Lerib

Vers

Lerib, a yemma, lerib
I tmuṛa yella d ayujil.
La lwali la leḥbib,
ṛebbi yella d lewkil.

Leεmeṛ mta wl illi yezrib,
Ddunit mta wel telli teεjil,
Tamurt ul εad un neqlib,
Nnit ad tecrez s uill.

Lgeṭṛan jaṛ imedyanen
Wala tamemt jaṛ lεedyan.

Wi d ac iḍeṣṣen s beṛṛa
Illa yettiban dd d yumac.
Wa netta s jaj illa
Iz ac, iḥefṛ ac.

Zzman ifṛeq jaṛ lhell d leḥbab.
Ma bina nεic wala nẓuṛ lwali.

Kulha d teṛḍunt nnes mani d as tektab :
Cṛa y tteεtib, cṛa y lexla lxali.

Wac nettexleq dd day l leεdab ?
May san nεedl i ss ixes Lεali ?

Dεix ṛebbi, mta nettc d lmeṛḍi.
Lhemm n nefṛaq illa yenu yi.

Man d lḥayat ! Man hjeṛ dd, tsemḥd i leḥbab !
Ul terrd awal. U d ac isqubqeb ḥedd i llbab.

Qeblx ad ilix d lmeskin i leblad
Wala d lani d lbeṛṛani.

Explication / Traduction

L'étranger, ô mère, l'étranger
A l'étranger, il est orphelin.
Ni parents, ni ami,
Dieu est son seul garant.

Si l'âge ne s'est pas empressé,
Si la vie ne s'est pas hâtée,
La terre non encore labourée
Sera semée grâce au travail après.

Le mauvais breuvage entre amis
Vaut mieux que le miel entre ennemis.

Qui te sourit de l'extérieur
Te semble comme un frère.
Lui, de l'intérieur,
Il te creuse une fosse.

Le temps a séparé des familles de leurs proches.
Nous n'avons ni bien vécu, ni vu nos proches.

A chacun est destiné un pain quelque part.
Certains au seuil de la maison, d'autres dans les déserts arides.

Ne sommes-nous crées que pour la souffrance ?
Que ferions-nous si le Très-Haut le voulait ?

J'ai prié Dieu, si je suis de ceux admis.
Le souci de la séparation me tue.

Quelle vie ! Emigrer et abandonner ses proches !
On ne répond à personne et personne ne frappe à notre porte.

Je préfère rester pauvre au pays
A être riche mais étranger.

Année de publication
1981
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