Auteur
Abdellatif Bencherifa & Herbert Popp
Résumé

Publié par la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat dans la collection Essais et Études, cet ouvrage est paru initialement entre 1990 et 1992. Il se présente sous la forme d’un volume de 110 pages, richement illustré de cartes, schémas et photographies en couleur et en noir et blanc.

Il s’agit d’une monographie géographique et socioculturelle consacrée à l’oasis de Figuig. L’ouvrage analyse la structure spatiale et humaine des ksour, ainsi que la persistance du système traditionnel d’irrigation face aux transformations socio-économiques contemporaines. Une attention particulière est portée aux réseaux hydrauliques anciens, notamment les foggaras, et aux modes de gestion communautaire de l’eau. Les auteurs mettent également en lumière les capacités d’adaptation de la société oasienne aux pressions et aux mutations induites par la modernité.

Couverture
L’oasis de Figuig : persistance et changement
Année de publication
1990
Vers

Tili teṣṛeḥ d wuccen.
Maɣer may dd ihedfen ?
Un nessin may sad d awyen
D izmaren niɣ d igzinen ?

Ul ḥussen, ul faqen.
Iɣẓeṛ dd yusen yisi ten.
Lluẓen niɣ djiwnen,
Mar ttan laṣel nsen ?

Ddkuṛa [iwetmen] llan ketren.
Irgazen maɣer qellen ?
Qqlet may d ax dd djen
Uyen n iɣilasen ifaten.

Irgazen day jaṛ asen
S ufuḥ afuḥ qaε iwḍen.
Hac kulci yella yeqqen.
An nexxi ysemmḥen.

Assu hac d cṛa nniḍen :
ʺLεeb leεbekʺ ay dd iqqimen
Cḥal iqenḍen, hac ffɣen.
Xiṛeḷḷeh ujaṛ n uzgen.

Msakin ! Bessif xefsen,
U-lli cay s lxaḍeṛ nsen.
Ssawalen i tmurt nsen,
Al ḥeṭṭan may dd ihedfen.

Ul ttin ; ulli sad icen.
Mani dd ymen aykk iεezzen.

Tili teṣṛeḥ aɣd wuccen.
Iyḍan hemlen ikk sqifen.
Reddzan day mala netren.
Qaε ul illi wi ten iḥerfen.

Irgazen ɣaben qellen.
Un nessin wi ten iḥerfen.

Ecrit le : 05/11/2022

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

La brebis paît avec le chacal.
Qu’est-il arrivé ?
On ne sait pas ce qu’ils vont engendrer.
Des agneaux ou des chiots (du chacal) ?
Ils ne se rendent pas compte.
Le courant arrivant les transporte.
Affamés ou rassasiés
Leur origine, l’ont-ils oubliée ?
Les mâles sont nombreux.
Mais pourquoi la virilité est-elle si rare ?
Admirez ce que nous ont légué
Les tigres d’autrefois.
Nos hommes à eux seuls,
En douceur, ont réussi.
Tout est bouclé :
C’est notre faute d’avoir abandonné.
Aujourd’hui, c’est autre chose :
Le ʺtire ton épingle du jeuʺ qui reste.
Tant d’hommes exaspérés ont quitté ;
Ils sont nombreux et dépassent la moitié.
Les pauvres ! C’est malgré eux.
Ce n’est pas de leur choix.
Ils évoquent leur terre
Et s’alertent après tout imprévu.
Ils n’oublièrent rien, ce n’est pas possible
Là où ils ont poussé est [pour eux] plus cher.
La brebis paît avec le chacal.
Les chiens errent dans les ruelles
Et cherchent qui mordre.
Personne n’est là pour les repousser.
Les hommes se font rares.
On ne sait pas qui les a répudiés.

Auteur référencé
Vers

Aṭṭaṣ aykk yisi wul !
Wikk innan, wikk inwan
Aɣṛem nnex a dis xelqen imenɣan ?
Ulawen nnex ṭcuṛen s ṛṛẓeq nnex iẓwan !
Qqnen xefnex ibriden si cṛa d amcan.

Wikk iẓẓan At Winifen nnex ?
U ssmeyyet nnes tban !
« Garre de Figuig » turi dis si zman.

May tellid, a tamurt nnex,
A tenn d ax dd ijemεen ccmel nnex,
A tisent n ttarix nnex ?

Imenɣan s id Beɣdad d ukerkur,
Nesmeḥ i Taṣṛa d Umeɣṛuṛ.

May tellid ?

Ṣṣuṛ n uɣṛem d iḍuṛaṛ.
Cṛa d tizi mani tekkar :
Si Lmelyas l Jnan-ṭṭaṛ,
Al Ccebket, cḥal men gṭaṛ !

May tellid ?

Cḥal day n iɣeẓṛan ! ul tettat lemεader !
Qa tamurt n ucall bla-y-aɣebbeṛ !
Xedmen s ufus d lḥafer.
Qaε ul sḥeqqen l lkafer.

May tellid ?

Lejdud dejn ax dd ; u-lli sad nenkeṛ.
Imenɣan mawim ? Atan d lmunkeṛ.
Ixeṣṣ qaε an nekker !
Fus ukk fus, Ṛebbi ad iṣexxeṛ.
Mar netta yeclifen, cḥal day n tɣuṛaṛ,
Tiyni y ccwariyyat si lefjer al ṣfiṛaṛ ?

Ha lfeṣṣa, ha ɣanim,
Zid ula d affaṛ !
Qaε aḍεafu liman,
Isi mmic a din yuṛaṛ !

Ṛṛẓeq nnex iban. U-lli san neffer !
Ukk ass gayli u-lli san nacer.

Ifeyyey : sebεa n leqṣuṛ,
Kulci yella meḍṛuṛ.

Beɣdad a ss nisi d timeḍlin niɣ ujaṛ.
Leflaḥet nnex tella deffer iḍuṛaṛ.

Qaε s Lεeṛja d Berkukes,
Ifeyyey xeṣṣen ss iḍaṛen nnes.

Yren ayax i jaj n jaj n lmejmeṛ.
Kulci iteqqes. Ya Ṛebbi, ṛẓeq dd ṣṣbeṛ !
Abrid n neṣṣeḥḥ illa yenjeṛ.
Lḥeqq labudda a dd iḍheṛ.

Ecrit le : 25-04-2009

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Le cœur a tant supporté !
Qui soupçonnait qu’un jour
Dans notre ville des querelles s’éclatent ?
Nos cœurs sont encombrés de nos terres confisquées !
Les voies se sont fermées contre nous de partout.
Qui planta notre Beni-Ounif ?
Son nom est même révélateur !
"Gare de Figuig" y est écrite depuis longtemps.
Où es-tu, ô notre pays,
Ô toi qui nous unissais,
Ô toi essence de notre histoire ?
On s’entretue pour des déserts et des pierres,
Nous avons abandonné Tasra et Ameghrour.
Où en sommes-nous ?
L’enceinte de notre ville ce sont ses montagnes.
Chaque col menait vers une région :
Depuis Méliès jusqu’à Jnan Ttar,
À la montagne Chebket, tant d’hectares !
Où en sommes-nous ?
Tant de rivières ! N’oublions pas les champs de blé.
Tout cela est une terre qui ne nécessitait pas de fumier !
Ils ont travaillé avec leurs mains et des sabots.
Ils n’avaient pas besoin de [l’étranger] l’infidèle.
Où en sommes-nous ?
Nos ancêtres nous ont tant légué ; nous sommes
[reconnaissants
Pourquoi les querelles ? C’est une injustice.
Il nous faut nous lever !
Main dans la main, à Dieu de parfaire.
Avons-nous oublié les bottes de foin et les sacs de blé,
Et les dattes sur des bissacs de l’aube au crépuscule ?
Luzerne et roseau,
Et même du chiendent !
La moindre des choses
Et d’y voir jouer nos enfants.
Notre terre, c’est bien clair. Nous n’avons rien à cacher !
En plein jour nous y irons, nous ne sommes pas voleurs.
Figuig et ses sept ksour,
Tout le monde est lésé.
Considérons Baghdad comme cimetières ou même moins.
Nos cultures se trouvent derrière les montagnes.
Même avec Laarja et Berkoukes,
À Figuig manquent ses pieds.
Ils nous ont mis au fin fond d’un brasier.
Tout le monde grogne. Que Dieu nous donne patience !
Le bon chemin est bien délimité.
La justice sera inéluctablement réalisée.

Auteur référencé
Vers

Ya Mmu Duddu-y-aṭbib ennex !
A mmis n uɣeṛm ennex !
Etfajid es lemṛiḍ ennex.
Tufid ax eddwayat ennex.

Qaε aɣeṛm icehd exfec :
S elxuluq ed lexdemt ennec.
I Luṛupp teyyid eljehd ennec.
Tbeyyned dd elbuṛhan nnec.

Ac tetcuṛed d ixf ennec,
Tesmeḥd i ljib ennec,
Tdewled dd l uɣeṛm ennec,
Ettdawid elhell ennec.

Ya Mmu Duddu w Σebd Elḥeqq !
Ay aṭbib ennex !
Ya Mmu Duddu w Σebd Elḥeqq !
A wenn iffɣen yiwy ax dd maykk nesḥeqq !

Seqbeqb as ikk iḍ,
Niɣ ukk ass, ul ittqelleq.
Ad dd yas ad iẓeṛ lemṛiḍ,
Eddw al mikk iḥeqqeq.

U dic ineqqeṛ s ufus
Al mi d ac inna tanfuss.
Lemṛiḍ din-din iḥuss.
Ikker day s tisent n ufus.

Ac idawa yewdan,
Ixdem wala d iyṛan.
Issn i wmeqqṛan d umeẓẓyan !
Iẓẓull, iɣṛu lquṛan.

A ss ikafa Ṛṛeḥman
I ddunit d imudan.
Ttarix enns icnu, yban,
Yella y cṛa d amcan.

A ss ikafa ṛṛeḥman
I ddunit d imudan.
Ttarix nnes icnu yban.
Ssiwlen xefs i cṛa d amcan.

Ecrit en 2009

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Môu Douddou notre médecin !
Ô toi, fils de nos patelins !
Tu as consolé nos malades.
Tu as trouvé nos remèdes.
Toute la ville témoigne :
Grand labeur et sagesse.
En Europe, tu donnais sans cesse.
Tu as montré ton mérite.
Tout sagesse et savoir,
Tu as laissé les avoirs,
Tu es revenu de loin
Et tu guéris les tiens.
Ô Môu Douddou O'Abdelhak !
Ô notre grand médecin !
Ô Mou Douddou O'Abdelhak !
Tu es parti et nous as apporté ce dont nous avons besoin !
Appelez-le de jour ou de nuit,
Il dit toujours oui.
Il vient consulter le malade,
Et s’assure bien du remède.
Il ne vous examine
Qu’après une comptine.
Malade aussitôt apaisé,
Et guéri sans frais.
Il a soigné des gens
Et cultivé des champs.
Connu des petits et des grands,
Homme de foi, ce croyant !
Le Clément le récompensera
Ici-bas et même dans l’au-delà.
Son passé n’est que clarté
Et chez tous bien raconté.
Le Clément le récompensera
Ici-bas et même dans l'au-delà.
Son passé n'est que clarté
On en parle ; son nom est très tenté.

Auteur référencé
Vers

Ad iṛḥem Ṛebbi imselmen d temselmin,
Iṛḥem lmumnat d lmumnin.
Ddunit cḥal tṭewwel, labudda si tmeḍlin.
Ul ineffeε day ṣṣeḥḥ d ubrid n ddin.

Sikk isix yemma ukk uyen n nnεac,
Xlaṣ u dd iqqim ad iḥla lemεac.
Day leḥnuṭ d ucall an d lefṛac,
S ujenna d imudan d uḥettac.

Semḥ i-dd, a yemma, may di tisid.
Σeddbex cemm qbala wala y ellεid.
Iẓwa xfem yiṭṣ ukk ass d yiḍ.
Tesε chuṛ n neεdab εad ul tehnid.

Usix dd l ddunit qaε ul ssinex cṛa.
Σamayen n wuḍuḍ qbel tajṛa.
Ṭṭṣex ukk cu nnem ; u yi tedjid beṛṛa.
Ceḍnex cemm qbel cḥal n tamara.

U tcix u swix al d ymex.
Tebεex cemm s iḍaṛn al iyṛan nnex.
Nuf din baba ixeddem xefnex.
Iqqim issefham i-dd s leεqel mala yyex.

Rrkizet n tiddart d lwaldin.
Inna-y-ax t id Mulana i Lmeṣḥef n ddin.
Si mi ffɣex, εellqen, ul tthennin.
Xesn i-dd day taṣebḥi d wawal aḥnin.

Iḥya-y-ax Ṛebbi qaε nmeḍl in.
Ayen n wass muḥall a ss ttix, ul iccin.
Yaḥeṣṛah, a meskin, cḥal tuɣ isin !
Wikk ijemmεen ccmel day lwaldin.

Ṛeḥm in a Mulana ; ha cekk d aḥnin !
Yr in i ljennet nnec ʺfiha xalidinʺ.
Awd abrid nnex. Kulci ɣel din !
Iḥya-y-ax Ṛebbi al mi nemmut muslimin.

Ecrit le : 16-01-2007

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Que Dieu soit clément avec tous les fidèles,
Clément avec les croyantes et les croyants.
Pour la vie, quelle que soit sa longueur, les tombes sont
[ inévitables.
Ne comptent que le sérieux et la voie de la foi.
Depuis que sur le brancard j’ai pris ma mère,
La vie m’est devenue amère.
Embaumement et terre comme couche,
Dalles et arbrisseaux désertiques d’en haut.
Pardon, ô mère, pour ce que tu as enduré pour moi.
Je t’ai fait souffrir même en temps de fête.
Tu as perdu sommeil de jour comme de nuit.
Neuf mois de souffrance et ce n’était pas fini.
Je suis venu au monde ignorant tout.
Deux ans de tétées avant le plat [de couscous].
J’ai dormi en ton giron ; tu ne m’as jamais laissé ailleurs.
Je t’ai préoccupée et tant de peine t’ai causé.
J’ai mangé, j’ai bu jusqu’à grandir.
Je t’ai accompagnée à pieds jusqu’à notre jardin.
Nous y trouvions mon père qui travaillait pour nous.
Il m’expliquait sagement que faire.
Le pilier d’une famille, ce sont les parents.
Le Seigneur nous l’a bien dit dans le Saint Livre.
Dès que je sortais ; ils s’inquiétaient et se souciaient.
Ils ne me voulaient que du bien avec de tendres paroles.
Dieu nous a gardé jusqu’au jour où nous les avions enterrés.
Ce jour-là, je ne l’oublierai pas, non.
Hélas, ô pauvre homme, combien ils supportaient !
Qui rassemble si ce ne sont les parents.
Sois clément envers eux, ô bon Dieu ; Vous, le tendre !
Ouvrez leur votre paradis pour l’éternité.
C’est notre destin. Tous, là-bas !
Que Dieu nous garde pieux jusqu’à la mort.

Auteur référencé
Vers

Mannix ddunit ifaten
Mi nemlaqa s tceεεalt jaṛ isqifen ;
Hnan, feṛḥen wulawen
Day s ibliblan i teydurt mmuneswen.

Qaε xelqen hnan
Am irgazen am tzednan.
Cṛa d tiddart teεlem ameqqṛan.

Ḥezzmen, xedmen uzzal.
Lehlat i ṭṭuft d iẓeḍwan.
Wala d asenwi ikk qecḍan.

Lxuḍeṛt maykk iεlem iyṛan.
S tiyni qaε ymen ṣṣebyan.
Tajress ikk cḍifen d iεuban.
Ṣṣif i ccayet d waman.

Day s uɣyul d userdun
Qawmen, sseymen lwacun.
Cḥal n teεzilin ixelqen
Sukk ulli d tfunasin d tɣeṭṭin.

S tiyni d uɣi djiwnen,
D wudi d ibressa isbennen !
Imendi i tsirt n ufus aykk ẓḍen.
D tudri n tezgawin ikk sqifen.

Lεefṣ d lefdam n tezdayin
I ccwareyyat d zznabel n sḥeqqin.

Texleq nneyyet d umεawan :
Mani kkren am imeẓwan.

Ṭewwεen iyṛan, iwyen dd aman,
Cerzen lemεader, ẓẓan iɣeẓṛan.

La tfawt, ula ttilifizyun,
La ṛṛaḍyu, la ttilifun.
At lejmaεet ḥezzmen s usɣun.
Wileh a wi dd ibanen d ameεfun

Ecrit le : 14-06-1999

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Que me manque la vie passée
Quand nous nous croisions des flambeaux à la main dans les | [ruelles,
Cœurs apaisés et heureux
Même avec des bribes, ils dînaient.
Ils étaient tous apaisés
Hommes et femmes.
Et chaque maison avait un sage.
Ils ont travaillé dur, ils ont travaillé le fer.
Les femmes à la laine et au tissage.
Même la cuisine se faisait au feu de bois.
Nos légumes provenaient tous de nos jardins.
Avec les dattes les bébés ont grandi.
L’hiver réunis dans des tapis et couvertures en laine.
L’été dans les robes et les eaux [natation].
Avec âne et mulet
Ils ont combattu et élevé les enfants.
Il y avait tant de troupeaux
De moutons, de vaches et de chèvres.
De dattes et de petit-lait ils ont rempli les panses,
Et d’huile de beurre et du délicieux fromage sec !
Ils ont moulu tant de blé avec des meules en pierre.
Ils ont tressé des couffins dans les ruelles plafonnées.
Folioles et trames fibreuses de palmiers
Nous ont été utiles dans nos ʺzenbilʺet bissacs.
Les hommes étaient honnêtes et solidaires :
En toute entreprise ils étaient forts comme des ogres.
Ils ont défoncé la terre et ramené l’eau.
Semé du blé et planté des palmiers dans les oueds.
Ils ne disposaient ni d’électricité, ni de télévision,
Ni de radio, ni de téléphone.
Les gens de la commune bien vigilants étaient.
Gare à celui qui mal se comportait.

Auteur référencé
Vers

Miḥmiḥ ifuḥ l beṛṛa
Qaε u dd yiwiy cṛa.
Wikk ul tejmiε tejṛa
Qaε ul ifehhem cṛa.

Hlekn ax imessasen.
Neḥṣel jaṛ asen.
Nenna fehmen, ɣṛen.
Ulawen nsen ṛɣen.
Ac ymen dd lluẓen,
Σemmeṛhum djawnen.

Day heddmen, ul ccinen.
Day maykk ul mmutren.

Cekk tessid as leḥrir.
Netta itessa-y-ac amesmir [ɣatir].
Ul nnes d lqeṣḍiṛ.
Wu ḥṛam dis lxir.

Lweqt tḍuṛ ; ssnen
Ad sṛewṭen maykk cerzen.

Lbeṛṛani ṛẓemn as tifelwin ;
Mmis n tmurt ifehm in.

Ul nnin d lεib wala d lεaṛ,
Ṛebbi iwaṣṣa yax s ljaṛ
Am yumac niɣ ujaṛ
Qbel kulci d amezwar.
Ṛebbi aykk iεelmen s leṣṛaṛ.
Rebḥen day lεib d lεaṛ.

Ecrit le : 04-03/1991

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Nos crêpes sentent vers l’extérieur
Et n’en rapportent rien.
Qui n’est pas réuni autour d’un plat [de couscous]
Ne comprendra rien.
Les maudits nous ont malmenés.
On est perdu entre eux.
Nous avons cru qu’ils étaient compréhensifs et instruits.
Leurs cœurs brûlent.
Ils ont poussé affamés.
Jamais ils ne seront satisfaits.
Sans réparer ils détruisent tout.
Tout, excepté ce qu’ils n’ont pas vu.
Tu lui étales de la soie.
Il t’étale les clous [les épines].
Son cœur est en zinc.
Pour celui là, le bien est maudit.
Le temps est passé et ils ont su
Dépiquer ce qu’ils avaient semé.
Ils ont ouvert les portes à l’étranger ;
Le fils du pays les a bien compris.
Ils n’y voyaient ni honte, ni injuste.
Dieu a recommandé des soins pour notre voisin
Tel un frère voire plus,
Priorité avant tout pour lui
Dieu seul connaît les secrets
Ils n’en récoltent que mal et honte.

Auteur référencé
Vers

Mani nella nṛaḥ ?
Yisi-y-ax yiɣẓeṛ !
Mani nella nṛaḥ ?
Iyr ayax i lebḥeṛ !

Qebcet, tnetrem !
Kkert, a ccabab !
Lhell nnex kkern i leεdab.

Xedmen Lanjiri,
Qqsen dd i Bariz.
Qaε ul εad ijmiε lbaliz.

Nelha day d umseṛḥal.
Mani nṛaḥ, iṭṭf ax lḥall.

Cḥal iɣebren, ihmel.
Mannan lhell nnes a dd idwel.

Wikk iffɣen tamurt nnes
Xlaṣ, u dd iqqim i ṛṛay nnes.
Ibna tamurt u-lli nnes.
H ac ymen dis warra nnes.

Lefhem aw d may dd yiwey.
Nṛaḥ a dd nawey, nettwawey.
Kulci yeḍṛay, kulci yeṛẓay.
Kulci yus ax dd si lqelt n ṛṛay.

Ac d cnim, a ccabab !
S teɣṛi ad tṛeẓmem ellbab !

Mta necni neɣleṭ,
Hac si zman nella wkk seṛweṭ.

S teɣṛi ad tessnem, tfehmem.
Seqsat s ttarix n nejdud nwem.
Tamurt nwem tella tettṛaεa cnim.
U cnim tenkir, u cnim teḥṛim.

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Où allons-nous ?
Le courant nous a emportés !
Où allons-nous ?
Il nous a jetés dans la mer !
Combattez, résistez !
Levez-vous, ô jeunesses !
Nos ancêtres ont réussi dans la souffrance.
Ils ont travaillé en Algérie [française],
Ils se sont trouvés à Paris.
La valise non encore rangée.
Nous restons d’éternels vagabonds.
Et là où nous nous posons, nous restons.
Nombreux sont ceux cachés et ceux égarés.
De les revoir, leurs parents sont désespérés.
Qui quitte sa terre
N’est plus dans sa tête.
Il construit un pays qui n’est pas sien.
Et sa progéniture y pousse.
C’est ce que nous avons pu comprendre.
Nous sommes allés rapporter et nous sommes emportés.
Tout est amer, tout est trop salé.
Tout cela est dû à notre égarement.
Ce sont vous, ô jeunesses !
Qui, avec la science, ouvrirez la porte !
Si nous nous sommes trompés,
C’est que depuis toujours nous sommes dans le radotage.
Avec la science vous saurez et vous comprendrez.
Cherchez l’histoire de vos ancêtres.
Votre pays vous attend.
Il ne vous nie pas, il ne vous prive pas.

Auteur référencé
Vers

A lwacun ! a lwacun !
A xxuti ! mani tellam ?
Lεeṛbi yettuεayer ;
An d lexyar n iwdan !

Tṛaḥed l at Winifen,
Talyed ssyin d errifen

At Teɣla, ac nessen ten.
At Tmeẓẓuɣt d icemjan.

Tṛaḥed ssyin l at Σameṛ !
Tisednan am ljuheṛ !

Tṛahed ssyin l at Wadday,
Taymarin n ijeldan !

Cnimti siwt Sliman
Qaε teyyemt nniban

Cnim ay at Lemεiz,
Hac d alḥubb aleεziz !

Cnim ay at Σeddi !
Wac ḥalkum, ya weddi ?
Am lḥebbat n imendi
Ittwafen ikk nuṛaṛ !

Tṛaḥed ssyin l at Nnej,
Ac d amcan n ubehhej !

Tehwid d ssyin l Iẓnayen !
Wac ḥalkum d lemḥayen ?
Id yillay n iẓeṛwan,
S tsekkift n waman iḥman !

Cnimti, a siwt Σisa !
Tuṣbihin n iɣensa !
Mi temlaqamt s xemsa,
Am tetbirin n itelwan !

Cemm a ṃaṃṃa Σica,
A yellis n nbaca !
Mi ttafyed i lḥeṛca,
Tizerzert n iḍuṛaṛ !

Cnimti, siwt Ḥemmadi !
A yessis n Sidi !
Ul teqqiṛemt lεaṛ,
A yeṣbeḥ cnimti yimi !

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Ô jeunesses ! Ô jeunesses !
Où êtes-vous, ô mes frères ?
Laarbi est dénigré ;
Lui, le meilleur des hommes.
Tu te rends à At Winifen [Beni-Ounif].
De là tu prends la route du piedmont.
Les gens de Taghla [un ksar], nous les connaissons.
Ceux de Tamezzought [un ksar]sont escalaves.
De là, tu pars vers At Aamer [un ksar],
Leurs femmes telles des perles elles sont !
Tu te diriges vers At Wadday [un ksar],
Des juments de rois !
Vous femmes d’At Sliman [un ksar],
Ô belles aux dents dorées !
Vous, ô gens d’At Lamiiz [ksar],
Ô l’amour le plus cher !
Vous, ô gens d’At Addi [habitants d’un ksar] !
Comment êtes-vous ?
Telle des graines de blé
Des aires de battage !
De là, tu vas vers At Nnej [un ksar],
Votre terre, de gaieté est célèbre.
Tu en descends vers Iznayen [habitants d’un ksar] !
Comment allez-vous dans vos peines ?
Le roc que toujours vous escaladez,
Pour une goutte d’eau tiède.
Vous, ô filles d’At Aïssa !
Vous aux beaux visages !
Quand vous vous réunissez à cinq,
Telles des colombes sur des balustrades !
Toi, ô mignonne Aïcha,
Toi, fille de pacha !
Quand tu cours dans les déserts,
Ô gazelle des montagnes !
Vous, ô filles de Hammadi [un quartier ou un homme ?] !
Vous, filles du Seigneur !
Vous n’offensez personne.
Que vos propos sont doux ! 

Auteur référencé
Vers

Hac iḍ u d aṛewweḥ n tesleyt l usli.
An neṛkeḍ, nɣenni, s ubeqqa, s usluli.

Leḥbab qaε yeḥḍeṛ.
Ṛebbi ad iṣexxeṛ.
Ncaḷḷah ad iεemmeṛ,
Iṭewwel as i leεmeṛ.

Lbeqrej i lmejmeṛ.
Atay i ṣṣwani yεemmeṛ.
Lmayet tuley, tnewweṛ.
S lεud d ubeqqa d lebnader.

Tizednan i ṣṣḍuḥ rekkbent dd sikk telli
Irgazen ukk ṣaṛay kulci s lmizan

Eyyn as lεaṛ nnes ;
Feṛḥen lhell nnes.
Ad ibna-y-aqedduḥ nnes ;
Ijjujed l warra nnes.

Σuqbal l wi dd iqqimen,
Ncaḷḷah ad kkren.
Hac ammu si zman
S ṛṛeḥmet si Ṛṛeḥman.

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Aujourd’hui la fiancée se rend chez son fiancé.
Qu’on danse, chante, applaudisse et lance des youyous
Les proches tous présents.
À Dieu de parfaire.
Que sa famille soit nombreuse.
Et longue soit sa vie.
La bouilloire sur le réchaud,
Le thé servi sur des plateaux,
La musique en harmonie
De luth, d’applaudissement et de tambours.
Des femmes admirant depuis les balustrades
Les hommes dans la cour ; tout est en harmonie.
On a organisé son mariage ;
Sa famille toute heureuse.
Qu’il construise son nid ;
Et prépare pour ses petits.
Que ceux qui restent,
Se décident au mariage.
Ceci est depuis des lustres
Une clémence du Clément.

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