By Anonymous (not verified) , 21 December 2025
Description du jeu

D tuṛaṛt n imeẓẓyanen qbala. Nteṭṭef dis fus n yidjen n ubeẓẓiw ammen ad neyy iman nnex ntekk dis cṛa n usenwi. Nttuṛaṛ utcu qaε i may ntekk, mukud ad neẓga belli nella nettwacar, nekker nazzel ammen a dd nerza imucer. Nettaf i s wadday n tiddeɣt n ubeẓẓiw, mukd neyy as degdeg niɣ herr. Mi neffeɣ ad nerza aceffaṛ, ntekk ticli nnes al neqqaṛ : « Nikker, nimmer, nas t id d uccen, nenɣ i. » nix « Kk aneɣ da ! ssa neɣ da ! immat umuc̣c̣ d uɣerda ».

 

Jeu d'enfants en bas âge où on saisit la main d'un enfant pour y simuler la préparation d'un repas, souvent le couscous, puis on crie: << Au voleur ! >> et on part à sa recherche. On le trouve ensuite sous l'aisselle de l'enfant qu'on chatouille. Quand on court à la recherche dudit voleur, on simule la marche de l'homme qui cherche avec deux doigts d'adulte en guise de pieds sur avant bras en disant: nikkr, nimmr, nas t id d uchen, nengh i. «Nous nous sommes réveillés, nous nous sommes précipités, nous l'avons trouvé chacal, nous l'avons tué.» ou - kk angh da! ssa angh da! imma t omoch d oughrda. <<Campons ici! Etalons [nos couches] ici! Le chat et la souris l'ont mangé ».

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Nikker, nimmer
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img-002.png | Nikker, nimmer | public://games-images/img-002.png
By Anonymous (not verified) , 21 December 2025
Description du jeu

D tuṛaṛt n trubaε. Nettuṛaṛ it i ccwaṛej nix ijedlan deg ttemɣemmasn imyuraren. Inn ittuṛaṛen ttɣiman ajenna n itelwan n ccaṛij, cṛa zzat cṛa. Mi sellen i wi ten issuyren, ad nekkzen l wammas n ccaṛij. qqimen ttmenɣan. Cṛa d idjen irddza ad iɣemmes ameddukel (aḍlib) nnes, isεeḍl i din afuḥ. Imyuraren ttemmessrafen s wenn d asen dd ittibanen d azeεluk. Tbedda tuṛaṛt mi tiwḍ cṛa n terbaεt ad tkimex qaε imyuraren n terbaεt nniḍen. W iswen aman nix wim zewɣent tiṭṭawin nnes ittusamma ul issin i cay.

 

Jeu d'équipes qui se pratique dans des bassins d'eau où des joueurs s'amusent à se faire noyer les uns les autres. Les membres des équipes adverses se tiennent debout sur les rebords d'un bassin, les uns face aux autres. Au signal, les nageurs plongentet se dirigent vers le centre du bassin. La lutte commence et chacun d'entre eux tente d'immerger, noyer ou couler un adversaire et de le paralyser un instant. Les joueurs peuvent s'épauler pour attaquer un adversaire résistant ou jugé fort. La partie est gagnée par une équipe si elle arrive à combattre tous les membres de l'équipe adverse. Celui qui boit la tasse ou qui a les yeux rouges est considéré comme non connaisseur.

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Amghemmas
test
img-001.png | Amghemmas | public://games-images/img-001.png
By Anonymous (not verified) , 21 December 2025
Description du jeu

D tuṛaṛt s igεad n wulli. Ttuṛaṛent ett tlata n twacunin nix n lwacun s xemṣeṭṭac n yixsan. Amyurar amezwar ittzerra qaε ayen n yixsan l ujenna, mi dd uḍan, yusr ad qqimen bedden. Yittsi qaε ixsan ibedden, mukud dex, izerr inniḍnin l ujenna. Metta ul izmir, a xefs iṭṭef umyurar nniḍen. Yuser cṛa d amyurar ad yisi xemsa n yixsan nix sad as iyy wenniḍen ikṣiṛen. Wenn iɣelben an d wenn yisin aṭṭaṣ n yixsan si tuṛaṛt. Ttuṛaṛen tt midden i tmurt iεelmen call nix aberda, u-lli cay i tmurt iqquṛen.

 

igâad, sing. - agâoud «phalange». C'est un jeu pratiqué avec des phalanges de moutons. Il se joue à trois, filles ou garçons, et nécessite quinze os en tout. Les joueurs sont classés par tirage au sort ilel ou achirg. Le premier qui entame le jeu lance les quinze os vers le ciel dans l'espoir qu'ils se tiennent en position verticale lorsqu'ils retombent. Il ramasse tous les os qui sont dans cette position et répète le même mouvement. S'il n'arrive pas à avoir au moins un os en position verticale, le joueur suivant le relaie et fait la même opération avec ses osselets. Un joueur doit réussir à tirer au moins cinq os du jeu; autrement, pour lui, ce sont des points en moins dans son score. Le gagnant est celui qui tire un grand nombre d'os du jeu. Le terrain pour ce jeu doit être un peu sableux et non dur.

Illustration
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Igâad
Explication / Paroles / Traduction

Atan, atan a yemma,
Wi yutefn i ttejnid
Atan, atan, a yemma,
Ixeṣṣ i wul n neḥdid.

Ma mère, ô ma mère,
Celui qui va au service militaire,
Ma mère, ô ma mère,
Aura besoin d’un cœur en fer.

Nεewwel s bermesyun,
A ss nisi y llεid n wyesum,
An nehwa l Ifeyyey,
An nẓeṛ lhell d leḥbab.

Nous comptions bénéficier d’une permission,
A obtenir pour la grande fête
Afin d'aller à Figuig
Voir nos familles et proches.

Wa d assu, d ayetca,
Al d taweḍ Σaṛafa.
I dd yus lqebṭan,
Bermesyun ul iban.

Du jour au lendemain,
Le jour d'Arafat est arrivé.
Quand le capitaine est venu,
De permission, il n’y avait plus.

I ṣṣbaḥ n nexmis,
Nekker nenεel blis.
Neffeɣ nenyu ṭṭubiṣ
D un nettmliqi d lbulis.

Un jour de jeudi,
Nous nous sommes décidés.
Nous sommes sortis et nous avons trouvé un bus
Pour éviter de rencontrer la police.

Wa nehwa y lgaṛaj.
Nekker nɣebr i jaj.
Al sad inqel lkaṛ,
Σad nelṣeg i deffer.

Nous sommes descendus à la gare.
Nous nous sommes cachés à l’intérieur.
Au départ du car,
Nous nous sommes accrochés à lui.

Lkaṛ ikk iqelleε,
Necni nenna nemneε.
Saεa yedjen n wul abercan
Qa w xefnex idji-y-amcan.

Quand il a démarré,
Nous nous sommes crus sauvés.
Mais un homme au cœur noir
Dans notre recherche n’a écarté aucun lieu.

I dd yus lqebṭan,
Inna-y-as : « Mekki Σetman. »
Netta d Lεeṛbi wl Menṣeṛ,
Ata ṛewlen i lefjer.

Quand le capitaine est arrivé,
Il lui a dit : « Mekki Atmane. »
Lui et Larbi O’Lmansar,
Ils ont déserté dès l’aube.

Necni, nenna teḍmen.
Tamddit an nekkes leɣben
I lemεac un netci
Wa si nutf i lkeṛṭi :

Nous nous considérions sauvés.
Le soir, nous allions nous régaler
Dans la nourriture que nous n’avons mangée
Depuis que nous nous sommes entrés à l'armée :

Aɣṛum n nebṣel
D wutcu yfetlen ifeṣṣel.
Ḥeṛṭiṭa mi teẓẓɣeṛ
Tif qa lmakelt n nεeṣkeṛ.

Le pain aux oignons
Et le couscous beurré et bien préparé.
Les crêpes bien beurrées
Valent mieux que toute nourriture de l’armée.

Ikk nergeb s Ifeyyey,
Iεeṛḍ ax dd ujaḍaṛmey.
Iceyyr as i ccifuṛ
Ad isṛeyyeḍ lmutur.

Quand de Figuig nous nous sommes approchés,
Un gendarme nous a arrêtés.
Il a fait signe au chauffeur
Pour qu’il arrête le moteur.

Iwεed yawkan l deffer.
Nexleq din day lεeṣkeṛ :
Nettc d mmis n At Lmenṣeṛ,
Ṃṃani taɣd Σumeṛ.

Il s'est dirigé aussitôt vers l’arrière.
Nous y étions tous militaires :
Moi et le fils d’At Elmansar,
Mmani et Omar. 

Inna-y-ax dd lkumanḍaṛ
Iyy as dd ttilifun.
Inna-y-as : « Σeṛḍ i lkaṛ.
Llan ṛewlen dd dis lwacun. »

Il nous a dit que le commandant
Lui a téléphoné.
Il lui a dit : « Arrête le bus
Car des déserteurs s’y trouvent. »

Tuɣ nεewwel an nenkeṛ :
« Necni w cay si lεeṣkeṛ. »
Ha lḥall i dd iẓeyyeṛ,
Ma bina day nqerr.

Nous comptions nier
Et dire : « Nous ne sommes pas de l’armée. »
Quand nous nous sentions coincés,
Nous n'avions qu'à avouer.

Ma bina day nehwa.
Lkaṛ, ikk nersu, yeẓwa.
Wa day qqaf qerqellaf
Neqqes dd i lbiru n ccaf.

Nous sommes descendus.
A notre descente, le bus s'en est allé.
Après un petit rien du tout,
Nous nous sommes trouvés au bureau du chef.

Ibda ykk id ssu’al.
Yac nqerr qbel leεdab.
Mi nenna cṛa n wawal
Illa yqeyyed i y lektab.

Il a entamé son interrogatoire.
Nous avons avoué avant la torture.
Tout mot dit par nous
S'est trouvé consigné sur un livret.

Inṭeq dd : « Ha y lqeṛṭaṣ ? »
Yac u ɣernex illi y ljib.
Nnan as : « Ac xlaṣ !
Ṣelli εel ṛṛṣul leḥbib » !

 Il a demandé : « Et les balles ? »
Si nous les avions dans nos poches.
Ils lui ont répondu : « Oh assez !
Priez pour le saint prophète. »

Ikk fekkeṛn i lefṛac,
Yac afen walu lekwacc.
Wa nehwa l tiddart.
Lajip nedj it i Tecṛaft.

Quand [les gendarmes] ont pensé au couchage,
Ils se sont aperçus que de couvertures ils n'avaient pas.
A nos maisons nous sommes allés.
La jeep, à Tachraft[1], nous l'avons laissée.

Sellmex s w iḥeḍṛen.
Qaε ayetma feṛḥen.
Wa ɣillen yumatsen
Yus dd a kidsen iεeyyed.

J'ai embrassé les présents.
Tous mes frères étaient heureux.
Ils croyaient que leur frère
Est venu passer l'Aïd avec eux.

Tenna yi-dd yemma : 
« Yeṛεa, ul ttɣima.
Ax ac tahidurt.
Ata tella teṣmeḍ tmurt. »

Ma mère m'a dit :
« Attends, ne t'assoie pas.
Tiens cette basane.
La terre est froide. »

Nniɣ as : « Makan εlac.
Debbeṛ i-dd ukan i lekwacc.
Illa yettṛaεa wjaḍaṛmey.
Wa sad nsex ikk Feyyey. »

Je lui ai dit : « Cela ne vaut pas la peine.
Trouve-moi seulement des couvertures.
Un gendarme m'attend.
Je vais dormir à Figuig d'en Haut. »

Tenna yi-dd : « A lewlid,
Mar manayen teyyid ?
Nix tṛewled dd si ttejnid
Ammen a ɣri teyyed llεid ? »

Elle m'a dit : « Ô mon fils,
Mais qu'aurais-tu fait ?
Ou tu t'es enfui du service
Pour passer l'Aïd avec moi ? »

Tenna yi-dd : « A meskin,
Ul ittqiniε ḥedd lεeṣkeṛ,
Illa ɣrec itnin,
Lεafit aɣd yiɣẓeṛ. »

Elle m'a ajouté : « Ô pauvre,
On ne contrarie pas les militaires,
Eux,
Le feu et les oueds. »
 

[1] Place Tachraft, au centre du ksar Zenaga.

Année
1974
Artiste référencé
Explication / Paroles / Traduction

Ruḥ, ay anexdam a dd tawyed lidam.
Ata lmall n nejdud u-lli sad idam.

Va, ô ouvrier, chercher la nourriture.
Le legs des ancêtres ne durera pas longtemps.

Wa ta yeffeɣ si teɣṛi, iẓwa l lxarij.
Illa yṛaḥ l Ppari, yuḥel i tthimij.

Il quitte les études et s’en va à l’étranger.
Destination Paris, il a assez de l’oisiveté.

Inna-y-as i yemmas : « Jujd i-dd lbaliz !
Tella tus dd lkunṭṛa ; ad ṛaḥex l Bariz. »

Il dit à sa mère : « Prépare-moi ma valise !
Un contrat de travail m’est venu de Paris. »

Tenna-y-as : « A wldi, tellid d ameẓẓyan !
Ul εad xefc iwjib leblad n Iṛumyen.

Elle lui dit : « Mon fils, tu es encore petit !
Tu n’as pas encore l’âge des pays des Roumis.

Mta-y-anak texsed, wa qal cc si tzufrit.
Llix ḥarex zzic si cṛa n tṛumit. »

S'il te plaît, renonce à cette vie d'émigré.
Je crains pour toi qu'une Européenne [te prenne]. »

Inna-y-as : « A yemma, mawim ayu n ddunit ;
Ukan necni nεic day i tdwirit ?

Il lui dit : « Pourquoi une telle vie, ô mère ;
Sommes-nous obligés de vivre toujours dans une masure ?

Mar h an nṛaḥ an neqql mani zzg ala naɣ.
An nṛaḥ an njeṛṛeb may d ax ala nessufeɣ ! »

Il faut que j’aille trouver d'autres horizons
Pour tenter ce qui me sera bon ! »

Tenna-y-as : « A weldi, ha mar ad icen ?
Wa day qabl iyi al mi d ac nercel.

Elle lui dit : « Ô mon fils, est-ce convenable ?
Reste avec moi jusqu’à ce qu’on te marie.

Iwa la ya teẓwid, ssyin l ɣel din,
Tellid teẓwid mhenni si ljihet n nwaldin. »

Même si après tu t’en vas là-bas,
Sans souci du côté de tes parents tu partiras. »

Argaz ihwa, yuley, inna : « Ya Laṭif !
Tellid treddzid a yi teyyed i lmendif.
Ammen ala reclex, lmall inzu bessif.
Ul tufid wala d ayniw i lexrif. »

Le fils médite et dit : « Ô Clément !
Toi, tu cherches à me pendre au piège.
Pour que je me marie notre terre a été vendue.
On ne trouve même pas une datte, l'automne. »

Tenna-y-as : « A weldi, iwa Ḷḷa yehdik ! 
Mta texsed, rrbeḥ, wa qal cc si ttbeεkik ! » 

Elle lui dit : « Mon fils, que Dieu t'oriente [vers le bon]. 
Si tu veux réussir, évite la dérision. »

Ikker iḥezzem, ittkel s Ṛebbi.
Ul temdi sebεeyyam, iqqes dd i ccanṭi.

Le fils se lève et se lance, sur Dieu il comptait.
Au bout d’une semaine, il se trouve dans des chantiers.

Abrid nnes iserreḥ, qaε u dis iεḍil
Al d yiweḍ lbit nnes i luṭil.

Son trajet est droit. De temps il ne lui prend pas
Jusqu’à ce qu’il rejoigne sa chambre à l’hôtel.

Ikker inehhej din cṛa n yumayen.
Iẓṛu dis lεedjeb i tmurt n Iṛumyen.

Deux jours de repos il a pris.
Il a vu des merveilles au pays des Roumis.

Ixdem din asekkwas, idwel dd am leqcert
S lefhamat n ccifan d zzεaf n neεcert.

Il y a travaillé une année et est devenu [pâle] comme une peau [de grenade]
A cause des ordres des chefs et des problèmes de la vie de société.

Mani yella wṣebbeḥ wala yella wejris,
Tafed t din i beṛṛa yettṛaεa ṭṭubiṣ.

Dès le petit matin même s’il fait froid,
On le trouve attendant le bus hors [de son toit].

Mikk ikemmel, i lejwayeh n tmeddit,
Sad iṛaḥ nican ad iwεed l lbit.

Quand il termine [sa journée] vers le soir,
Vers sa chambre il va tout droit.

Ul iẓẓiṛ lqehwa wala ssulima.
Day abrid nnes ittaɣ zzis dima.

Il ne voit ni café ni cinéma.
Il prend toujours le même chemin.

Mi yiweḍ lbit, yaf imeddukal :
Cṛa yuf i tṭaṛ as, cṛa yella yuḥel.

Quand il arrive dans sa chambre, il retrouve ses amis :
Certains ennuyés, d’autres épuisés.

Idjen ad issired, idjen iseyyeq.
Wu mta yxeṣṣ cṛa, a t id isewweq.

L’un lave le linge, l’autre essuie la terre
Et l'autre achète ce qui manque.

Tadwireyt nsen "ma cett lik ma nεid" :
Cṛa yeṭṭeṣ s cṛa day am leṛwaf.
Xelqen din s εecṛa, εad u-lli bezzaf.

Leur taudis ne vaut pas qu’on en parle :
Ils dorment les uns sur les autres comme dans des tiroirs.
Ils habitent à dix et ce n’est pas assez dit.

Mi n was n nḥedd, walu-y-areyyeḥ.
Amcan illa ywessex d cṛa yjeyyeḥ. 

Le dimanche sans repos.
Le lit est sale et pourri.

Mani deg sad afen cṛa n nnacaṭ ?
L ssaεet n yiṭeṣ mta εad tcaṭ dd (tcaṭ ṭ).

Où trouveraient-ils un moment de jouissance ?
Au temps du sommeil s’il en reste.

Qaε anccu y leεdab day s tinn ammu.
Argaz kulci yeẓṛ i, qaε majjabu.

Tout ce malaise c'est pour l’argent.
L’homme endure tout, il n'en fait pas de souci.

Ṛebbi yella-y-asn ukk uyen n izufray.
D ax dd illa yessiεic tamurt n Ifeyyey.

Que Dieu soit avec ces émigrés-là
Qui font vivre Figuig.

Llan din "cibeεḍin, naṛi ya naṛi" !
Jmiε may dd iṣewweṛ, iyr i y lkabaṛi.

Il y a certains émigrés, quel regret !
Ils mettent tout l’argent gagné au cabaret.

Llan faten din cṛa n εecṛ snin,
Aqbun i lbeẓẓ nsen u d asen ss bnin.

Ils y sont depuis plus de dix ans.
Pour leurs enfants ils n’ont pas construit de maison.

Mikk illa wejris iwεed lqehwa.
Yut it εla ṣeṭṭac, yuf as lehwa.

Quand il fait froid, il se dirige vers le café.
Il plonge dans l’oisiveté et cela l'arrange.

Mikk ibda y lppukiṛ nix i lbazga,
Yini : « Lbeẓẓ ad εicen s baẓuga[1] ! »

Quand il entame les jeux de poker ou de carte
Il se dit que ses enfants vivront de la laine.[2]

Mi yejmeε juj fṛenk, iṣṣuḍ as ukk alli.
Iṛaḥ iyr it i ttirsi amzun ul telli.

Quand il amasse deux sous, une idée lui vient.
Il va les jeter au tiercé comme s'ils n'ont pas existé.

Mi d ac iɣameṛ d cṛa n tẓeεṛay,
Itta wi ɣres din illan ikk Feyyey. 

Quand avec des blondes il s’aventure,
Il oublie ceux qu’il a laissés derrière lui à Figuig.


 

[1] Taḍuft ittwakksen s eljir.
[2] Allusion à l'activité par laquelle les mères pouvaient gagner un peu d'argent.

Année
1978
Artiste référencé
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Explication / Paroles / Traduction

I teẓwid, a Mmu Duddu, Ifeyyey ittwarazza.
I teẓwid, a Mmu Duddu, Ifeyyey ittwarazza.
Ẓekkwu nnec, a Mmu Duddu, yedju-y-anax nreddza
Wi deg san nini yεeṭṭem lajeṛ ? Wikk san nεazza ?
Texleqd a Mmu Duddu wa d tazdayt n uziza.
Yuly it umeẓẓyan d umeqqṛan ; kulha tuɣ itthezza.
Tusid d ɣernex l tiddart. Ddeεwet nnem, a Zazza.
Ppa yuẓẓḍ ac mya tennid : « La, xemsin ad tedza ! »
Tesmeḥd i Wṛuppa y lεezz, qebl ala feṛḍen elviza.
Necni mi nettwaḥraf mar neqqaṛ : « Da ay deg nella neẓẓa » ?
U d ac dd iban day Ifeyyey, a dis tcaṛkd i twiza
I ddekkwar d leqlib, azeddam d tcerza.
Tedji dd iwalen, wa cṛa d awal d aḥjuṛ aykk ittṛeḍḍẓa.
Awal cḥal mma yella yettiqdam, ikkur al ittεezza.
Qaṛnen cc d cṛa n iṭbiben : hay albbuz, hay aziza.
Mta cekk tuɣ tεelmed tifednin, illa w illa yeεlem tifeṛẓa.
Tuɣ ḥaṣṛen cc lεedyan ammen ttwaḥaṣeṛ Ɣezza.
Tuɣ qqazn ac l iẓewṛan ammen tekkn iwṛeẓẓa.
A Mmu Duddu, tehnid. Qaε inn tuɣ ittɣazza
Llan uṭṭan idjen, idjen. Llan tetten ten iwṛeẓẓa.
Lmeqhuṛ mikk ifaq, inettr al ittɣeẓẓa.
U ss iterri weyṛaḍ wala yerr i wemẓa.
Yittsi dd taqernift ittfekkan tfiẓẓa.
Cḥal n inn tuɣ nɣill d ṛṛemman saεa ffɣen dd day d ikuzza.

Quand tu es parti Môu Douddôu, Figuig était ravagé.
Quand tu es parti Môu Douddôu, Figuig était ravagé.
Ton départ, Môu Douddôu, nous a poussés à chercher
Nos condoléances à qui les présenter.
Tu étais, Môu Douddôu, palmier d'aziza.
Grands et petits l'ont grimpé ; tout le monde en enlevait des dattes.
Tu es venu chez nous à la maison. Ta prière ô Zazza !
Mon père t'a offert cent, tu as dit : « Non, cinquante suffira ! »
Tu as abandonné l'Europe quand elle était Europe, avant le visa.
Quand on nous chasse, réclamons-nous : « C'est ici que nous sommes plantés » ?
Tu n'as pensé qu'à Figuig pour participer à "twiza"
Lors de l'insémination, du labourage, du bûchage et des semailles.
Tu as laissé des sagesses dont chaque mot brise le roc.
Une sagesse plus elle vieillit, plus elle devient chère.
Ils t'ont comparé à des médecins : dattes non fécondées contre "aziza".
Si, toi, tu avais des orteils, eux, ils avaient des sabots fendus.
Les ennemis t'encerclaient comme Gaza l'assiégée.
Ils creusaient vers tes racines comme faisaient les guêpes.
Ô Môu Douddôu, sage tu étais. Tous ceux qui prenaient plaisir dans ta souffrance
Tombent l'un après l'autre. Les guêpes les dévorent.
Quand un damné prend conscience, il mord et ronge.
Ni lion, ni ogre ne le contraignent.
Il prend la raquette qui démêle la laine.
Nombreux sont ceux que nous croyons grenades mûres et qui ne sont que sa fleur.

Année
2010
Artiste référencé
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Explication / Paroles / Traduction

Assu (lmejmeε ibhan)  (1992)

Assu an nqedd an nesseεla ḍaḍ
Nini nella da y wi nax irzan.
Mi nemfeṛṛaq, nella nfess am lkaḍ.
Mi nemjemmaε, nella neẓẓay i lmizan.

Aujourd'hui  (l'adorable conseil)[1]  (1992)

Aujourd'hui, nous pouvons lever notre doigt
Et dire que nous sommes là à ceux qui nous demandent.
Désunis, nous sommes légers comme une feuille,
Réunis nous pesons sur la balance.

Si zman a lwacun nella nettṛaεa
Yur n uyu n wass milmi sa dd iban.
Lḥemdu lillah : ha leqṣuṛ s sebεa
Mlaqan dd ukk uyu n nmjemε ibhan.

Depuis très longtemps, ô gens, nous sommes dans l'attente de
L'apparition de la lune de ce jour.
Dieu merci : nos sept ksour
Sont réunis dans cet adorable conseil.

La wu d aceṛqey, la wu d aɣeṛbey.
Nus dd an nemsamaḥ, netta ymenɣan.
Tella tejmeε dd anax tmurt n Ifeyyey
Dd issyemn irgazen issnen day nican.

On ne doit dire] ni celui-ci vient de l'est, ni celui-là vient de l'ouest.
Nous sommes venus nous réconcilier et nos dissensions oublier.
Nous a rassemblés la terre de Figuig
Qui éleva des hommes qui ne connaissent que la droiture.

Walakin ha mar iccan ?
Tamurt d ax dd iyyen lεezz d ccan
Mani nṛaḥ i cṛa d amcan,
A tt nedj i lmusteqbel abercan ?

Mais comment est-ce possible ?
La terre qui nous fait gloire et prestige
Là où nous allons partout,
A un avenir sombre nous l'abandonnons ?

Weḥḥeqq ajenna-y-aziza
D maykk niṛḍ ukk xidus,
Weḥḥeqq maykk nbeṛṛeε ukk ziza
D lεeṣyan aged bufeqqus,
Weḥḥeqq maykk ncaṛk i twiza
Bla ṭṭmeε, bla leflus,

Au nom du ciel bleu
Et tous les burnous que nous avons mis,
Au nom de nos jouissances avec "aziza"
"Laassyan" et "boufeqqous",[2]
Au nom de nos participations à "twiza"[3]
Sans convoitise, ni argent,

Ya tamurt d ax dd djen lejdud d lamanet,
San nekker, an nḥezzem ammen xefs ala nekkes lhant.

Pour la terre que nos ancêtres nous ont fiée,
Nous allons ceindre nos reins et l'honorer.

Nella neyyu ḥubba un nessin wi deg tella tensu.
Wac ikk at zman nix an nini y lbeẓẓ ?
Anccu ay leɣbeṛt xfenx illa yersu
Tella tiweḍ lwqt ammen tt ala nhezz.
U-lli sa tt nedj al ayetca, san nebda-y-assu.
A dd neḥya lmaḍi d leyyamat n nεezz.

Nous avons joué aux osselets, nous ne savons pas à qui est le tour.
Est-ce aux âgés, est-ce aux enfants ?
Toute cette poussière qui sur nous s'est déposée
Viendra le temps où l'on doit l'épousseter.
Nous n'allons pas le reporter à demain, nous commençons aujourd'hui.
Nous revivrons le passé et les jours de gloire.

U-lli san netta tamenfuli nuṛaṛ ikk sqifen
Ula may nedfa ukk cu n icḍifen.
U-lli san netta ccwaṛej deg nuṛaṛ iknifen
Ula leɣdir deg netcu weɣṛifen.

Nous n'oublierons pas le cache-cache que nous avons joué dans les rues
Ni la chaleur de nos lits.
Nous n'oublierons pas les bassins où nous avons fait des roulades
Ni la gadoue où nous avons croqué des verglas.[4]

U-lli san netta yḍuṛaṛ deg netcu-y-alamen
Ula yɣeẓṛan zzeg dd nesṛewweḥ imasanen.
Neṭṭef dd id ṣkaṛabila, neṭṭef dd iḥerdanen.
Nuley aḍṛaṛ n Teɣla nreggeb s At Winifen.
"Tamelli, tazewɣi, tarriss i w ibedden."
Aɣyul d bahumusa, tɣardemt i wi d as iqedden.

Nous n'oublierons pas les montagnes où nous avons mangé des tubercules
Ni la rivière d'où nous ramenions des ânées [de bois ou d'herbe].
Nous attrapions des scarabées, nous attrapions des fouette-queues.
Nous escaladions la montagne Taghla, nous regardions vers Beni-Ounif.[5]
"Blancheur, rougeur, marne pour celui qui se met debout".[6]
Pont, équilibre et jeu d'arbre pour ceux qui le pouvaient.

Ha nikker, ha ccit,
Ha cqerni, ha tamceṭṭ taɣeṛbit,

Nikker, échecs aux chevaux[7]
Saute-mouton, peigne de l'ouest[8]

Ha gerraba, ha ddilahu,
Ha zaff n wu ykk xef n wu,

Guerraba, jeu de corde,
Le poil de celui-ci dans la tête de celui-là,

Ha bbay mahi bbay,
Ha ttcin tticn εla ḅaḅay,
Marelle,
Tchin-tchin-ala-babay,
Ha baqbaq,

Ha-y-amesfeṛṛaq, 
Ha ẓẓeṛṛaq,
Ha menhad-lḥiḍ i ṣṣqaq, 
Baqbaq,
 

Dispersions,[9]
Zarraq[10],
"A qui est ce mur" dans les rues[11],

Wac kfat inix εad ?
Ha mmet, ha leεdad,
Ha lemsibεat, ha-y-axbaḍ,
Ha lminat, ha-y-amsenfaḍ.

Assez ou encore ?
Voilà "mmet", voila "laadad",
Voilà les osselets, voilà "akhbad"[12]
Voilà le jeu des mines, voilà les combats.

Mi wel tuɣi tbica, neyyu qaccuḍ.
Cḥal neyy ay leftuḥ s uluḍ.

Quand il ne pleuvait pas, nous organisions des prières.
Aux trous avec de la boue, nous avons tant joué.

Ha ḥinna, ha lemḥinina,
Man fus illan s ujenna ?

Voilà les jeux à la ronde,
A qui est la main du dessus ?[13]

I Talebbuss d Iqudas nelmed taḥnucc.
I ccwaṛej nuṛaṛ lbuḥuc.

A Talepousse et à Iqoudas, nous avons appris la natation
Dans les bassins, nous avons joué elbouhouch.[14]

Hay aɣemmes, ha tiqqaṛ.
Xiṛelleh wikk un nessin maykk nella neqqaṛ.

Voilà les noyades, voilà "tiqqar".[15]
Tant de gens ne savent pas ce que nous disons.

Nuṛaṛ tacurt aɣed biṣbul.
Neyyu xaluḍa aɣd uxlul.

Nous avons joué "tachourt"[16] et baseball.
Nous avons joué à "khalouda" et à "akhloul".[17]

Ṛṛbiε tuɣ ntessn i s rrfis.
Mikk nuzen ḥedd, ntekk as tcuffiss.

Le printemps se connaissait au "rfis"[18].
Quand nous envoyions quelqu'un, nous marquions le temps avec la salive.[19]

Wikk ittan cṛa, a ss nesmitey.
Mani tella lebcart, mani yella wzebbunzey ?

Nous rappellerons à celui qui oublie.
Où sont les cadeaux, où est "azeppounzey"[20] ?

Assu, lḥemdu lillah,
Nella neεlem lajenyuṛat,
Neεlem lmuḥamat,
Nella nebna lεimaṛat,
Neyyu lfirmat,
Nssuyur luṛḍinaṭuṛat,
Nexdem i lwiẓaṛat.

Aujourd'hui, Dieu merci,
Nous avons des ingénieurs,
Nous avons des avocats,
Nous avons des bâtiments,
Nous avons fait des fermes,
Nous utilisons des ordinateurs,
Nous travaillons dans des ministères.

Maɣer ? Linna necni nheddjeṛ
Ammen ala nɣeṛ nix an ntejjeṛ.
An ntec, nweffeṛ, nazen dd i wikk nella nedju l deffer.
Necni un nheddjeṛ ammen ala netter ula nacer.

Pourquoi ? Parce que nous émigrons
Pour étudier ou faire du commerce.
Nous consommons, épargnons et envoyons à ceux laissés derrière nous.
Nous n'émigrons pas pour mendier, ni pour voler.

Wenn iεlmen leflus
D wenn iεelmen alli
Ad msuṭṭufen fus ukk fus
Ad ṣennεen maykk un nelli.
Wikk iεawnen s bezzaff nix s ḍṛuṣ,
U-lli sa ss ikafa day Lεali. 

Celui qui possède de l'argent
Et celui qui a un cerveau
Doivent se tenir main dans la main
Et faire l'inexistant [l’impossible].
Qui aide avec tant ou peu
Ne sera récompensé que par Le Très-Haut.


 

[1] Composé suite aux luttes qui secouaient Figuig après les élections municipales de 1992.

[2] Variétés de dattes.

[3] Travail collectif solidaire non rémunéré.

[4] En saison très froide, les enfants cherchaient du verglas qu'ils léchaient.

[5] Taghla montagne au sud de la ville de Figuig. Beni-Ounif, un ksar qui faisait autrefois partie de Figuig. Il se trouve du côté algérien.

[6] Formule en usage dans certains jeux d'enfants.

[7] Deux jeux avec échiquiers constitués de 14 cases pour le premier et de 25 pour le second.

[8] Jeu féminin.

[9] Une variété de cache-cache se jouant en groupe.

[10] Jouet fait de la tige jaune d'un régime de dattes avec trois languettes pour produire une musique.

[11] Jeu pour enfants de bas âges.

[12] mmet, leεdad, axbaḍ, noms de jeux.

[13] Jeu d'enfants.

[14] Cache-cache en groupes.

[15] Jeu aquatique où l'on donne des coups de pied (talon) très violents à l'adversaire.

[16] Jeu inspiré du hockey américain.

[17] Des jeux d'enfants avec du sable. Xaluḍa, jeu où l'on dissimule des épingles ou des boutons dans le sable et on s'amuse à deviner où ils se trouvent. Axlul (morve), jeu ressemblant à celui du démineur. Il se pratique avec des noyaux de dattes et une ficelle.

[18] Repas tout blanc fait pendant le premier jour de Tifsa (le printemps).

[19] Petit jeu de marquage de temps avec la disparition d'une salive sur le sol.

[20] Cadeau offert à un enfant à qui sa mère a confectionné une nouvelle djellaba.

Année
1992
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Explication / Paroles / Traduction

Lḥejjaj  (1980)

Seεdat wi yuznen yemmas l lḥjj ad tẓuṛ.
Lqeblet zzates, day ad tqebbel, tkebbeṛ.
Seεdat wi deg iṛaḥ ppas l lḥjj ad iḍuṛ
Bin Ṣṣafa d Lmeṛwa ad isteɣfeṛ.

Les pèlerins  (1980)

Heureux qui envoie sa mère au pèlerinage pour qu'elle visite.
La qibla devant elle, il suffit qu'elle s'oriente et prie.
Heureux pour qui le père est parti en pèlerinage faire un tour
Entre Safa et Maroua et se repentir.

Jemεen dd lḥejjaj, mlaqqan i Sidi Menṣuṛ.
Isin din dduεa. Qaε lεalam iḥḍeṛ.
Lḥakem n njiṛan ata yella yjuṛ.
W illa yettazzl i lxir, Ṛebbi a ss inṣeṛ !

Les pèlerins se sont réunis et rencontrés à Sidi Mansour.
Ils y ont prié. Tout le monde y était présent.
Le gouverneur de nos voisins est vraiment arrogant.
Qui fait du bien, Dieu lui assure une victoire.

S lḥajjat d id lḥaj lkaṛ itcuṛ.
Ttrid ukk ass deg ẓwan day ittmenqeṛ.
Nyen i ṭṭeyyaṛt, qeḍεen lebḥuṛ.
Tehwa xefsn i Jedda y lεaṣeṛ.

De pèlerins, hommes et femmes, le bus est plein.
"Ttrid[1]" le jour de leur départ abonde.
Ils montent sur un avion et traversent les mers.
A Djedda, il atterrit l'après-midi.

Bdan i ddiker n Ṛebbi d ṣṣlat εla ṛṛṣul
Si mi din ihwa lḥaj al d inḥeṛ.
I Jbel Σaṛafa ṛejmen s uḥjuṛ.
Aman, Bir Zemzem day ittceṛceṛ.

Ils priaient Dieu et évoquaient son prophète
Depuis qu'ils ont atterri, jusqu'au sacrifice.
Au Djebel Arafat, ils ont lapidé [le diable] avec des pierres.
A Bir Zamzam, l'eau coule à flot.

Iwyen dd si tcucay aɣed ttsabeḥ d lebxuṛ
Mala nessfṛeḥ ṣṣebyan d temɣeṛ.
Ma bin iṛaḥ d yisa, ul imdi wyur.
Day afuḥ n nkuṛaj d lmall d ṣṣbeṛ !

Ils ont amené en bonnets, chapelets et encens
De quoi égayer les âgés et les enfants.
Entre leur départ et leur arrivée, ils n'ont pas fait un mois.
Un peu de courage, d'argent et de patience !

Tiweḍ dd tebṛatt : « Llan usen dd, feṛḥet tɣennim !
Yyt uṛaṛ, tesseḥmam, teslulim. »

Une lettre est arrivée : « Ils arrivent, égayez-vous et chantez !
Organisez des fêtes, activez-vous et youyoutez ! »

I cṛa d tiddart n nḥaj, ccṭuḥ d rrduḥ.
Mta wl idzi wṣaṛay, ssat i ṣṣḍuḥ.

Chants et danses dans toutes les maisons de pèlerins.
Préparez les terrasses, si le patio ne suffit pas.

Ikk iḍ n yisa, kulci mujud :
Cṛa yqabl asiley, cṛa yettmud.

La veille de leur arrivée tout était prêt :
Certaines [femmes] fumaient le couscous, d'autres le roulaient.

Miεad Tacṛaft mi dd iṣbeḥ lḥall.
Wi dd illa yekker bekri yiwḍ Aɣlal.

Rendez-vous à Tachraft au crépuscule.
Les matinaux vont jusqu'à Aghlal.[2]

Σeṛḍen dd i lḥejjaj. Ẓṛen Mekka, seεdathum !
Mḥan ddnub n ddunit, tthennan i lehmum.

Ils accueillent les pèlerins. Bienheureux, ils ont vu la Mecque !
Ils ont ôté leurs pêchés et se sont débarrassés de leurs soucis.

Mṛeḥba, mṛeḥba bikum
A yinn iẓuṛen nnabi.
Mṛeḥba, mṛeḥba bikum
A yinn dg iɣfeṛ Sidi Ṛebbi.

Bienvenus, bienvenus
Ô vous qui avez visité le Prophète.
Bienvenus, bienvenus,
Ô vous à qui le Dieu a pardonné.


 

[1] Crêpes minces et huilées dites aussi ticexcuxin.

[2] Aghlal, oasis située à 15 km de Figuig sur la route nord.

Année
1980
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Explication / Paroles / Traduction

Ṣṣlati wa sslam εlik, a sidi ya ṛṣul eḷḷah.

Assu ammen ala trecled ixeṣṣ lmall xiṛeḷḷeh.

Que la prière soit sur vous, ô envoyé de Dieu.

Aujourd’hui pour se marier, de l’argent il faut assez.

Iwyex dd cḥal llix xeddmex l Σebdeljebbaṛ.

Llix neqqecx al tteɣreblex ṛṛemlet ikk ɣẓeṛ.

J’ai très longtemps travaillé chez Abdeljebbar.

J’arrachais la pierre et criblais le sable de la rivière.

Xedmex din al d hlellyex, jemεex dd lmall.

Imεaṛaḍ dd yudu lmall aɣed leεqel.

J’y ai travaillé à m'épuiser, j’ai collecté et amassé de l’argent.

L’argent est arrivé avec l'âge de raison.

Idjn n wass ammu llix din ukk ḍṛaṛ.

Sellex dd ssyin i llɣa n idjen n wuṛaṛ.

Un jour étant dans la montagne,

J’ai entendu le bruit d'une fête de femmes.

Bdix dd ssyin i lbalawat n useyyer.

Qeṣḍex dd uṛaṛ a dis iḥma wxeyyer.

Je me suis mis à allonger le pas.

Je me suis dirigé vers la fête pour y faire un choix.

Day tu tutef, tu teffeɣ, tu tesmiṛeḍ,

Tu d ccina, tu d zzina s may tella tiṛeḍ.

Une [fille] rentre, une sort et une se voile,

L’une est laide, l’autre par ses habits est belle.

Ha tu d tuqsift, tu d taqcuct aykk ul teεlim.

Tu d zzina, lhell nnes yah un nessin.

Celle-là est trapue, celle-ci n’a pas [de beaux] cheveux.

Celle-ci est belle mais je ne sais comment est sa famille.

Ṛaḥx uznex yicc n tmeṭṭut l yemma.

Ṭṛaḥ l lhell n uyen n twacunt zzina.

J’ai envoyé une femme vers ma mère.

Elle [ma mère] est partie consulter la mère de la belle.

"Fiεlen" ṭṛaḥ tenna-y-asen : « Ḍif Ṛebbi,

Atan yellitwem, illa yexs it mmi ! »

Elle est allée lui demander hospitalité

Et lui a dit : « Mon fils désire votre fille ! »

Day becbec, ṃaww l uyetca, nekker nemmuc.

Sɣiɣ as dd leksewt a sett tiṛḍ al d tadn taqcucc.

Dès la première entrevue, nous nous sommes accordés.

Je lui ai acheté un trousseau qui la couvrirait jusqu'aux cheveux.

Day yumayn ibda leεyaḍ i lɣaci.

Qaε ukk ɣṛem, ul ittɣimi wikk un nettci.

Deux jours à peine et nous avons invité des gens.

De tous les habitants du ksar, personne n'est resté sans manger.

Tecn lbeẓẓ d ṭṭelba d zzufreyya

Ikk reclex nettc aɣed lalla Fuzeyya.

Enfants, fqihs et jeunes ont mangé

Quand avec ma chère Fouzia je me suis marié.

Ikk iqḍa wsetci, ac tebda tteqsiret.

Qaε lwacun llan uten tt d tteεjinet.

Après le couscous, la fête a commencé.

De la maajouna[1] tous nos jeunes ont consommé.

Yicc n teṛfaqt s uqellal tessiley dd lqent.

Yicc n tṛumeyt meskina, qrib llan nɣen tt.

Un groupe [de jeunes] avec des tambourins animait son coin.

Ils ont failli tuer une Européenne.

Yumeẓy it Ḥerwac i tekker teffeɣ beṛṛa.

Inna-y-asen : « Ittwacr ax dd umur si tejṛa ! »

A sa sortie, Harouach en a fait une métaphore.[2]

Il en a dit : « Notre viande est volée du plat. »

I lεecṛa w neṣṣ ayekk kkerx ṛaḥex l tẓeqqa.

Texleq tiddart sad teṛṛeεṛeε s ubeqqa.

A dix-heures, vers ma chambre je me suis dirigé.

D’ovations, la maison allait s’exploser.

Bdix tterjijix. Qqel manec dd xfi yeḍḥa lḥall.

Nnan i-dd : « Yalleh ad tatfed ! » Nniɣ asen : « Muḥall ! »

Je tremblais. J’étais hors de moi.

On m'a dit : « Allons, rentre ! » J’ai répondu : « Impossible ! »

Ḥaṣuluhu, nniɣ asn : « Qqelt i-dd l ubrid ! »

Iṛaḥ idjen. Ikk ixwa, yenna yi-dd : « Zid ! »

En fin, je leur ai demandé : « Préparez-moi la voie ! »

Un jeune est parti. Quand la voie était libre, il m'a dit : « Avance ! »

Iwḍex llbab, ufix tfawt tecεεel s jaj.

Nnan i-dd : « Besmellah, yy lkuṛaj ! »

Arrivé devant la porte, j’ai vu une lumière à l’intérieur.

On m’a dit : « Au nom de Dieu, fais du courage ! »

Day yumayn uciɣ as ttcu ttlliε.

Ndwl dd amani nkkr dd jmiε.

Deux jours à peine et je lui ai passé des pastèques à manger.

Nous sommes devenus comme si nous vivions toujours ensemble.


 

[1] Drogue faite d'huile de beurre, de kif moulu et d'amendes, le tout cuit au feu doux.

[2] Il s'agit du genre dit tumeẓya (joutes oratoires fondées sur des métaphores).

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Rôle
Poète & Chanteur
Biographie

Mekki Atmane, né en 1953 à Figuig, y a commencé sa scolarité avant de la poursuivre à Oujda. Il a toutefois interrompu ses études en 1971. Il écrit son premier poème, Ifeyyey sad izyan, en 1971. Ce n’est cependant qu’à partir de 1985 qu’il se consacre pleinement à l’écriture poétique, après s’être longtemps contenté de mémoriser ses textes. Considéré comme le poète le plus prolifique de Figuig, son œuvre aborde des thèmes multiples et diversifiés, allant de l’amour à la terre.

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Mekki Atmane