Tiwt zman

Vers

Xelqent tiwt zman makk tu ẓẓaṛent i leεdab.
Iyam n waman, ṛwant dis lemḥan.

Tackart n imendi qbel aṣebbeḥ ad tili teẓḍu.
Zzis amensi, zzis asefteḥ wenn n yudu.

Tiirt n neksewt, tebbub it l terga.
Ixeṣṣ qbel tfuyt ad tili tessekfa.

ṛebbi ya ṛebbi, lḥayat nsent, necni w sett neẓṛi.
Sidi ya Sidi, lemεtad nsent ad kkrent bekri.

Mar tu walfent ẓẓaẓ ?
Cḥal εicent i laẓ.

Tiwt wassu fatent lḥudud.
Day maykk irzant, a ss afent mujud.

Mani yella wuṛaṛ
Tcel dis wass aḍiṛaṛ.

Iṭeṣ al tfuyt, tini : « Lukaṣyun yudu dd ala yas.»
ṛṛaḍyu ykk dis,
Majjabha y mmis.

Teyyu lḥalaqat, teffer ddmalej, teyyu lemsayes.

Tiṛaht l labet, day mta y ṣṣif nix lexrif.
Ad tec aḍil d tiyni tamenzut wa εad s bessif.

Ha mar ad tisi leḥcic nix tlata n ẓẓebṛat.
Tini-y-ac : « Iḥya yεic wi nax idjn i ṛṛaḥet ! »

Explication / Traduction

Les femmes d'autrefois vivaient tant de souffrances.
Dans le puisement de l'eau, elles ont vécu des misères.

Le sac de blé devait être moulu avant l'aube.
Avec lui, nous dînions, avec lui, le petit-déjeuner se faisait.

Elle transportait une bassine de vêtements à laver sur le dos vers un canal.
Il fallait qu’elle achevât le tout avant le lever du soleil.

Ô Dieu, ô Dieu, nous n'avons pas vu leur vie.
Ô seigneur, leur habitude était de se lever tôt.

Étaient-elles habituées au luxe ?
Tant elles vivaient affamées.

Les femmes d'aujourd'hui dépassent les frontières.
Tout ce qu'elles désirent se trouve prêt.

Là où il y a fête,
La femme y passe toute la journée.

Elle dort jusqu'au lever du soleil : « La location familiale viendra bientôt.»
La radio à ses côtés,
Elle ne prend pas soin de son fils.

Elle met des boucles, cache des bracelets et fait des gourmettes.

Elle ne va au jardin que l'été ou le printemps.
Elle mange le raisin et les dattes et elle n'est pas satisfaite.

Elle n'en prend ni herbe ni palmes.
Et elle dit : « Que vive celui qui nous a procuré du repos. »

Année de publication
1972
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