣaḍaqet, xesrex lemlayen.
Ssetcex lebεid, syiwnex leḥbab.
Lakin rjitex ! H agzet manayen !

Idjen n bnadem yus dd iṛẓem lektab.

Inna yi-dd : « Usix dd rec d lmeṛṣul.

May teyyid innaṭṭ u d ax dd iεjib cay
Waxxa s ddisir n uḍil d umlul.

Qa wl idji ṛebbi wi wen nerdif atay.

Tesεin i lmya n inn tesstced innaṭṭ
Llan ifen cc i lmall, ifen cc i ṛṛẓeq.

Tellam tufem lmall illa yḍaε, icaṭ.
Lmeskin lḥuṛṛ nnit ad εad ifaq.

Day leflus zzeg tesid ajeεmey
Ad issefṛeḥ cḥal ay thejjalt,
Ad ixelleṣ qa tfawt n Ifeyyey
N inn iεlmen day yicc n tbewwalt.

Explication / Traduction

La charité Dieu l'a voulue discrète.
De bruit ou de cris non faite.

Dieu voit tout ce qu'on fait
Que se ce soit sur une terrasse ou dans une jarre, à l'intérieur.

Il y a des femmes qui n'osent pas mendier
Quitte à passer un mois derrière l'ensouple [du métier à tisser].

J'ai organisé un banquet, j'ai dépensé des millions.
J'ai nourri des étrangers et rassasié les proches.
Mais j'ai fait un songe. Devinez de quoi !

Un homme arrive et ouvre un livre.

Il me dit : « Chez toi, je suis envoyé.

Ce que tu as fait hier ne nous a pas plu
Même avec le dessert de raisin et de melon.

Personne n'est resté sans boire deux fois le thé.

La majorité de ceux que tu as nourris hier
Te devancent en fortune et en biens.

Vous trouvez l'argent perdu et en excès.
L'humble pauvre prendra conscience après.

L'argent avec lequel tu as acheté le veau [du banquet]
Suffira à nourrir tant de femmes déshéritées
Et à payer, à Figuig, toutes les factures de l'électricité
De ceux qui n'ont qu'une seule ampoule.

Année de publication
1977
Auteur référencé
Vers

Lmall, lmall !
Ya syadi, kulci s lmall.

Iyyu-y-abrid i lebḥṛ, iṭeṛṛeḥ iḍuṛaṛ.
Yac day s lmall aykk imesfṛaq lbacaṛ.

Cṛa yzeddε i texyamt, cṛa y leqṣeṛ.

Idjen dima yella yilez dd yaẓiḍ i leṭaṛ,
Idjen day insu s teḥrirt bla-y-ameṭṭaṛ.

Mi dis teqqled d argaz illa s umar.
Iṛḍa s ddell illa yisi ss s uqenḍaṛ.

Yuc ac ṛebbi lhanet.

Yif ac ṭṭeṛṛ.
Wala tenzid s ḍuṛu, tessudned ḍaṛ.

Yellis n naṣel mar tezznuz iman nnes s ḍuṛu ?

Tenn n temnṭṭac, yac s ṭṭmeε, tiwy awessar.

Ha cekk tenid al-d tenid ; mawim lmall ?
Mar sa kidec tisid cṛa l umeṭṭal ?

Ayen n umaṛ ac qaε tessnem ss d aḍeṛal,
Illef innaṭṭ. Nella nsell assu sad ircel.

del lxir, mta texsed, tbeεεded lεaṛ.
Tkesbed melyun nix melyaṛ ; kulci l ucall.

Ixleq d lmeskin.

Cḥal d ṭṭṛif ! Tu issawal.
Assu, aεla yuf la d tamurt a zzis iṛḥel.

Explication / Traduction

Argent, argent !
Messieurs, tout ne se fait que d’argent.

Il fraie un chemin dans la mer et aplatit les montagnes.
C’est par l’argent que les hommes sont différents.

Certains sont éparpillés dans des tentes, d’autres dans des palais.

L’un laisse toujours un poulet dans son assiette,
L’autre dîne avec une soupe dépourvue même de graisse.

Quand on le voit, c’est un homme avec une barbe.

Mais il vit dans la honte qu’il porte comme un fardeau.
Que Dieu l'humilie.

Cela vaudrait mieux qu’un mal pour lui.
Même vendu avec de l’argent, il baise les pieds.

Fille de bonne famille se vend-elle avec l'argent ?

Fille de dix-huit ans, de convoitise, épouse un vieillard.

Te voilà richissime ;
pourquoi la fortune ?

Que vas-tu prendre avec toi vers le tombeau ?

Ce riche que vous connaissez tous comme aveugle
A divorcé hier. Aujourd’hui nous avons entendu qu’il va se remarier.

Fais du bien et évite le mal.
Que tu possèdes des millions ou des milliards ;
tout sera destiné au sable.

Pauvre, il était adorable, il communiquait bien.
Aujourd’hui, il voudrait même quitter sa terre.

Année de publication
1977
Auteur référencé