Ddunit teṣbeḥ dd teṛẓay - La vie est devenue amère

Vers

Ddunit teṣbeḥ dd teṛẓay,
Am ufsas am umiẓay

La-d ul iṣbeḥ dd immut,
Issexser ula d tamurt.

Ssɣed, ay anexdam
U lkeṭṛa wenn yisin madam !
U cnim assen qaε teεmam.
U lxarij ul ittidam.

Hac njeṛṛeb, neẓṛu.
Ul issufuɣ cay lexbaṛ u.

Un niwiḍ la da, la din.
Nesmeḥ i lluɣet d eddin.
U dd iqqim luqeṛ i lwaldin.
Kulci sukk ṛabba n tṛumyin.

Hac waṣṣan ayax lejdud :
« Lkuffaṛ day n nbaṛuḍ ».

Neffeɣ εla bal lmall,
An ntec aɣṛum n neḥḥlal.
Saεa neṣbeḥ dd i lmuḥall.
Nexser ula d ṛaṣ lmall.

Isɣu lvidyu d eddebbic.
Wi t id isseymen ; itc i lhic.
Mayim yah arra welyic ?
Hac tif i tmendilt n leḥcic.

Wi deg ymen warra nnes
Xlaṣ u d as iqqim yiṭeṣ.
Ad ifɣel niɣ ad iqqes.
Kulci si ṛṛay nnes.

Hac wi din idjen arra nnes meskin al d ifat lḥall
Hac wala d netta lemṛewweḥ muḥall.

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

La vie est devenue amère,
Tant pour les humbles que pour les grands.
Même le cœur est devenu mort,
Et a bousillé même la terre.
Écoutez, ô ouvriers !
Surtout vous qui avez pris vos femmes à l’étranger !
Vous êtes tous aveugles.
La terre des autres ne peut pas s’éterniser.
Nous avons essayé et vu.
Ceci n’est pas une solution.
Nous n’avons réussi ni ici, ni ailleurs.
Nous avons abandonné notre langue et notre foi.
Il n’y a plus de respect pour les âgés.
Tout cela est dû à l’éducation en Europe.
Nos ancêtres nous ont bien avertis :
« Le baroud pour les non convertis ».
Nous avons émigré pour nous faire fortune,
Et pour manger un pain licite.
Hélas, nous sommes dans l’infernal.
Et nous avons perdu même notre capital.
Il a acheté une vidéo et un téléphone.
Ceux qu’ils l’ont élevé sont dévorés de poux.
Pourquoi une mauvaise progéniture ?
Une touffe d’herbe vaut mieux qu’elle.
Celui qui voit ses enfants grandis
N’a plus à dormir.
Qu’il s’affole ou il qu’il s’éclate,
Tout est de sa faute.
Celui qui y laisse ses enfants passé un temps
Même pour lui, le retour au pays est impensable.

Année de publication
1987
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