Aṭṭaṣ aykk yisi wul - Le cœur a tant supporté

Vers

Aṭṭaṣ aykk yisi wul !
Wikk innan, wikk inwan
Aɣṛem nnex a dis xelqen imenɣan ?
Ulawen nnex ṭcuṛen s ṛṛẓeq nnex iẓwan !
Qqnen xefnex ibriden si cṛa d amcan.

Wikk iẓẓan At Winifen nnex ?
U ssmeyyet nnes tban !
« Garre de Figuig » turi dis si zman.

May tellid, a tamurt nnex,
A tenn d ax dd ijemεen ccmel nnex,
A tisent n ttarix nnex ?

Imenɣan s id Beɣdad d ukerkur,
Nesmeḥ i Taṣṛa d Umeɣṛuṛ.

May tellid ?

Ṣṣuṛ n uɣṛem d iḍuṛaṛ.
Cṛa d tizi mani tekkar :
Si Lmelyas l Jnan-ṭṭaṛ,
Al Ccebket, cḥal men gṭaṛ !

May tellid ?

Cḥal day n iɣeẓṛan ! ul tettat lemεader !
Qa tamurt n ucall bla-y-aɣebbeṛ !
Xedmen s ufus d lḥafer.
Qaε ul sḥeqqen l lkafer.

May tellid ?

Lejdud dejn ax dd ; u-lli sad nenkeṛ.
Imenɣan mawim ? Atan d lmunkeṛ.
Ixeṣṣ qaε an nekker !
Fus ukk fus, Ṛebbi ad iṣexxeṛ.
Mar netta yeclifen, cḥal day n tɣuṛaṛ,
Tiyni y ccwariyyat si lefjer al ṣfiṛaṛ ?

Ha lfeṣṣa, ha ɣanim,
Zid ula d affaṛ !
Qaε aḍεafu liman,
Isi mmic a din yuṛaṛ !

Ṛṛẓeq nnex iban. U-lli san neffer !
Ukk ass gayli u-lli san nacer.

Ifeyyey : sebεa n leqṣuṛ,
Kulci yella meḍṛuṛ.

Beɣdad a ss nisi d timeḍlin niɣ ujaṛ.
Leflaḥet nnex tella deffer iḍuṛaṛ.

Qaε s Lεeṛja d Berkukes,
Ifeyyey xeṣṣen ss iḍaṛen nnes.

Yren ayax i jaj n jaj n lmejmeṛ.
Kulci iteqqes. Ya Ṛebbi, ṛẓeq dd ṣṣbeṛ !
Abrid n neṣṣeḥḥ illa yenjeṛ.
Lḥeqq labudda a dd iḍheṛ.

Ecrit le : 25-04-2009

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Le cœur a tant supporté !
Qui soupçonnait qu’un jour
Dans notre ville des querelles s’éclatent ?
Nos cœurs sont encombrés de nos terres confisquées !
Les voies se sont fermées contre nous de partout.
Qui planta notre Beni-Ounif ?
Son nom est même révélateur !
"Gare de Figuig" y est écrite depuis longtemps.
Où es-tu, ô notre pays,
Ô toi qui nous unissais,
Ô toi essence de notre histoire ?
On s’entretue pour des déserts et des pierres,
Nous avons abandonné Tasra et Ameghrour.
Où en sommes-nous ?
L’enceinte de notre ville ce sont ses montagnes.
Chaque col menait vers une région :
Depuis Méliès jusqu’à Jnan Ttar,
À la montagne Chebket, tant d’hectares !
Où en sommes-nous ?
Tant de rivières ! N’oublions pas les champs de blé.
Tout cela est une terre qui ne nécessitait pas de fumier !
Ils ont travaillé avec leurs mains et des sabots.
Ils n’avaient pas besoin de [l’étranger] l’infidèle.
Où en sommes-nous ?
Nos ancêtres nous ont tant légué ; nous sommes
[reconnaissants
Pourquoi les querelles ? C’est une injustice.
Il nous faut nous lever !
Main dans la main, à Dieu de parfaire.
Avons-nous oublié les bottes de foin et les sacs de blé,
Et les dattes sur des bissacs de l’aube au crépuscule ?
Luzerne et roseau,
Et même du chiendent !
La moindre des choses
Et d’y voir jouer nos enfants.
Notre terre, c’est bien clair. Nous n’avons rien à cacher !
En plein jour nous y irons, nous ne sommes pas voleurs.
Figuig et ses sept ksour,
Tout le monde est lésé.
Considérons Baghdad comme cimetières ou même moins.
Nos cultures se trouvent derrière les montagnes.
Même avec Laarja et Berkoukes,
À Figuig manquent ses pieds.
Ils nous ont mis au fin fond d’un brasier.
Tout le monde grogne. Que Dieu nous donne patience !
Le bon chemin est bien délimité.
La justice sera inéluctablement réalisée.

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