Mmi

Vers

Mmi, u ya mmi !

Si teẓwid, yemmac tella y lehmum.
Ul tessin tetcid ula teksid.
Lḥeṛ r n nefṛaq iεweṣ mikk idum.

Cekk a mmi y cceṛq, yemmac wḥedha y leṛb.
Waxxa tellid bεid, lexyal nnec zzati.

Mi dd irsu lemεac lluẓex ; u xfi yeṭṭeṛb.
Ul inux itcuṛ. Lxaḍeṛ inux i fat i.

Ya Sidi ṛebbi, ṛṛeḥmet nnec tella teqreb.
Wi d ac iεeyyḍen si lεebd nnec, it i.

Mi xfi yḍaq lḥall, ffex l beṛṛa.

Mlaqix d iεezray ; icewwec dd wul inux.
U ma beyya day dewlex dd mεa jeṛṛa.

Usix dd l tiddart illex i lxaḍeṛ inux.
Ameḍṛa, ya ṛebbi, amḍṛa-y-amḍṛa
Sad dd yas uleεziz n tsa d wul inux ?

Amensi s ccuṛba mi kidi tellid
Wala s lmeṛget mi texwa tiddart.
Dεix i lefjer d izegnan n yiḍ.

ṛebbi wl ittxeyyeb ṛṛja n twessart.
ṛeẓq ax dd, a ṛebbi, idjen n wul n neḥdid
Ammen an neṣbeṛ i ddunit taeddart.

May san nini y zzman cc iyren bεid ?

Idju yi weḥdi iyyen tawessart.

Ppac iyyen argaz, nnix a yi yeṣṣbeṛ.
Saεa netta wjaṛ : ielb iyi y lefṛaq.

Ṣaṛay asusaε d cḥal ay leqṣeṛ
Walu tteḥracet day mta y ṣṣqaq.
Mta texsed, xlaṣ, kfa cc n nmehjeṛ.

Rwaḥ, qabl ayax. Necni, nella nḍaq.

Ul itessen lḥeqq n nwaldin day wikk ijeṛṛben, iεawed, ijeṛṛeb lḥeṛṛ n useymi.

Ad iṛḥem ṛebbi flan d as innan i yemmas :
« Amḍṛa tu texsed iyi ammen llix xsex yudu Muḥemmed mmi ?
»

Explication / Traduction

Mon fils, ô mon fils !

Depuis ton départ, ta mère est dans l'inquiétude.
Elle ne sait si tu as mangé ou tu es habillé.
La séparation est rude quand elle dure.

Toi, mon fils à l'est, ta mère seule à l'ouest.
Aussi loin que tu sois, ton image est devant moi.

Quand la nourriture est servie, même affamée, je n'ai pas d'appétit.
Mon cœur est plein, ma conscience déborde.

Ô bon Dieu, ta clémence est proche.
Sauve qui, parmi tes serviteurs, t'appelle.

Quand je pâtis, je sors hors de la maison.

J'y rencontre des jeunes et mon cœur se resserre.
Je n'ai plus qu'à rebrousser chemin.

Je reviens à la maison pleurer à mon aise.
Qui sait, ô bon Dieu, qui sait
S'il viendra le cher pour mon foie et pour mon cœur ?

Un dîner de vermicelle quand tu es près de moi
Vaut mieux qu'un repas succulent la maison vide.
J'ai prié à l'aube, j'ai prié à minuit.

Dieu ne déçoit pas les attentes d'une femme vieillie.
Offrez-nous, ô Dieu, un cœur en fer
Pour que nous patientions dans cette vie perfide.
Que dire du destin qui t'a jeté très loin ?

Tu m'as laissée seule, moi la vieille.

J'attendais que ton père qui est homme me console.
Hélas, lui, il est pire que moi à cause de la séparation.

Un grand patio et tant de grandes chambres
Et pas un signe de vie sauf celui [venant] des rues.
Si tu veux, assez, cela suffit de l'émigration.

Viens nos accompagner. Nous suffoquons.

Ne connaît le mérite des parents que celui qui a tant de fois expérimenté.

Que Dieu soit clément avec celui qui a dit à sa mère :
« M'avais-tu aimé comme j'aime aujourd'hui mon fils Mohammed ?
»

Année de publication
1993
Auteur référencé