Yesmem yeɣleb lbeṛquq - Plus aigre [jeune] qu’un aricot

Catégorie
Poème
Explication / Traduction

Préambule
Que l’année arrive bénite par la grâce de Dieu ! Écoutez-moi, ô hommes ! Écoutez-moi, ô femmes ! Âgés ou jeunes, pensons à ce qui nous manque ! La moitié des nôtres arrive dans des cercueils ! Âgés ou jeunes, regardez tous ces bébés qui disparaissent aussitôt qu’ils s’éclosent.

Plus acide [jeune] que l’abricot [vert].
On s’est quitté dans l’amertume.
Des années d’absence après,
On l’a rapatrié dans un cercueil.
Il est parti abandonnant son pays.
Ne se fiant qu’à sa propre décision.
La terre des autres il a habité,
De muezzin il n’entend jamais.
Ne pouvant se prendre en charge,
Il rajouta encore ses enfants.
Son épouse est non instruite.
Lui, encore plus : niais.
Il travaille et toujours inquiet.
Sa femme, il ne sait où [elle est].
Ses voisins sont des diables.
Et lui, il les prend en exemple.
Toujours sous une mode nouvelle.
Il a oublié le pays du palmier et des sables.
Suivant la vie des jardins [moderne].
Ils ont violé les recommandations ancestrales.
Ils suivent leurs fantaisies.
Tout cela pour de la fortune.
Certains sont perdus dans des hôtels,
Et d’autres dans des cours de justice.
Ses enfants tels des faucilles.
Ignorent jusqu’à leur passé.
Ils abandonnent leur langue,
Et deviennent ennemis de leurs parents.
Ceci est arrivé à tant et tant d’hommes.
Et aujourd’hui même aux femmes.
Que dire de leurs enfants.
Aussitôt épanouis, aussitôt partis. | | | 15-05-1980.

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