Mmu Duddu

Vers

I teẓwid, a Mmu Duddu, Ifeyyey ittwarazza.
I teẓwid, a Mmu Duddu, Ifeyyey ittwarazza.

ẓekkwu nnec, a Mmu Duddu, yedju-y-anax nreddza
Wi deg san nini yεeṭṭem lajeṛ ?
Wikk san nεazza ?

Texleqd a Mmu Duddu wa d tazdayt n uziza.
Yuly it umeẓẓyan d umeqqṛan ;
kulha tu itthezza.

Tusid d ernex l tiddart. Ddeεwet nnem, a Zazza.

Ppa yuẓẓḍ ac mya tennid : « La, xemsin ad tedza !
»

Tesmeḥd i Wṛuppa y lεezz, qebl ala feṛḍen elviza.

Necni mi nettwaḥraf mar neqqaṛ : « Da ay deg nella neẓẓa » ?

U d ac dd iban day Ifeyyey, a dis tcaṛkd i twiza
I ddekkwar d leqlib, azeddam d tcerza.

Tedji dd iwalen, wa cṛa d awal d aḥjuṛ aykk ittṛeḍḍẓa.

Awal cḥal mma yella yettiqdam, ikkur al ittεezza.

Qaṛnen cc d cṛa n iṭbiben : hay albbuz, hay aziza.

Mta cekk tu tεelmed tifednin, illa w illa yeεlem tifeṛẓa.

Tu ḥaṣṛen cc lεedyan ammen ttwaḥaṣeṛ ezza.

Tu qqazn ac l iẓewṛan ammen tekkn iwṛeẓẓa.

A Mmu Duddu, tehnid. Qaε inn tu ittazza
Llan uṭṭan idjen, idjen.

Llan tetten ten iwṛeẓẓa.

Lmeqhuṛ mikk ifaq, inettr al itteẓẓa.

U ss iterri weyṛaḍ wala yerr i wemẓa.

Yittsi dd taqernift ittfekkan tfiẓẓa.

Cḥal n inn tu nill d ṛṛemman saεa ffen dd day d ikuzza.

Explication / Traduction

Quand tu es parti Môu Douddôu, Figuig était ravagé.
Quand tu es parti Môu Douddôu, Figuig était ravagé.

Ton départ, Môu Douddôu, nous a poussés à chercher
Nos condoléances à qui les présenter.

Tu étais, Môu Douddôu, palmier d'aziza.
Grands et petits l'ont grimpé ; tout le monde en enlevait des dattes.

Tu es venu chez nous à la maison. Ta prière ô Zazza !

Mon père t'a offert cent, tu as dit : « Non, cinquante suffira !
»

Tu as abandonné l'Europe quand elle était Europe, avant le visa.

Quand on nous chasse, réclamons-nous : « C'est ici que nous sommes plantés » ?

Tu n'as pensé qu'à Figuig pour participer à "twiza"
Lors de l'insémination, du labourage, du bûchage et des semailles.

Tu as laissé des sagesses dont chaque mot brise le roc.

Une sagesse plus elle vieillit, plus elle devient chère.

Ils t'ont comparé à des médecins : dattes non fécondées contre "aziza".

Si, toi, tu avais des orteils, eux, ils avaient des sabots fendus.

Les ennemis t'encerclaient comme Gaza l'assiégée.

Ils creusaient vers tes racines comme faisaient les guêpes.

Ô Môu Douddôu, sage tu étais.
Tous ceux qui prenaient plaisir dans ta souffrance
Tombent l'un après l'autre.

Les guêpes les dévorent.

Quand un damné prend conscience, il mord et ronge.

Ni lion, ni ogre ne le contraignent.

Il prend la raquette qui démêle la laine.

Nombreux sont ceux que nous croyons grenades mûres et qui ne sont que sa fleur.

Année de publication
2010
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