Compilation Mekki

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Compilation Mekki
Explication / Paroles / Traduction

Flana d flana may d asent ijṛan Al d awḍent l lqaḍi ?
Cnimti ya siwt zman !
Wac tɣillemt ulfan
Ixs in Sidi Ṛebbi ?
 

Qu’avaient ces deux femmes
Qui, devant des juges, comparaissaient ?
Ô, vous femmes âgées !
Croyez-vous que divorcer
De Dieu est apprécié ?

Tamezwart tellef
S mya ḍuṛu n ṣṣeṛf.
Irεa wel ttqelleq !
Ad ac inix manec texleq.
Ikkr ammu yedjen n wass,
Tamɣaṛt ixleq dis umeṛwaṣ,
Tenna-y-as i tesleyt : « Ha mya
Xellṣ it, dwel dd deɣya ! »
 

La première [épouse] divorça
A cause de cinq dirhams.
Ne vous inquiétez pas !
Je vous conterai tout cela.
Une fois, il était,
Une belle-mère qui s’endettait.
Elle dit à sa bru : « Les cinq dirhams que voilà,
Tu les paies et vite, tu reviens là ! »

Teṭṭef dd ayen n nkaḍ, teṭwa ss,
Teyy as yicc n tissass
D maydum ɣir ḷḷeh ayekk cerwas,
Tessen mta tuḍa d aɣras.
 

Elle prit le billet et le plia ;
Avec son voile le noua.
Et tant de nœuds, elle lui appliqua
Car sa perte, sa vie lui vaudra.

Tecnu kulci s lehwa,
Tekkr meskina teẓwa.
Ikk tiweḍ bab nnes,
Tejbed dd ammn ad txelleṣ.
Taf mya wel tlli !
Teẓga l Ṛebbi Lεali !
 

Ayant pris tous les soins,
La pauvre quitta le coin.
Arrivée devant le créancier,
Elle sortit son nœud pour payer.
L’argent n’y était pas !
Au bon Dieu, elle cria !

Aṛṛana tedwel dd l tiddart,
Tεawd as i twessart.
Wa din-din a meskin !
Tjemε as lqecc nnes,
Tetta εad timecḍin.
Walu ḥṛam ul tness !
 

Elle rebroussa chemin
Et devant la vieille, elle raconta.
Oh quel ennui !
Aussitôt, ses bagages, elle plia.
Les peignes oublia,
Et n’y passa plus une nuit !

Inu yyen amensi y ṭṭyaf.
Sseṛɣen may εelmen n uzimba, kemmlen zeltaf.
Ha tamɣaṛt yuly as dd zzεaf
S umensi dd imaqamen bezzaf.
 

Ceux-là avaient des invités pour le dîner.
Bois et brindilles furent brûlés.
La belle-mère s’emporta
Du dîner qui tant lui coûta.

Ikk teyyu leḥsab a sidi,
Taf texser ttaman n tqeccabt, beṛṛa n wudi.
Kkern abεda sfetḥen
S uyn n wutcu dd iṣebḥen.
I lefḍuṛ tenna-y-as : « Yy ax dd atay ! »
Ha tasleyt, u d as iεjib cay.
 

Quand tout, elle calcula,
En plus du beurre, cela lui valut une djellaba.
Le lendemain, au petit déjeuner,
Ils prirent le couscous qui de la veille restait.
Au déjeuner elle exigea de sa bru un thé,
Elle qui, jamais, ne le consommait.

Iwa ṛakεaṛef s leḥya d tiwdi,
Ma biha day tekkr abeddi.
Tṛaḥ a sidi am urgaz.
Teḍṛu luqid, tceεεel biṭagaẓ.
Ha lmendif iḥkem !
Tamɣaṛt tekker tḥezzem.
 

Par respect et peur,
La bru se mit au labeur.
Elle se leva sans détour,
Et alluma une allumette au four.
Le piège aussitôt l’attrapa !
Et la belle mère s’emporta.

Tenna-y-as : « Cemm iḍeṛn ayn n uqeccuḍ !
Wac tεelmed da-y-alli nix day d luḍ ?
Ha mar qa maykk nexser ukk mensi,
U dd nettceṭṭeṛ la d tiṛṛɣin dd iṣbeḥn ikk lemsi ?
 

Elle lui dit : « Toi qui gaspillais l’allumette !
As-tu un cerveau ou de la boue ?
Avec tout ce que nous avons dépensé au dîner,
Nous n’utiliserons même pas les braises du foyer ?

Iwa ruḥ a lhamaj,
Al mi teyyid ṣṣṭaj
S lhemm n ddunit,
Tas dd ad txelqed d taslit ! »
 

Va-t’en canaille,
Jusqu’à ton passage du stage qui vaille,
Sur les aléas du vécu,
Pour te prétendre bru ! »

Tu yella εad dis lḥenni ukk fus !
Dublvi yedjn n wass amenḥus,
Tamɣaṛt teffeɣ l ljaṛ
Ad asen tesbarec, tawey dd xefsen leɣṭaṛ.
 

Celle-là a encore du henné en main !
Par un jour malsain,
Sa belle-mère sortit chez ses voisins
Pour les féliciter et en rapporter son plat.

Taslit, sahla, mahla,
Tuɣ sad tellem, tenna nnehḷa,
Teṭṭef dd asemmiṛeḍ,
Tubɣ i, a ss tessired.
Tamɣaṛt, ameεla tɣill sad iẓwa lqerc,
Ad tili tṭeṛk asbarec.
 

La bru, sans souci,
Elle qui la laine devait filer, ne s’en donna pas la peine.
Son voile elle prit,
Le rinça et lava.
Si la belle-mère savait qu’un morceau de savon allait être dépensé,
Elle n’aurait pas dû aller féliciter.

Aɣed teslit "ma εendha xbeṛ"
Binna tamɣaṛt tettceṭṭeṛ.
Nettet, day mεa ytaf,
Temmuter icuffa bezzaf.
 

La bru ne savait pas comme
Sa belle mère était économe.
A peine, chez elle, elle eut mis pieds, 
Qu’elle aperçut trop de mousse déversée.

Sa zzis iffeɣ ṛṛuḥ !
Taslit tella tnettcṛ i ṣṣḍuḥ.
Tenna-y-as : « Hwa dd a zzin ! »
Tɣill tella tiwy as dd cṛa n llettcin,
Tehwa dd ssellum ṛebεa, ṛebεa,
Tus dd zzates, tebda tettṛaεa.
 

De rage, elle perdit sagesse !
La bru étalait son voile sur la terrasse.
Elle l’appela : « Descends ma belle ! »
Croyant qu’elle lui offrirait des navels,
Les marches, quatre à quatre, elle descendit
Et, toute blottie devant elle, attendit.

Tenna-y-as : « A ṭṭṛifa,
Izeddeεn ayen n icuffa,
Ac tawn in εad nqan,
A disn irid ucḍif d senn n iεuban !
Iwa ruḥ ad teẓwid !
Wala d amesmir u ss ittsi si lḥiḍ ! »
 

Elle lui dit : « Toi, ô ma douce,
Qui jetas ces mousses,
Ne sont-ils pas purs
A laver un tapis et deux couvertures !
D’ici tu dégages !
Et pas un clou du mur dans tes bagages ! »

Tinu d lweqt n tejress,
Tamɣaṛt ukk ṣaṛay ttherres.
Tasleyt tuley l ṣṣḍuḥ
A din tezzi-y-afuḥ.
Ul tɣis lweqt nns ad iḍaε,
Tekker tejbed dd ammu yedjen n neqnaε.
Danis ifat as texdem i nnadi,
Telmed aṭeṛṛeẓ n ibeṛḍalen d lewṛaḍi.
 

Pour celles-là, ce fut un jour d’hiver,
Au patio cardait la belle-mère.
La bru, sur la terrasse montait.
Au soleil, elle s’exposait.
Pour que son temps ne soit perdu.
Elle prit un fichu.
Car elle fut un jour au centre
Où broder oiseaux et fleurs on montre.

Tamɣaṛt, εla ḥsab makk tefhem,
Tɣill taslit tella ttellem.
Teyy as leḥsab al ṭṭenεac,
Ad iqḍa may ɣers illan n uqerdac.
Iwa lḥaṣul tuly ad teqqel
Man ayn tella tejjujed n ccɣel.
Yudn a sidi xfes tergeb,
Taf it ttṭeṛṛeẓ lqelb.
 

La belle-mère croyait
Que la belle fille filait.
Elle attendit midi sans peine
Pour la voir finir sa laine.
Vers la terrasse, elle monta
Voir la laine qu’elle prépara.
Quand d’elle s’approchant,
Elle la trouva un cœur brodant.

Tenna-y-as : « Teqqeld a ḥenna, may dd nelmed ? »
Tenna-y-as : « Ha ma yella beεda may tellmed ? »
– « Iwa w dis qaε nqiṛx ayu n wass ! »
– « Ha maɣer ? A yuc am Ṛebbi ddehsas !
Nḥar i lexdemt n nbeẓẓ ;
Cemm telhid ax dd da d uṭeṛṛeẓ !
 

Elle lui dit : – « Vois-tu mémère, ce qu’ils nous enseignèrent ? »
Elle rétorqua : – « Où est en premier ce que tu as filé ? »
– « Ce jour, je ne me suis pas donné la peine ! »
– « Et pourquoi ? Que la mort te prenne !
Nous évitions le travail des enfants,
Et te voilà nous brodant !

Kker, ay kker cemm nnfeḍ !
Al mi tellid i tiddart n ppam,
Tṭeṛṛeẓd ul nix ineṛfeḍ !
Tu d tiddart n ccɣel d telmi !
Ha cemm, asekkwas ad i-dd trazzid mmi ! »
 

Dépêche-toi, que les bombes ne te ratent !
Dans la maison de ton père,
Tu brodes cœur ou rate !
Ici, c’est la maison de travail et de laine !
Avec toi, au bout d’un an, mon fils vivra en peine. »

Tu teṭṭeṣ al-d tencer tfuyt
Ʃad day iɣerr it cciṭan.
I dd tṛewweḥ temɣaṛt sikk iyṛan,
Taf it jaṛ iεuban.
 

Celle-ci fit une grasse matinée.
Elle n’y pouvait rien.
Quand sa belle-mère, du jardin, revint,
Elle la trouva sous des couvertures cachée.

Tenna-y-as : « A Menna,
Mta d tfuyt tella tencer ukk jenna.
Ha tiqrinin nnem
Llant yalleh llem, llem !
Ha cemm iyyen lεifet,
Temmud i-dd d am ljifet !
 

Elle lui dit : « Ô Menna !
Le soleil, au ciel domina.
Celles de ton âge
Sont au cardage !
Toi, qui es fainéante,
Telle une charogne es morte !

Ham, ham, mtak ixes cemm Musa,
Ruḥ al mi dd yus si Fṛanṣa,
Teyyem manayen texsem !
Amma yudu, d nettc aykk illa yeḥkem.
Iwa ruḥ ad am iεeṛḍ !
Isi day tiɣirt d umceḍ !
Llix qqaṛɣ am laɣir !
Dd da wl ttḍuṛd ukk ɣir ! »
 

Ecoute ! Si Moussa t’aime,
Va jusqu’à ce que de France, il revienne
Et vous faites ce qui vous accommode !
Maintenant, c’est moi qui commande.
Aux diables va-t’en !
Une bassine et un peigne tu prends !
Mais pas plus que ça !
Et ne reviens jamais par là ! »

Tinu d lweqt n nefḍuṛ.
Argaz beḥṛa yella yṛewweḥ dd sukk ḍuṛ,
Yuley l tẓeqqa ad issenfel.
Tamɣaṛt tella tubeɣ dd ḍaḍ ukk qellal ad teftel.
Tasleyt tεeyyeḍ dd : « Ʃebdeṛṛḥman ! »
Ul εad tkemmel, tuɣ azeddiḥ ikk ceṛman :
– « Axxam, axxam, ikkas n nuqṛ !
Wac bik d lmuḍa nix d teεqeṛ ?
Nettc sseymex dd d urgaz tlata ;
Ʃmmeṛ d as εeyyḍex bɣir "netta".
Ha cemm iyyen lemḥeccma !
Tεeyyḍed as s wammen ss nsamma,
Iwa tan assu tfat am,
Walaynni ssya l zzat, 
Imi nnem yy as lljam ! » 
 

Pour celles-là, c’est l’heure du déjeuner.
Le mari venait à peine de ses balades 
Et alla se changer dans sa chambre.
Pour son couscous, la belle-mère avait un bout de beurre dans un doigt.
La bru cria : « Abderrahman ! »
Aussitôt, elle reçut sur le dos un coup l’assommant.
– « Ah ça alors c’est de l’insolence !
Est-ce mode ou arrogance ?
Moi, j’ai eu trois enfants avec mon mari ;
Je n’ai jamais osé lui dire en dehors de "lui". 
Toi, l’insolente !
Tu l’appelles en le nommant !
Aujourd’hui, on te pardonne,
Mais dorénavant,
A ta bouche, tu appliques une rêne ! »
 

Année
1981
Artiste référencé
Fichier
Explication / Paroles / Traduction

Flana d flana may d asent ijṛan Al d awḍent l lqaḍi ?
Cnimti ya siwt zman !
Wac tɣillemt ulfan
Ixs in Sidi Ṛebbi ?
 

Qu’avaient ces deux femmes
Qui, devant des juges, comparaissaient ?
Ô, vous femmes âgées !
Croyez-vous que divorcer
De Dieu est apprécié ?

Tamezwart tellef
S mya ḍuṛu n ṣṣeṛf.
Irεa wel ttqelleq !
Ad ac inix manec texleq.
Ikkr ammu yedjen n wass,
Tamɣaṛt ixleq dis umeṛwaṣ,
Tenna-y-as i tesleyt : « Ha mya
Xellṣ it, dwel dd deɣya ! »
 

La première [épouse] divorça
A cause de cinq dirhams.
Ne vous inquiétez pas !
Je vous conterai tout cela.
Une fois, il était,
Une belle-mère qui s’endettait.
Elle dit à sa bru : « Les cinq dirhams que voilà,
Tu les paies et vite, tu reviens là ! »

Teṭṭef dd ayen n nkaḍ, teṭwa ss,
Teyy as yicc n tissass
D maydum ɣir ḷḷeh ayekk cerwas,
Tessen mta tuḍa d aɣras.
 

Elle prit le billet et le plia ;
Avec son voile le noua.
Et tant de nœuds, elle lui appliqua
Car sa perte, sa vie lui vaudra.

Tecnu kulci s lehwa,
Tekkr meskina teẓwa.
Ikk tiweḍ bab nnes,
Tejbed dd ammn ad txelleṣ.
Taf mya wel tlli !
Teẓga l Ṛebbi Lεali !
 

Ayant pris tous les soins,
La pauvre quitta le coin.
Arrivée devant le créancier,
Elle sortit son nœud pour payer.
L’argent n’y était pas !
Au bon Dieu, elle cria !

Aṛṛana tedwel dd l tiddart,
Tεawd as i twessart.
Wa din-din a meskin !
Tjemε as lqecc nnes,
Tetta εad timecḍin.
Walu ḥṛam ul tness !
 

Elle rebroussa chemin
Et devant la vieille, elle raconta.
Oh quel ennui !
Aussitôt, ses bagages, elle plia.
Les peignes oublia,
Et n’y passa plus une nuit !

Inu yyen amensi y ṭṭyaf.
Sseṛɣen may εelmen n uzimba, kemmlen zeltaf.
Ha tamɣaṛt yuly as dd zzεaf
S umensi dd imaqamen bezzaf.
 

Ceux-là avaient des invités pour le dîner.
Bois et brindilles furent brûlés.
La belle-mère s’emporta
Du dîner qui tant lui coûta.

Ikk teyyu leḥsab a sidi,
Taf texser ttaman n tqeccabt, beṛṛa n wudi.
Kkern abεda sfetḥen
S uyn n wutcu dd iṣebḥen.
I lefḍuṛ tenna-y-as : « Yy ax dd atay ! »
Ha tasleyt, u d as iεjib cay.
 

Quand tout, elle calcula,
En plus du beurre, cela lui valut une djellaba.
Le lendemain, au petit déjeuner,
Ils prirent le couscous qui de la veille restait.
Au déjeuner elle exigea de sa bru un thé,
Elle qui, jamais, ne le consommait.

Iwa ṛakεaṛef s leḥya d tiwdi,
Ma biha day tekkr abeddi.
Tṛaḥ a sidi am urgaz.
Teḍṛu luqid, tceεεel biṭagaẓ.
Ha lmendif iḥkem !
Tamɣaṛt tekker tḥezzem.
 

Par respect et peur,
La bru se mit au labeur.
Elle se leva sans détour,
Et alluma une allumette au four.
Le piège aussitôt l’attrapa !
Et la belle mère s’emporta.

Tenna-y-as : « Cemm iḍeṛn ayn n uqeccuḍ !
Wac tεelmed da-y-alli nix day d luḍ ?
Ha mar qa maykk nexser ukk mensi,
U dd nettceṭṭeṛ la d tiṛṛɣin dd iṣbeḥn ikk lemsi ?
 

Elle lui dit : « Toi qui gaspillais l’allumette !
As-tu un cerveau ou de la boue ?
Avec tout ce que nous avons dépensé au dîner,
Nous n’utiliserons même pas les braises du foyer ?

Iwa ruḥ a lhamaj,
Al mi teyyid ṣṣṭaj
S lhemm n ddunit,
Tas dd ad txelqed d taslit ! »
 

Va-t’en canaille,
Jusqu’à ton passage du stage qui vaille,
Sur les aléas du vécu,
Pour te prétendre bru ! »

Tu yella εad dis lḥenni ukk fus !
Dublvi yedjn n wass amenḥus,
Tamɣaṛt teffeɣ l ljaṛ
Ad asen tesbarec, tawey dd xefsen leɣṭaṛ.
 

Celle-là a encore du henné en main !
Par un jour malsain,
Sa belle-mère sortit chez ses voisins
Pour les féliciter et en rapporter son plat.

Taslit, sahla, mahla,
Tuɣ sad tellem, tenna nnehḷa,
Teṭṭef dd asemmiṛeḍ,
Tubɣ i, a ss tessired.
Tamɣaṛt, ameεla tɣill sad iẓwa lqerc,
Ad tili tṭeṛk asbarec.
 

La bru, sans souci,
Elle qui la laine devait filer, ne s’en donna pas la peine.
Son voile elle prit,
Le rinça et lava.
Si la belle-mère savait qu’un morceau de savon allait être dépensé,
Elle n’aurait pas dû aller féliciter.

Aɣed teslit "ma εendha xbeṛ"
Binna tamɣaṛt tettceṭṭeṛ.
Nettet, day mεa ytaf,
Temmuter icuffa bezzaf.
 

La bru ne savait pas comme
Sa belle mère était économe.
A peine, chez elle, elle eut mis pieds, 
Qu’elle aperçut trop de mousse déversée.

Sa zzis iffeɣ ṛṛuḥ !
Taslit tella tnettcṛ i ṣṣḍuḥ.
Tenna-y-as : « Hwa dd a zzin ! »
Tɣill tella tiwy as dd cṛa n llettcin,
Tehwa dd ssellum ṛebεa, ṛebεa,
Tus dd zzates, tebda tettṛaεa.
 

De rage, elle perdit sagesse !
La bru étalait son voile sur la terrasse.
Elle l’appela : « Descends ma belle ! »
Croyant qu’elle lui offrirait des navels,
Les marches, quatre à quatre, elle descendit
Et, toute blottie devant elle, attendit.

Tenna-y-as : « A ṭṭṛifa,
Izeddeεn ayen n icuffa,
Ac tawn in εad nqan,
A disn irid ucḍif d senn n iεuban !
Iwa ruḥ ad teẓwid !
Wala d amesmir u ss ittsi si lḥiḍ ! »
 

Elle lui dit : « Toi, ô ma douce,
Qui jetas ces mousses,
Ne sont-ils pas purs
A laver un tapis et deux couvertures !
D’ici tu dégages !
Et pas un clou du mur dans tes bagages ! »

Tinu d lweqt n tejress,
Tamɣaṛt ukk ṣaṛay ttherres.
Tasleyt tuley l ṣṣḍuḥ
A din tezzi-y-afuḥ.
Ul tɣis lweqt nns ad iḍaε,
Tekker tejbed dd ammu yedjen n neqnaε.
Danis ifat as texdem i nnadi,
Telmed aṭeṛṛeẓ n ibeṛḍalen d lewṛaḍi.
 

Pour celles-là, ce fut un jour d’hiver,
Au patio cardait la belle-mère.
La bru, sur la terrasse montait.
Au soleil, elle s’exposait.
Pour que son temps ne soit perdu.
Elle prit un fichu.
Car elle fut un jour au centre
Où broder oiseaux et fleurs on montre.

Tamɣaṛt, εla ḥsab makk tefhem,
Tɣill taslit tella ttellem.
Teyy as leḥsab al ṭṭenεac,
Ad iqḍa may ɣers illan n uqerdac.
Iwa lḥaṣul tuly ad teqqel
Man ayn tella tejjujed n ccɣel.
Yudn a sidi xfes tergeb,
Taf it ttṭeṛṛeẓ lqelb.
 

La belle-mère croyait
Que la belle fille filait.
Elle attendit midi sans peine
Pour la voir finir sa laine.
Vers la terrasse, elle monta
Voir la laine qu’elle prépara.
Quand d’elle s’approchant,
Elle la trouva un cœur brodant.

Tenna-y-as : « Teqqeld a ḥenna, may dd nelmed ? »
Tenna-y-as : « Ha ma yella beεda may tellmed ? »
– « Iwa w dis qaε nqiṛx ayu n wass ! »
– « Ha maɣer ? A yuc am Ṛebbi ddehsas !
Nḥar i lexdemt n nbeẓẓ ;
Cemm telhid ax dd da d uṭeṛṛeẓ !
 

Elle lui dit : – « Vois-tu mémère, ce qu’ils nous enseignèrent ? »
Elle rétorqua : – « Où est en premier ce que tu as filé ? »
– « Ce jour, je ne me suis pas donné la peine ! »
– « Et pourquoi ? Que la mort te prenne !
Nous évitions le travail des enfants,
Et te voilà nous brodant !

Kker, ay kker cemm nnfeḍ !
Al mi tellid i tiddart n ppam,
Tṭeṛṛeẓd ul nix ineṛfeḍ !
Tu d tiddart n ccɣel d telmi !
Ha cemm, asekkwas ad i-dd trazzid mmi ! »
 

Dépêche-toi, que les bombes ne te ratent !
Dans la maison de ton père,
Tu brodes cœur ou rate !
Ici, c’est la maison de travail et de laine !
Avec toi, au bout d’un an, mon fils vivra en peine. »

Tu teṭṭeṣ al-d tencer tfuyt
Ʃad day iɣerr it cciṭan.
I dd tṛewweḥ temɣaṛt sikk iyṛan,
Taf it jaṛ iεuban.
 

Celle-ci fit une grasse matinée.
Elle n’y pouvait rien.
Quand sa belle-mère, du jardin, revint,
Elle la trouva sous des couvertures cachée.

Tenna-y-as : « A Menna,
Mta d tfuyt tella tencer ukk jenna.
Ha tiqrinin nnem
Llant yalleh llem, llem !
Ha cemm iyyen lεifet,
Temmud i-dd d am ljifet !
 

Elle lui dit : « Ô Menna !
Le soleil, au ciel domina.
Celles de ton âge
Sont au cardage !
Toi, qui es fainéante,
Telle une charogne es morte !

Ham, ham, mtak ixes cemm Musa,
Ruḥ al mi dd yus si Fṛanṣa,
Teyyem manayen texsem !
Amma yudu, d nettc aykk illa yeḥkem.
Iwa ruḥ ad am iεeṛḍ !
Isi day tiɣirt d umceḍ !
Llix qqaṛɣ am laɣir !
Dd da wl ttḍuṛd ukk ɣir ! »
 

Ecoute ! Si Moussa t’aime,
Va jusqu’à ce que de France, il revienne
Et vous faites ce qui vous accommode !
Maintenant, c’est moi qui commande.
Aux diables va-t’en !
Une bassine et un peigne tu prends !
Mais pas plus que ça !
Et ne reviens jamais par là ! »

Tinu d lweqt n nefḍuṛ.
Argaz beḥṛa yella yṛewweḥ dd sukk ḍuṛ,
Yuley l tẓeqqa ad issenfel.
Tamɣaṛt tella tubeɣ dd ḍaḍ ukk qellal ad teftel.
Tasleyt tεeyyeḍ dd : « Ʃebdeṛṛḥman ! »
Ul εad tkemmel, tuɣ azeddiḥ ikk ceṛman :
– « Axxam, axxam, ikkas n nuqṛ !
Wac bik d lmuḍa nix d teεqeṛ ?
Nettc sseymex dd d urgaz tlata ;
Ʃmmeṛ d as εeyyḍex bɣir "netta".
Ha cemm iyyen lemḥeccma !
Tεeyyḍed as s wammen ss nsamma,
Iwa tan assu tfat am,
Walaynni ssya l zzat, 
Imi nnem yy as lljam ! » 
 

Pour celles-là, c’est l’heure du déjeuner.
Le mari venait à peine de ses balades 
Et alla se changer dans sa chambre.
Pour son couscous, la belle-mère avait un bout de beurre dans un doigt.
La bru cria : « Abderrahman ! »
Aussitôt, elle reçut sur le dos un coup l’assommant.
– « Ah ça alors c’est de l’insolence !
Est-ce mode ou arrogance ?
Moi, j’ai eu trois enfants avec mon mari ;
Je n’ai jamais osé lui dire en dehors de "lui". 
Toi, l’insolente !
Tu l’appelles en le nommant !
Aujourd’hui, on te pardonne,
Mais dorénavant,
A ta bouche, tu appliques une rêne ! »
 

Année
1980
Artiste référencé
Explication / Paroles / Traduction

Leɣrib, a yemma, leɣrib I tmuṛa yella d ayujil.
La lwali la leḥbib,
Ṛebbi yella d lewkil.

L'étranger, ô mère, l'étranger
A l'étranger, il est orphelin.
Ni parents, ni ami,
Dieu est son seul garant.

 

Leεmeṛ mta wl illi yezrib,
Ddunit mta wel telli teεjil,
Tamurt ul εad un neqlib,
Nnit ad tecrez s uɣill.
 

Si l'âge ne s'est pas empressé,
Si la vie ne s'est pas hâtée,
La terre non encore labourée
Sera semée grâce au travail après.

Lgeṭṛan jaṛ imedyanen
Wala tamemt jaṛ lεedyan.
 

Le mauvais breuvage entre amis
Vaut mieux que le miel entre ennemis.

 

Wi d ac iḍeṣṣen s beṛṛa 
Illa yettiban dd d yumac.
Wa netta s jaj illa
Iɣz ac, iḥefṛ ac.
 

Qui te sourit de l'extérieur
Te semble comme un frère.
Lui, de l'intérieur,
Il te creuse une fosse.

 

Zzman ifṛeq jaṛ lhell d leḥbab.
Ma bina nεic wala nẓuṛ lwali.
Kulha d teṛḍunt nnes mani d as tektab :
Cṛa y tteεtib, cṛa y lexla lxali.
 

Le temps a séparé des familles de leurs proches.
Nous n'avons ni bien vécu, ni vu nos proches.
A chacun est destiné un pain quelque part.
Certains au seuil de la maison, d'autres dans les déserts arides.

 

Wac nettexleq dd day l leεdab ?
May san nεedl i ss ixes Lεali ?
Dεix Ṛebbi, mta nettc d lmeṛḍi.
Lhemm n nefṛaq illa yenɣu yi.
 

Ne sommes-nous crées que pour la souffrance ?
Que ferions-nous si le Très-Haut le voulait ?
J'ai prié Dieu, si je suis de ceux admis.
Le souci de la séparation me tue.

 

Man d lḥayat ! Man hjeṛ dd, tsemḥd i leḥbab !
Ul terrd awal. U d ac isqubqeb ḥedd i llbab.
Qeblx ad ilix d lmeskin i leblad
Wala d lɣani d lbeṛṛani.
 

Quelle vie ! Emigrer et abandonner ses proches !
On ne répond à personne et personne ne frappe à notre porte.
Je préfère rester pauvre au pays
A être riche mais étranger.

Année
1981
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Explication / Paroles / Traduction

La llu, la yudu, msakinat n id yemmatnex !
Ul ḥkiment llu ykk xelqent d tislatin,
Ul ḥkiment yudu ykk llant d timɣaṛin.
Mar may d as teyyu tmɣaṛt ?
 

Ni autrefois, ni aujourd’hui, nos pauvres mères !
Elles n’ont pas commandé autrefois lorsqu’elles étaient brus.
Elles ne commandent pas aujourd’hui qu’elles sont belles-mères.
Mais qu'a fait la belle-mère à la bru ?

Ixleq memnuε ad tatef l tẓeqqa n ṛṛẓeq.
Ixleq memnuε taḍṣa wala n ujewweq.
May tenna tatta d mamma yxeṣṣ ad ixleq.
Waxxa tewhem temɣaṛt, dima yella ɣres lḥeqq.
 

Entrer dans la chambre de stock lui était interdit.
Rire, fut-ce par plaisanterie, lui était défendu.
Ce qu’a ordonné tata et mémé devait être exécuté.
La belle-mère a toujours raison même si elle s'est trompée.

Ixleq qaε ul tssin manayen leflus.
Ul tergib s ssenduq illa dis bezzaf inix ḍṛuṣ.
Ul teffir i lbeẓṭam, la wkk cemmuc, la wekk ɣellus.
Mta qaε teẓṛu leflus, day ḍeεεnent s ukk fus l ufus.
 

La bru ne savait jamais ce qu’est l’argent.
Elle ne voyait pas la caisse et ce qu’elle contenait.
Elle n'a caché d'argent ni dans le porte-monnaie ni dans la bourse ni dans la cruche.
Elle ne voyait l’argent que lorsqu’il circulait d’une main à l’autre.

Mi dd yus urgaz si lexṭeṛt, yawey dd lmelbes.
Mar sad tqedd tesleyt ad tiṛeḍ qbel talwess ?
Memnuε ad teyy tancucc waxxa tella tezεef ad tḍẹsṣ.
Mar tizerzert zzat aɣilas tessalay nnefs ?
 

De retour de voyage, le mari a apporté avec lui des vêtements.
La bru peut-elle être habillée avant la belle-sœur ?
Se fâcher, lui était interdit. Même contrariée, elle devait garder son sourire.
A-t-on jamais vu une gazelle défier un lion ?

Mi tṛaḥ ammu wala-y-afuḥ l yemmas,
Wa sad d tas, ad taf tella tjemε as cḥal aykk imas :
Aseṛḍ n temɣaṛt d umɣaṛ d urgaz d ayetmas.
Mani tella tamara, tella dis ukk ammas.
 

Quand elle rendait parfois visite à sa mère,
A son retour, elle trouvait une batterie de linge qui l’attendait :
Celui de la belle-mère, celui du beau-père, celui du mari et de ses frères.
Là où il y avait une corvée, elle s'y trouvait plongée.

Mi wl tqedd tesleyt, u-lli may sa zzis teεdel :
Tamṭṭut i tiddart day mta sad telha d ccɣel.
Amεla w-lli d lecɣal, ha y mmis, mawim d as tercel ?
Aren sad ttec tesleyt ad dd yallel.
 

Malade, la belle-mère se passait d'elle :
Une femme n'est faite que pour les corvées du foyer.
Si ce n’était pas pour les corvées, pourquoi aurait-elle marié son fils ?
La farine que consommerait la bru serait économisée.

La llu, la yudu, msakinat n id yemmatnex !
Ul ḥkiment llu ykk xelqent d tislatin. 
Ul ḥkiment yudu ykk llant d timɣaṛin.
Mar may d as tella ttekk tesleyt ?
 

Ni autrefois, ni aujourd’hui, nos pauvres mères !
N’ont pas commandé autrefois lorsqu’elles étaient brus,
Elles ne commandent pas aujourd’hui qu’elles sont belles-mères.
Mais que lui a fait la bru ?

Sukk mezwar ay d as tenna twala wkk sired
Nix kulha ad yadr i leksewt ittiṛeḍ.
Ul tssirid i Brahim, la y Σli, la y Muḥemmed.
Mta d mmis, tenna-y-as illa yeqbl, iεemmed.
 

Dès le début elle a exigé que le linge soit lavé à tour de rôle
Ou que chacun lave son linge seul.
Elle ne lave le linge ni de Brahim ni d’Ali ni de Mohammed.
Quant à son fils [le mari], il a été avisé et il a consenti.

Mi dd tus tebṛaṭt turi wkk jenna d wadday,
Madza teɣṛ it i sṣḍuḥ, madza teɣṛ it ukk ṣaṛay.
Tamɣaṛt tessten s mmis ha y nettet, u d as dd inni cay ?
Teḍṣu tenna-y-as : « La, la, issiwḍ am dd sslam. Anday. »
 

Lorsqu’une lettre arrive, écrite de haut en bas,
Elle ne cesse de la lire à la terrasse et au patio.
La belle-mère s’empresse de savoir si son fils demandait de ses nouvelles,
Et la bru de rire : « Non, il te passe le bonjour. Seulement. »

Mi tejṛṛ argaz ad dd ḍuṛen qaε Lmuɣrib,
Σlaṭul aḥewwes, ad yili yezzuzzur ljib.
Ad as tini y temɣaṛt : « Nella nṛaḥ an nfewwt aṭbib.
Cemm, a taḥnint n wul, ḥḍa-y-ax dd Najib d Leḥbib. »
 

Avec son mari, elle fait joyeusement le tour du Maroc,
Tout au long du voyage, l’argent coule à flot.
Elle annonce à la belle mère : « Nous allons voir un médecin,
Toi, ô, la gentille ! Garde nos enfants Najib et Lahbib. »

Tamɣaṛt tejbed dd afuḥ ammu n tleẓẓeyt.
Tenna-y-as : « An nmεawan, nefl ukk rgaz tajllabeyt. »
Lehḍeṛt tutu teffɣ am w issiweln i txabeyt.
Tisi lektab, tutef, teclu teqqen dd xfes lbeyt.
 

La belle-mère prend un peu de laine.
Elle lui dit : « Aide-moi à filer une djellaba pour ton mari. »
Sa parole reste sans échos comme celui qui parle dans une jarre.
La bru prend un livre et s’enferme dans sa chambre.

Tu beḥṛa llan midden ssiweḍn aydur.
Ul teṣbiṛ asekkwas mar ha yni wl teṣbiṛ yur.
Tenna-y-as i temɣaṛt : « U nax ittfekki day ayṛuṛ.
Tiɣṛi tella tesslemd ax dd kulha ad iεic ḥuṛṛ. » 
 

Une autre [mariée], à peine les ustensiles rangés [de la fête du mariage],
Et sans attendre un an, voire un mois, 
Elle dit à sa belle-mère : « Rien ne nous arrange mieux que la séparation.
Les études nous ont appris à vivre libres ! »

Année
1990
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Explication / Paroles / Traduction

Manessinen necni ?
W ixesn ad ax issen ; assu ad as nini :
« W iεlemn imi wen necni
Iqqaṛn iwaln ixṣṣen ; ha wssu, ad as ss nini ! »
 

Qui sommes-nous ?
A qui voudrait nous connaître, aujourd’hui, nous dirons :
« Pour ceux qui ont une bouche insolente
Qui profère des immoralités ; voilà du fil, nous la lui coudrons.

Ṛẓem lektab n ttarix, tfhemd awal n neṣṣeḥḥ.
Ayu n nefεel sad ac inix, ata qlil wi deg dd tṣeḥḥ.
Waxxa tamurt tella teεlem taṣffiḥt teqṣeḥ,
Bab nnes illa yṭewwε it, iɣzu tiseflin, ifelleḥ.
 

Ouvre les livres d’Histoire et apprécie les mots justes.
Ce que je te dirai, rares sont ceux qui l’ont connu.
Même si la terre a une dalle dure à casser,
Son propriétaire l’a défoncée, il a conduit des foggaras et cultivé le sol.

Lejdud utfen lislam s "besmellah a dis nebda.
Sidi Ṛebbi, ssalam ncaḷḷah, ad issemda."
Wi dd anax yusen d ṭṭif : ha-y-aziza y tnuda.
Wi dd anax yusen s essif ad iṛaḥ ad issten iferda.
 

Nos ancêtres se sont convertis à l’islam avec "Au nom de Dieu nous commençons.
Dieu, nous attendons qu’il achève en paix." 
Pour nos invités : "aziza" dans de grands plats.
Qui vient nous conquérir de force qu’il aille interroger les tours

Iwa d manessinen necni.
 

C’est ce que nous sommes.

Nessercal yessitnex, un nceṛṛeḍ cṛa y eṣṣḍaq.
La ya nemmneɣ d iḍewlan, lehḍeṛt ul tteffeɣ l eṣṣqaq.
Mta yqeṭṭeṛ Ṛebbi yah anday un nemtafaq,
Kulha yeẓwa l uqbun nnes. Ṛebbi aykk ittfeṛṛqen leṛẓaq.
 

Nous marions nos filles sans rien exiger comme dot.
Dans nos querelles, nous sommes unis. Le secret ne se divulgue pas.
Si par hasard nous ne nous comprenons pas,
Chacun de nous rentre chez soi. C’est Dieu qui distribue les biens.

Utcu yjemmeε anax. Mar illa wi ss un netci ?
Aεla wikk yufen yicc n tejṛa ala ntesswa s Ciblaci.
Tellid sikk mɣaṛen nix ljib illa yerci,
Day mmud yicc n tejṛa, ad ac teṣṣifeḍ qaε lɣaci. 
 

Un plat de couscous nous réunit. Y a-t-il qui ne l’a pas mangé ?
Ah si seulement il y avait de plat de couscous que l’on arroserait en sauce depuis le bassin de Chiblachi .
Que tu sois des riches où ta poche soit affaiblie,
Prépare un plat de couscous, tout le monde viendra t’épauler.

Ṭṭaleb nnex, aεla yeqqaṛ ac may d ac iɣṛu,
Ul ittṛiεi ad as tuced mya wala mitayen ḍuṛu.
U cay am wenn icebhen i ttirifun n kerru
Mtak ud as teẓẓeɣṛeḍ fus u d ac ittifat nnumṛu.
 

Notre théologien même s’il vous lit tant [de Coran].
Il n’accepte pas que vous lui offriez ni cent ni deux cent doros. 
Il n'est pas comme celui qui ressemble au taxiphone.
Si l'on ne lui graisse pas la main, les numéros ne s’affichent pas.

Un neεlim w ittaẓẓḍen fus : lmeskin nnex illa yester.
Waxxa wl iεlim leflus, ul ittṛiḍi ad itter.
Lemεac illa d ḍṛuṣ nix lxir illa yekter,
Lmeskin nnex nesqbqub as ad immunsew nix ad ifḍeṛ.
 

Nous n’avons pas de ces gens qui font la manche : nos démunis sont cachés.
Même s’ils n’ont pas d’argent, ils n’osent pas mendier.
Nourriture en manque ou en abondance,
Nos démunis, nous les appelons pour qu’ils déjeunent ou dînent.

Mi yella ḥedd zzinex, anna yelqa wenn ss ixelqen,
Sa ss ntebε al tmeḍlin aεla yxelleq d wikk ixellqen.
Waxxa-y-abrid d asusaε, s lɣaci qaε iteqqen.
Timeḍlin smitiyent anax s may dd anax illa yeqqen.
 

Quand quelqu’un, parmi nous, décède,
Nous l’accompagnons quel qu’il soit.
Même si la route est large, elle se ferme de tant d'accompagnateurs.
Les tombes nous rappellent du sort qui nous sera réservé.

Timeḍlin nnex tasuki nsent qaε d yicc.
La y ddunit, la y laxeṛt : am umɣaṛ, am dderwic.
Teyyid lḥasanat akk imeḥḥan lfiεl ulyic.
Ata walu wl ineffeε ṛṛxam wala zzwaqat d elfic.
 

Nos tombes sont toutes construites de la même façon.
En vie ou dans la mort : il n'y a pas de différence entre riche et pauvre.
Ce sont les bons actes qui effacent tout mal fait.
Les tombes en marbre ne sont utiles en rien ni non plus les décors et les futilités.

Mi tekker lεafit, kulha yettcat taḥennatt.
S lebyada, ṛemcat-elεin, ad teḥma temẓaẓẓatt.
Day wu yeqqaṛ as : « Ax ac ! » d wu yeqqaṛ as : « Aṛṛa dd ! »
Mar sa nirεa lbumbeyya al mi d ax dd tusu si Ṛṛbaṭ ?
 

Quand un incendie se déclare, tout le monde accourt.
Avec des seaux, en un coup d’œil, le travail à la chaîne commence.
Certains disent : « Tiens ! », d’autres : « Donne ! »
Nous n’attendons pas jusqu’à ce que les pompiers nous arrivent de Rabat.

Nnbi ywaṣṣa s elεilm a ss nerza wala y Ṣṣin.
An d maxef necni nehdem maykk iεezzn am tmeḍlin.
Nebna cḥal ay lqisem bla hiḷaḷa n ttedcin.
I dd usen "anax εawnen", ucen taɣrit i lmunaḍilin. 
 

Le Prophète conseilla d’aller chercher la science même en Chine.
C’est pour cette raison que nous rasons ce qui nous est cher comme nos cimetières.
Et nous y construisons tant de classes sans ces futiles protocoles d’inaugurations.
Quand l’Etat est venu "nous secourir", c'était pour bastonner nos militants.

Iwa d manssinn necni.
C’est ce que nous sommes.
Necni aɣd lmexzen un nxelleq cay d imedyan.
Day itnin ikk man nsen, necni nella nekkur nican.
Mta necni nemkeddad, ttfekkan anax ljiṛan.
Amma lqaḍi yettsenya lkiḍan day n errcl nix n wulfan.
 

Entre nous et l'Etat, il n’y a pas d’amitié.
Lui est dans son camp. Droits, nous nous comportons.
Si nous avons des litiges, nos voisins nous arrangent.
Le juge n'est là que pour les papiers de mariage ou de divorce.

Iwa d manessinen necni.
 

C’est ce que nous sommes.

Waxxa nella y lḥudud, un nettetjjṛ i "Aṛṛa-dd, ax-ac."
Si may dd nelmed s lejdud, un ntett aɣṛum aɣeccac.
Necni nxes lmeεqul deg dd ala nsewweṛ lemεac
Aεla nteffeɣ, nqeṭṭeε lebḥuṛ s lexdemt n ufṛaḍ aɣd unqac.
 

Même près des frontières, nous ne faisons pas de la contrebande.
De ce que nous avons appris de nos ancêtres, nous n’osons pas manger de nourriture de la tricherie.
Pour gagner notre vie, nous préférons la dignité
Quitte à partir et à traverser les mers pour le travail forcé.

Neεlem id lajenyuṛ, nella neεlem cḥ̣al ukk ṭbib.
Necni ɣernex ḍḍuktuṛ : hay adekkwer, ha leqlib.
Argaz iyyen aɣendur, qa lexdemt u cay d lεib.
Ul iyyi lεib day w iccalen iyyu yfassen i ljib.
 

Nous avons des ingénieurs, nous avons tant de médecins.
Chez nous, un docteur insémine les palmiers et laboure la terre.
Pour un homme intègre, tout travail est digne.
Le pire travail est celui de passer la journée les mains dans les poches.

Waxxa nteffeɣ tamurt, lhijṛet teyy ax dd ukk ul tacurt.
U d ax dd cay tnekkeḍ tecyert. Mtak neṣbeṛ, day d lkendert.
Wi ked necres taydurt ittaf anax d wexyert.
Amma wi nax iɣedren, day a sett iεqel i tenyert.
 

Même si nous émigrons, l’émigration nous inquiète.
Nous ne coupons pas de lien avec le pays. Si nous résistons, c’est par renoncement.
Ceux avec lesquels nous avons partagé de la nourriture nous trouvent honnêtes.
Mais ceux qui nous trahissent, qu’ils le gardent dans le front.

Iwa d manssinen necni.
 

C’est ce que nous sommes.

Aselham n w iεelmen
Am uselham n wenn un neεlim.
Maykk ttiṛḍent tinn itellmen
Llant ttiṛḍent t siwt etteεlim.
 

Le burnous d’un nanti
Est comme celui d'un démuni.
Les vêtements des femmes au ménage
Ne diffèrent guère de ceux des enseignantes.

Aseṛḍ nnex iṣfa.
U dd nettketter cay i lelwan.
Un nxeddem cay i lexfa.
Un ntebbε abrid ilwan.
 

Nos vêtements sont uniformes.
Nous n’aimons pas trop les couleurs.
Nous ne travaillons pas dans la clandestinité.
Nous ne suivons pas de chemin distordu.

Aɣṛem illa dis laman, am yiḍan am wussan.
La d tmasxt ntekk ikk iyṛan day si zzwayel d ṣṣebyan.
Tedjid taflewt teṛẓem, llan ḥḍan cc ljiṛan.
Mta tṣeṛṛeḥd tnast ukk mesmir. Un neεlim axewwan.
 

Dans notre ville, il y a la sécurité, de jour comme de nuit.
Les clôtures de nos jardins ne sont dressées que contre les animaux et les enfants.
Quand on laisse sa porte ouverte, ses voisins surveillent à sa place.
Quand on ferme à clé, on la suspend à un clou visible. De voleur nous ne comptons pas.

U cay qa nella d at lidam, llan ɣernex lmasakin.
Un nbenni cay tixuyam, un nsekkn i tbeṛṛakin.
Llan setta n neqsam dg un nessiɣ tiftarin.
Ssenduq necni neεlm itcuṛ s lmuḥsinin.
 

Nous ne sommes pas tous nantis, nous avons des démunis.
Nous ne construisons pas de tentes, nous n’habitons pas des taudis.
Il y a sept classes où nos élèves sont pris en charge.
La Caisse Scolaire que nous avons est financée par des bienfaiteurs.

Wi hlecn iceṛman, iṭwa s ujris ss iseknen lebda,
Ad dd yas. Illa ɣernex ddwa day i tmetlin n uberda.
Sad iεreg s lehwa. Kulci nnes sad inadda.
Ṭṭeyyeb mi d as iwcu ṛṛwa, may tuɣ ifṛeɣ sad iqadda.
 

Qui a mal au dos à cause du rhumatisme qui l’a longtemps habité,
Qu’il vienne. Nous en avons le remède dans les dunes de sable.
Il transpirera doucement et tout son corps se mouillera.
Quand Tayeb lui aura donné sa sauce, toute déformation se dressera.

Nebna cḥal i leḥzab, sukk mud al usiley.
Un nerzi an nεemmeṛ leqṛab wala lmenṣib a ɣres naley.
Nella y ljihet taẓelmatt nix nella d ljihet n ufusey.
Waxxa s wammu, nella nemtafaq qaε an nexdem Ifeyyey.
 

Nous avons battis tant de partis politiques, des débuts jusqu'à la fin.
Non pour en remplir nos porte-monnaie ni obtenir des postes.
Nous sommes dans la gauche et dans la droite.
Malgré cela, nous sommes d’accord. Ensemble, Figuig nous construirons.
 

Année
1999
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Explication / Paroles / Traduction

Xelqent tiwt zman makk tuɣ ẓẓaṛent i leεdab.
Iyam n waman, ṛwant dis lemḥan.
 

Les femmes d'autrefois vivaient tant de souffrances.
Dans le puisement de l'eau, elles ont vécu des misères.

Tackart n imendi qbel aṣebbeḥ ad tili teẓḍu.
Zzis amensi, zzis asefteḥ wenn n yudu.
 

Le sac de blé devait être moulu avant l'aube.
Avec lui, nous dînions, avec lui, le petit-déjeuner se faisait.

Tiɣirt n neksewt, tebbub it l terga.
Ixeṣṣ qbel tfuyt ad tili tessekfa.
 

Elle transportait une bassine de vêtements à laver sur le dos vers un canal.
Il fallait qu'elle achevât le tout avant le lever du soleil.

Ṛebbi ya Ṛebbi, lḥayat nsent, necni w sett neẓṛi.
Sidi ya Sidi, lemεtad nsent ad kkrent bekri.
 

Ô Dieu, ô Dieu, nous n'avons pas vu leur vie.
Ô seigneur, leur habitude était de se lever tôt.

Mar tuɣ walfent ẓẓaẓ ? 
Cḥal εicent i laẓ.
 

Étaient-elles habituées au luxe ?
Tant elles vivaient affamées.

Tiwt wassu fatent lḥudud.
Day maykk irzant, a ss afent mujud.
 

Les femmes d'aujourd'hui dépassent les frontières.
Tout ce qu'elles désirent se trouve prêt.

Mani yella wuṛaṛ 
Tcel dis wass aḍiṛaṛ.
 

Là où il y a fête,
La femme y passe toute la journée.

Iṭeṣ al tfuyt, tini : « Lukaṣyun yudu dd ala yas.»
Ṛṛaḍyu ykk dis,
Majjabha y mmis.
Teyyu lḥalaqat, teffer ddmalej, teyyu lemsayes.
 

Elle dort jusqu'au lever du soleil : « La location familiale viendra bientôt.»
La radio à ses côtés,
Elle ne prend pas soin de son fils.
Elle met des boucles, cache des bracelets et fait des gourmettes.

Tiṛaht l lɣabet, day mta y ṣṣif nix lexrif.
Ad tec aḍil d tiyni tamenzut wa εad s bessif.
 

Elle ne va au jardin que l'été ou le printemps.
Elle mange le raisin et les dattes et elle n'est pas satisfaite.

Ha mar ad tisi leḥcic nix tlata n ẓẓebṛat.
Tini-y-ac : « Iḥya yεic wi nax idjn i ṛṛaḥet ! »
 

Elle n'en prend ni herbe ni palmes.
Et elle dit : « Que vive celui qui nous a procuré du repos. »

Année
1972
Artiste référencé
Explication / Paroles / Traduction

Qaε iwessaren, wala d inn deg llan teddin aman,
Nnan sikk llan, ul εad ẓṛin ayu n tebṛuṛey.
 

Tous les âgés, même ceux pour qui on pile de l'eau, 
Disent que depuis qu'ils sont en vie, ils n'ont jamais vu une telle grêle.

Cṛa qaε ul ixliq. Aɣd lḥall manec tuɣ ihna.
Zzman iṭṭiq. Iwa yekkr iẓẓey dd ujenna.
 

Il n'y avait rien. Tout était calme.
Le temps a boudé. Le ciel a trait [son lait].

At tmeḍlin ad ilin kkren dd s uyn n ṛṛeεḍ.
Tbica, ya Krim, tuɣ thekkwa dd d lekwared.
 

Les morts seraient réveillés avec ce tonnerre-là.
La pluie, ô Clément, tombait en cordes.

Ya si tebṛuṛey ! May sad teεdel aεla tella teεḍel ?
Yac i stt weznen, ufn tt tfat azgen n uṛḍel.
 

Oh quelle grêle ! Qu'aurait-elle fait, si elle avait duré ?
Quand on la pesait, le quart de kilo elle dépassait.

Ya si tebṛuṛey ! Mi dd tuḍa, teqqaz axuc.
Day yicc zzis i tuḍa, tesdewwex muc̣c̣.
 

Oh quelle grêle ! En tombant, elle creusait des trous.
Une d'elle en chutant faisait évanouir un chat.

Yac tuly al zuj miṭṛu y lbeεḍ n neɣwabi.
Yac s lexlεet, teyru bla εdad ay ṣṣabi.
 

Elle a atteint deux mètres de haut dans certains jardins.
De stupéfaction, elle a causé tant d'avortements.

Ah ya Ṛebbi, Leεfu, ya Mulana !
Sseɣd a weldi maykk teyyu yekk At Ʃeddi.
Tisi-y-asen imendi d iɣllel tqeṛḍ i.
 

Ô mon Dieu, pitié, ô Seigneur !
Ecoute mon fils ce qu'elle a fait au ksar d'At Addi.
Elle a pris leur blé et ses tiges elle a cassé.

Ha ykk At Ʃameṛ ?
Iḍεen xefsen yiɣẓeṛ.
 

Quant à At Amer,
C'est un torrent qui les a traversés.

Tiyti iyyu y Tlat
Yac εemmṛ ha dd tfat.
 

Le coup qu'elle a fait à Tlat 
Jamais, il n'y en a eu de tel.

Imendi yeẓwa s ulum.
La yerden, la-y-abelbul. 
Ḥaṣul "Jaεalahum ka εaṣfin makul"! 
 

Le grain est parti avec le foin.
Ni blé ni orge. 
Pour tout dire "Elle les a rendus semblables à une paille mâchée"!

Idjen, iɣẓeṛ yisi ss.
Leḥḥegn as day ameẓẓuɣ
Jebden t id zzis,
Amma tuɣ iẓwa dis.
 

D'un homme pris par le torrent
On n'a retrouvé qu'une oreille
Avec laquelle on l'a tiré.
Autrement il serait emporté.

Ha ykk Ẓnayen ?
Illa wi disn imenεen.
 

Et pour les gens du ksar d'Iznayen ?
Il y a ceux d'entre eux qui ont été sauvés.

Amma ci beεḍin,
Iwa day dj it din.
 

Pour d'autres,
N'en parlons plus.

Idjen qaε u tuɣ icriz ; iṣbeḥ dd unṛaṛ ikk iyṛan.
Tiwy as t id lḥemlet n Iɣẓeṛ Ameqqṛan.
 

Un homme n'avait rien semé ; dans son jardin du blé était arrivé.
Ce furent les crues d'Ighzer Ameqqran qui le lui avait ramené.

Lqenḍeṛt n Berkukes
Iyy it am cqerni.
Yutef leɣwabi ytekkes
Al iheddem i tsuki. 
 

Du pont du quartier Berkoukes
Il fit un saute-mouton.
Il a pénétré les jardins enlevant
Et détruisant les constructions.
 

Année
1975
Artiste référencé
Explication / Paroles / Traduction

Qebl ala nɣenni s cṛa,
Awey dd an nini cṛa s leɣni.
Qa timaziɣin εelment ccuεaṛa
Day tmaziɣt nnex necni.
Nix miḥmiḥ nnex ittifuḥ l beṛṛa
Al dd nedwel necni d derni ?
Mta nekkes amesmir n tejṛa,
U-lli san ntec lemεac hani.
Nqect alli. S ṭṭul, ad tafem cṛa.
Ayen n ubrid tella teṭṭef tmaziɣt u-lli yecni.
 

Avant de chanter quoi que ce soit,
Allons dire des choses sur la chanson.
Tous les parlers amazighes ont des poètes
Sauf notre parler à nous.
Où notre "mihmih" sent vers l'extérieur 
Au point de faire de nous les derniers ?
Si nous ôtons le clou du plat, 
Nous ne mangerons pas en paix.
Grattez la tête. A la longue, vous trouverez des choses.
La voie que prend tamazight n'est pas la bonne.

Ya tmaziɣt, neẓẓa cemm aw cḥal ; u dd teffiɣed !
Wac u cemm nessiw nix u cemm nenqic ?
Day tutfed ukk call, ul tekkired.
Aley dd l ujenna, tezzizwed tamurt s leḥcic.
 

Ô tamazight, nous t'avons plantée depuis longtemps mais tu n'as pas poussé !
Ne t'avions-nous pas arrosée, ne t'avions-nous pas binée ?
Tu es restée sous la terre, tu n'as pas poussé.
Monte vers le haut et verdoie la terre d'herbe.

Iḍaq xfem lḥall, kkes asemmiṛeḍ.
U-lli sad am nini ḥṛam wala d lfic.
Mta txellḍed d unexxal, a cemm nessired,
Nesḥidew xefm awal ulyic.
 

Si tu étouffes, enlève le voile.
Nous ne te dirons pas que c'est illicite ni c'est de l'apparat.
Si tu es mélangée de son de blé, nous te laverons
Et de toi les mauvais propos nous écarterons.

U cemm εawnen at lmall, ul teddired.
U d am ssin lḥelfa wala rric.
Tmaziɣt teẓwa l umeṭṭal qebl ala temṛeḍ.
Necn ay tt illa yneqq. U sett nεawn ad tεic.
 

Tu n'as pas été soutenue des riches, tu n'as pas mendié.
Ils ne t'avaient étalé ni alpha ni plumes.
Tamazight est partie vers l'enterrement avant qu'elle soit décédée.
Nous la tuons. Nous ne l'avons pas aidée à vivre.

Tmaziɣt zzeg nessawal al zzis nṛekkeḍ !
Lehḍeṛt nnex tserreḥ, yac ul tecmic.
Xsen cemm lεuqqal, ssnen may teqqaṛed.
Fehmen cemm at lejmaεet d txerbicc.
 

Tamazight avec laquelle nous nous exprimons et dansons !
Notre verbe est droit, il n'est pas froissé.
Les sages t'aiment, ils savent ce que tu exprimes.
Tu es comprise par ceux de la commune et ceux des confréries.


Bab nnem d lḥuṛṛ, issen day nican.
Ul issin lɣecc wala ttxercic.
Cbeh bab nnem tεelmed ccan
S uɣensu yeṣfan bla-y-aqebbic.

Les tiens sont honnêtes et ne connaissent que la droiture.
Ils ne savent pas ce qu'est tricherie ni tournures.
Sois comme les tiens, aie du prestige
Avec un visage pur, sans égratignure.

Année
1980
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