Lewṣayt inux, a meskin

Vers

Lewṣayt inux, a meskin !
A cc ul itterri zzin !

Qqel l tenn ala neqbel s ubazin
Ad uṛum n temẓin.

Sad ac bdix i lewṣaf.
arec u d ac dd ittiley zzεaf !

Qqel cekk wi tu ixalef
S ccṛeε d lqawanin.

Tejṛa wkk u yella yessawal.
Day yicc qaε ttc as lmall.
Tessuf i bla-y-ajeṛḍal.
An d wikk itebεen zzin.

Σemmeṛ ha dd tekkir bekri
Wala teẓṛu tinecri.
Dima tella tqabel lemri.
Wa trazza yi y tmecḍin.

I ṭṭyaεet, mar ala txemm.
I ṣṣeṛf, ul teεlim lhemm.

Σemmṛ ha mta qa tellem
Wala teyyu tinsrin.

Tiḥuna qa d ameṛwaṣ.
Wa bab n nmiṛ, ac xlaṣ.

Ayezzar, ac cṛa d ass
Iqeyyd i lkaṛni mitin.

Lmusejjalet d yellis,
ṛaḍyu tḥesb i d mmis.

Dima tqabl in ikk idis.
I lefṛac, tella tessumt in.

Mi tṛaḥ l yemmas,
U d as cay idezzi wass.

Sebεeyyam, ata labas.
A mta εad tṛewweḥ dd ssyin.

Mikk illa wuṛaṛ
I ljaṛ nix i Beccaṛ.

A dis tcel wass aḍiṛaṛ
Dili qaε u ten tessin.

Mi yi tedju bla lefḍuṛ,
Ad kkrex nettc aendur
Ad as bnix, dej as amur.
S tiwdi w-lli cay s tmexsiwt.

A yemma yemma !
Tuf argaz bla tamaṛt.
Teyru xfes taqenḍaṛt.

May d as tenna ; iyy i.
Yac tu tesseḥr iyi !

An d wikk itebεen zzin,
Idju ṛṛay n nwalidin.

"Xud wa ṛaṣi, xud ! "
Uct i-dd idjen n uqeccuḍ.

Ad εahdex lεahed.
Ul ibeddel wala yjdded.

Yac tu εelmex ccan.
Mani ṛaḥex, tcix, swix.
Assu, kulci d abercan.
Dewlex dd d lebṣelt, ul swix.

Explication / Traduction

Mon conseil, ô pauvre !
Ne sois pas séduit par la beauté !

Cherche celle qui accepte les repas maigres
Et le pain d'orge.

Je commencerai par dresser un portrait,
Attention, à ne pas t'irriter !

A toi de juger qui de nous violait
La Charia et les lois.

Ceci est arrivé à celui-là qui parle,
Une seule [fille] l’a ruiné.
Elle l’a dévêtue.
C'est le mérite de celui qui cherche la beauté.

Elle ne s’est jamais réveillée tôt,
Ni vu le lever du soleil.
Elle passe tout son temps à se mirer.
Pour ses peignes, elle m’a ruiné.

Pour gaspiller, elle n'a pas de souci.
Des dépenses, jamais, elle ne s'est inquiétée.

Elle n’a jamais tissé
Ni des bourres de laine filé.

Crédits dans toutes les boutiques,
Chez le grossiste beaucoup plus.

Le boucher chaque jour,
Consigne deux cents[au carnet]

Du magnétophone, elle fait une fille,
De la radio, un fils.

Toujours à ses côtés,
Au lit, elle les prend pour oreiller.

Quand elle rend visite à sa mère,
Une journée ne lui suffit guère ;

Une semaine, c'est peu dire,
Encore si elle veut en revenir.

Lors des fêtes de mariage,
Que ce soit chez le voisin ou à Béchar,

Elle y passe toute la journée,
Même s’ils lui sont étrangers.

Quand elle me laisse sans déjeuner,
Je me comporte en diligent,
Le repas, je le lui prépare, et je lui laisse une part,
Par crainte, et non par amour.

Ô mère ! Ô mère !
Elle est tombée sur un mari sans belle-mère,
Et de fardeau, elle l’a chargé.

Il exécute ce qu’elle lui ordonnait.
Qu’est ce qu’elle m’a ensorcelé !

Bien fait pour celui qui par la beauté est séduit,
Qui à ses parents n’obéit.

Malheur, oh mon malheur !
Donnez-moi un bois.

Je ferai une promesse,
Qui ne change ni se renouvelle.

J’étais très estimé,
Là où j'allais, je mangeais et buvais.
Aujourd’hui, tout a changé,
Tel un oignon, je ne vaux rien.

Année de publication
1983
Auteur référencé